Discours du Président Emmanuel Macron devant le Parlement européen (19 janvier 2022)
Extrait : "Je veux ici vous dire que la présidence française sera une présidence de promotion des valeurs qui nous font et qui, à force d'être considérées peut-être comme des acquis, on finit ces dernières années par se fragiliser. Nous sommes cette génération qui redécouvre la précarité de l'État de droit et des valeurs démocratiques.
D'abord, la démocratie libérale au sens politique du terme, ces dernières années, on disait ce régime que l'Europe a inventé, devenu fatigué, incapable de faire face aux grands défis du siècle. Cependant, je veux ici dire combien ces derniers mois l'ont montré, la gestion de la pandémie par les démocraties, avec du débat parlementaire, avec une presse libre, avec des systèmes de recherche et des systèmes académiques libres et ouverts a conduit à des décisions beaucoup plus protectrices des vies et des économies que celles des régimes autoritaires. Nous avons in concreto, tous ensemble, démontré l'inverse d'une idée reçue qui était en train de s'installer. C'est pourquoi nous serons au rendez-vous du combat pour la démocratie libérale.
Combat pour défendre nos processus électoraux des tentatives d'ingérence étrangère, combat pour continuer de faire progresser la souveraineté des peuples. À cet égard, nous aurons des travaux qui d'ici au printemps, continueront de progresser dans le cadre de la conférence sur l’avenir de l’Europe. Et si elle en fait la recommandation, la présidence française portera avec l’Allemagne, l’accord de coalition a été très clair sur ces termes, le droit d’initiative législative pour votre Parlement.
Combat pour l’Etat de droit, pour cette idée simple qu’il y ait des droits universels de l’homme qui doivent être protégés des fièvres de l’histoire et de leurs dirigeants. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour revenir sur nos grands textes fondamentaux qui ont pourtant été décidés souverainement par les Etats membres lors de leur adhésion. Mais revenir sur quoi ? Sur l’égalité des hommes en dignité et en droit ? Sur le droit pour chacun à disposer d’un procès équitable par une justice indépendante ? Et s’installe comme une idée au fond que pour être plus efficace il faudrait revenir sur l’Etat de droit, confondant le changement légitime de tout gouvernement élu de changer l’état du droit, mais considérant que nous tous avons à nous inscrire dans cet Etat de droit qui est existentiel de notre Europe, dont les principes ont été bâtis par notre histoire et sont le fruit de nos engagements communs.
La fin de l'État de droit, c'est le règne de l'arbitraire. La fin de l'Etat de droit, c'est le signe du retour aux régimes autoritaires, au bégaiement de notre histoire. Oui, derrière tout cela, il y a un combat idéologique. Ce combat est d'ailleurs porté par plusieurs puissances autoritaires à nos frontières et il revient chez plusieurs de nos pays. Nous voyons cette révolution à l'œuvre qui vient saper les fondements mêmes de notre histoire. Là où la tolérance et la civilité étaient au fond au cœur du processus de civilisation qui est le nôtre, revient une idée qui renaît au sein de nos peuples. Nous ferons donc tout pour œuvrer en ce sens et pour que, par le dialogue toujours, mais sans faiblesse, nous puissions défendre dans toutes les situations connues la force de cet État de droit. Je le dis dans le dialogue parce qu'il ne s'agit pas de laisser s'installer l'idée que l'État de droit serait au fond une invention de Bruxelles dont le seul dépositaire serait Bruxelles, qui est un discours que nous entendons naître dans certaines capitales. Non, c'est le fruit de nos histoires à tous, le combat même de révolutions pour se libérer du joug des totalitarismes durant le siècle passé. L'État de droit est notre trésor. Et il s'agit partout de reconvaincre les peuples qui s'en sont éloignés. Il s'agit partout, avec beaucoup de respect et d'esprit de dialogue, de venir convaincre à nouveau. Parler de cette singularité démocratique européenne, c'est évidemment donner aussi une force à ce nouveau combat.
Dans cet esprit, je souhaite que l'on consolide nos valeurs d'Européens qui font notre unité, notre fierté et notre force. 20 ans après la proclamation de notre Charte des droits fondamentaux, qui a consacré notamment l'abolition de la peine de mort partout dans l'Union, je souhaite que nous puissions actualiser cette charte, notamment pour être plus explicite sur la protection de l'environnement ou la reconnaissance du droit à l'avortement. Ouvrons ce débat librement avec nos concitoyens de grandes consciences européennes pour donner un nouveau souffle à notre socle de droits qui forge cette Europe forte de ses valeurs qui est le seul avenir de notre projet politique commun. Cette singularité que j'évoque, c'est aussi un rapport à la solidarité unique au monde. Nos sociétés ont ceci de singulier qu'elles ont inventé avec l'Etat providence un système de protection pour chacun face aux risques de l'existence. C'est un legs de nos démocraties européennes. Et cette pandémie a montré que la solidarité, loin d'être une faiblesse, est une force incomparable. "
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Discours du Président Emmanuel Macron devant le Parlement européen.
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