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Regards citoyens

Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !

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Au miroir de nos larmes, par Benoît Girard

C'est rétrospectivement que l'on construit l'image du fascisme comme une menace extérieure que l'on aurait heureusement conjurée pour assurer le retour à l'ordre ancien.
Sur le moment, le fascisme n'est que la crispation d'une "démocratie" qui croit se défendre et qui voit dans le renoncement à elle-même un sacrifice propitiatoire qu'elle offre à ses divinités tutélaires (sa morale, ses institutions, ses distinctions culturelles).
Par construction, le fascisme réellement existant ne s'annoncera jamais comme un "retour". Le fascisme n'est pas une personne ni une idéologie qui chercheraient à s'extraire d'un arrière-monde où ils auraient été provisoirement relégués. Le fascisme est ce moment mimétique où la séquence mythologique originelle du pacte social se dérègle et où chacun réactualise le fascisme dans la conviction réciproquement et performativement alimentée que le fascisme est en train de faire retour sous les traits de l'autre. Les victimes d'hier, celles que notre bonne conscience se flatte d'avoir sauvées, ne nous garantissent aucune immunité historique, bien au contraire : c'est en leur nom, pour conjurer le "retour de la bête immonde", que nous allons sacrifier de nouvelles victimes.
Se produit alors un grouillement de monstres à l'occasion duquel nous n'existons plus que dans les larmes et dans les blessures de l'autre.
Dans un contexte post-chrétien qui attribue à la morale un statut transcendant (puisque tout le "christianisme historique" baigne dans le culte de l'"innocence"), le fascisme est le règne de la morale poussé au point où toutes les différences apparaissent comme immorales, sauf la sienne qui est sacrée. C'est cela, à mon avis, que raconte la querelle puérile des "woke" et des "antiwoke".
Il n'y a donc pas, dans nos "démocraties libérales", des fascistes et des antifascistes. Il y a des "moments fascistes" qui se dénouent plus ou moins bien en fonction de la capacité des individus à en percevoir et à en restituerla vérité.
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