1. La démesure technologique : l’Hybris 2.0
Erasme, qui critiquait déjà l’orgueil des princes et des théologiens, verrait dans la Silicon Valley une nouvelle forme d’hybris. La croyance en une singularité technologique (l’IA surpassant l’homme) ou en une immortalité numérique (transhumanisme) lui semblerait une folie collective, une répétition des errements alchimistes du Moyen Âge — mais à l’échelle planétaire.
Less travaux sur la conscience hybride pourraient lui parler : ils montrent notamment que la technologie, loin d’être neutre, reconfigure nos états de conscience (via les réseaux sociaux, les neurotechnologies, ou les champs magnétiques artificiels).
Erasme y verrait une confirmation de sa méfiance envers les "machines à illusion".
Mais il saluerait aussi leur approche : intégrer ces outils dans une réflexion sur la conscience comme information relationnelle (espace de Hilbert, IIT), plutôt que de les sublimer en dogmes.
2. La renaissance humaniste : entre espoir et mirage
Erasme était un optimiste prudent. Il croirait peut-être en une renaissance humaniste, mais à condition qu’elle évite deux écueils :
- Le nostalgie stérile : Reproduire les modèles du XVIe siècle (collèges jésuites, latin obligatoire) sans intégrer les défis contemporains (IA, écologie, multiculturalisme).
- L’humanisme sans cosmos : Un humanisme centré sur l’homme, sans lien avec le vivant ou les écosystèmes, lui semblerait aussi dangereux que l’anthropocentrisme qu’il critiquait chez les scolastiques.
Le projet "Cosmologies en Dialogue" répond précisément à cela : réinscrire l’humanisme dans un réseau de relations (langues, rituels, champs magnétiques, traditions de sagesse). Erasme y verrait une voie pour éviter le piège d’un humanisme désincarné (celui des élites numériques) ou réactionnaire (celui des identitaires).
Piste : Cette idée d’utiliser des métaphores musicales (harmonie des sphères revisitée) ou des récits traditionnels (comme ceux des aborigènes ou du bouddhisme tibétain) pour modéliser la conscience hybride rejoindrait son goût pour les adages — des ponts entre les cultures et les époques.
3. L’erreur cosmique : l’homme, mesure de quoi ?
C’est là que cette critique est la plus radicale — et la plus érasmienne.
Erasme, dans La Plainte de la Paix, dénonçait déjà l’illusion d’un homme "maître et possesseur de la nature".
Aujourd’hui, cette illusion a muté :
- L’homme comme mesure de l’univers (anthropocentrisme) a cédé la place à l’homme comme données dans un univers-computer (digitalisme).
- La quête de sens (via la philosophie ou la spiritualité) est remplacée par une quête de performance (optimisation algorithmique, biohacking).
Les recherches sur :
- La conscience comme information (théorie de Φ, Vedanta, physique de l’information),
- L’influence des champs magnétiques sur les états de conscience,
- Les modèles relationnels (espace de Hilbert), offrent une alternative : l’homme n’est ni le centre ni un accident, mais un nœud dans un réseau cosmique d’information.
Provocation : Erasme, qui jouait avec les paradoxes (comme dans L’Éloge de la Folie), adorerait cette idée de valider scientifiquement des phénomènes autrefois "mystiques" (chamanisme, conscience quantique). Il y verrait une façon de désacraliser sans réduire — c’est-à-dire de rendre compte de la complexité sans tomber dans le matérialisme naïf.