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Regards citoyens

Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !

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Trop de science tue la science : l’excès de publications menace la recherche, par Cyril Voyant (blogs.mediapart.fr)

Voici les enseignements majeurs que l’on peut tirer de l’article "Trop de science tue la science : l’excès de publications menace la recherche" :

1. L’inflation des publications étouffe la qualité et la diversité
  • Explosion quantitative : Les soumissions aux grandes revues ont augmenté de plus de 50 %, avec des taux de rejet avant relecture dépassant 70 %. Cette surproduction rend la découvrabilité des travaux pertinents quasi impossible.
  • Marginalisation géographique : La Chine domine désormais plus de 40 % des soumissions dans plusieurs disciplines, tandis que l’Afrique et l’Amérique latine restent inaudibles. Le système favorise les pays capables de produire en masse, au détriment de la diversité des savoirs.
  • Bruit scientifique : Entre 10 et 30 % des articles publiés ne sont jamais cités, non par manque de qualité, mais parce qu’ils se noient dans la masse. Des travaux essentiels disparaissent, tandis que des articles secondaires prospèrent grâce à des stratégies d’indexation ou de manipulation de citations.
2. Les prépublications : un outil à double tranchant
  • Avantages : Plateformes comme HAL, ArXiv ou BioRxiv accélèrent la circulation des idées et démocratisent l’accès à la science.
  • Risques : Mal utilisées, elles multiplient les versions non consolidées, fragmentent les citations et aggravent le bruit ambiant. La diffusion de travaux non finalisés ajoute du désordre plutôt que de clarifier le paysage scientifique.
3. L’IA : une menace pour la créativité scientifique
  • Automatisation de la recherche : L’IA pourrait générer des textes plausibles mais stériles, en recyclant des corpus existants sans apport critique ou créatif.
  • Consanguinité cognitive : Si l’IA devient massive, la science risque de s’auto-alimenter de ses propres productions, étouffant l’innovation et la surprise — éléments clés de la recherche.
  • Dépendance algorithmique : Le risque est une science déconnectée du regard humain, où la répétition l’emporte sur la découverte.
4. Conséquences concrètes pour la société
  • Innovation freinée : Une découverte invisible = une innovation qui n’arrive pas (médicaments, avancées énergétiques, etc.).
  • Science inutile : Une recherche saturée de bruit devient stérile, incapable de répondre aux défis réels.
5. Pistes de solution : agir collectivement
  • Réformer l’évaluation : Privilégier la qualité à la quantité, en révisant les critères de financement et de reconnaissance (ex. : primes à la publication dans des revues prestigieuses).
  • Soutenir les infrastructures ouvertes : Financer durablement des plateformes comme HAL, Peer Community In ou SciPost, pour réduire la dépendance aux éditeurs privés.
  • Responsabiliser les institutions : Limiter la course aux publications, reconnaître le travail éditorial, et promouvoir une science plus lisible et diverse.
6. Un appel à la vigilance
  • Urgence : La crise n’est plus seulement budgétaire, mais structurelle. Sans action collective, la science pourrait "se suicider par excès de production".
  • Message clé : Publier n’est plus suffisant. Il faut rendre la recherche visible, utile et accessible, en évitant que l’abondance ne devienne un piège.
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