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Regards citoyens

Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !

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Situation politique et économique du Liban en octobre 2025

Voici une analyse actualisée et ciblée sur la situation politique et économique du Liban en octobre 2025, intégrant les dernières évolutions (présidence, gouvernement, Banque centrale) :

1. Nouvelle présidence : Joseph Aoun, un symbole de rupture relative
  • Élection et légitimité : Joseph Aoun, ancien chef de l’armée libanaise, a été élu président le 9 janvier 2025 avec 99 voix sur 128, mettant fin à plus de deux ans de vide présidentiel. Son élection a été rendue possible par un compromis international (États-Unis, Arabie saoudite, France) et une pression accrue sur le Hezbollah, affaibli par la guerre de 2024 avec Israël et la chute du régime Assad en Syrie. Aoun est perçu comme un candidat "consensuel", soutenu par les Occidentaux et les monarchies du Golfe, mais aussi comme un technocrate capable de restaurer une certaine stabilité institutionnelle.
  • Priorités déclarées : Aoun a axé son discours sur la reconstruction du sud du Liban (détruit par la guerre), la mise en œuvre du cessez-le-feu avec Israël, et le renforcement de l’autorité de l’État — notamment via le déploiement de l’armée libanaise (LAF) dans le sud, en remplacement progressif du Hezbollah. Il a aussi promis de lutter contre la corruption et de relancer les réformes économiques, conditions sine qua non pour débloquer l’aide internationale.
2. Gouvernement Salam : une équipe "réformiste" sous pression
  • Formation et composition : Le Premier ministre Nawaf Salam (ancien juge à la Cour internationale de Justice) a formé un gouvernement en février 2025, après des semaines de négociations. Ce cabinet, composé de 24 ministres, est présenté comme "technocrate" et "réformiste", avec une majorité de profils indépendants. Cependant, des compromis politiques ont permis au mouvement Amal (allié du Hezbollah) de conserver le ministère des Finances, un poste clé pour les réformes économiques.
  • Défis immédiats :
    • Réformes économiques : Le gouvernement a adopté un plan de restructuration du secteur bancaire (notamment la levée partielle du secret bancaire pour permettre des audits) et engagé des discussions avec le FMI pour un programme d’aide de 3 milliards de dollars. Cependant, la résistance des banques privées et des lobbies politiques freine la mise en œuvre.
    • Désarmement du Hezbollah : Le gouvernement a lancé un plan ("Homeland Shield") pour démanteler les sites militaires non autorisés dans le sud, avec un soutien international (États-Unis, France, Arabie saoudite). Plus de 500 sites du Hezbollah auraient été démantelés depuis septembre 2025, mais le groupe conserve une capacité militaire significative et une influence politique via son allié, le président du Parlement Nabih Berri.
    • Reconstruction et aide internationale : Le Liban a obtenu un prêt de 250 millions de dollars de la Banque mondiale pour l’électricité, mais l’aide massive promise (notamment par l’UE et les États du Golfe) reste conditionnée à des réformes structurelles, notamment la lutte contre la corruption et la transparence financière.
3. Banque centrale : Karim Souaid, entre réformes et controverses
  • Nouveau gouverneur : Karim Souaid, ancien gestionnaire d’actifs chez HSBC, a été nommé gouverneur de la Banque du Liban (BDL) en mars 2025, remplaçant Riad Salameh (accusé de corruption). Souaid a promis de lutter contre le blanchiment d’argent, de restructurer le secteur bancaire et de restaurer la confiance des déposants. Cependant, sa nomination a suscité des critiques en raison de ses liens avec l’élite financière libanaise et les banques privées, accusées d’avoir contribué à la crise économique.
  • Réformes en cours :
    • Levée partielle du secret bancaire : Une loi adoptée en avril 2025 permet à l’État d’accéder aux registres bancaires des 10 dernières années, une condition clé du FMI pour débloquer des fonds. Cette mesure vise à faciliter les audits et à lutter contre la fraude.
    • Restructuration de la dette : Le gouvernement et la BDL travaillent sur un plan de restructuration de la dette publique (estimée à plus de 170 % du PIB), mais les négociations avec les créanciers privés et les banques locales sont complexes.
    • Retour des petits déposants : Souaid a annoncé un plan pour restituer progressivement les dépôts gelés depuis 2019, en priorisant les petits épargnants. Cependant, les modalités restent floues et dépendent de la stabilisation de la livre libanaise.
4. Dynamiques politiques : un équilibre précaire
  • Affaiblissement relatif du Hezbollah : Le groupe, affaibli militairement et politiquement après la guerre de 2024 et la chute d’Assad, a dû accepter des compromis (ex. : election d’Aoun, formation du gouvernement Salam). Il conserve cependant une influence majeure via :
    • Son alliance avec le mouvement Amal (contrôle du ministère des Finances).
    • Sa capacité à bloquer les décisions stratégiques (ex. : désarmement complet, normalisation avec Israël).
    • Son réseau social et militaire dans le sud, malgré les pressions de l’armée et de l’UNIFIL.
  • Tensions internes : Des divergences sont apparues entre le président Aoun (soutenu par les Occidentaux) et le Premier ministre Salam (plus critique envers les banques et le Hezbollah), notamment sur la nomination de Souaid à la BDL. Ces tensions pourraient ralentir les réformes.
  • Soutien international : La France, les États-Unis et l’Arabie saoudite coordonnent leur aide pour éviter un effondrement total, mais leur patience est limitée. L’UE a promis 1 milliard d’euros pour limiter les flux migratoires, mais sous condition de réformes.
5. Bilan et perspectives (octobre 2025)
  • Points positifs :
    • Stabilité institutionnelle : Pour la première fois depuis 2022, le Liban a un président, un gouvernement légitime et un gouverneur de la Banque centrale.
    • Progrès symboliques : Désarmement partiel du Hezbollah, levée du secret bancaire, début de restructuration financière.
    • Soutien international renouvelé : L’élection d’Aoun et la formation du gouvernement Salam ont permis de débloquer des discussions avec le FMI et la Banque mondiale.
  • Risques majeurs :
    • Blocages politiques : Le Hezbollah et les lobbies bancaires pourraient saboter les réformes les plus ambitieuses (ex. : désarmement total, audit complet des banques).
    • Crise économique persistante : Sans réformes profondes, la livre libanaise pourrait continuer à se déprécier, et les déposants risquent de ne jamais récupérer leurs économies.
    • Menace de reprise des hostilités : Si Israël estime que le Hezbollah ne respecte pas le cessez-le-feu, une nouvelle guerre pourrait plonger le Liban dans le chaos.
Conclusion : une fenêtre d’opportunité étroite

Le Liban en octobre 2025 bénéficie d’une fenêtre de stabilité relative, grâce à l’élection de Joseph Aoun, la formation du gouvernement Salam et la nomination de Karim Souaid. Cependant, cette stabilité reste fragile :

  • Dépendance aux acteurs externes : Sans pression continue des États-Unis, de la France et des monarchies du Golfe, les réformes pourraient s’enliser.
  • Pouvoir limité de l’État : L’armée et les institutions restent faibles face au Hezbollah et aux intérêts financiers corrompus.
  • Urgence économique : Le temps presse pour éviter un effondrement total et une nouvelle vague d’émigration massive.

Scénarios possibles d’ici fin 2025 :

  • Optimiste : Si les réformes se poursuivent (restructuration bancaire, désarmement progressif du Hezbollah, aide internationale), le Liban pourrait amorcer une lente reconstruction.
  • Pessimiste : Un blocage politique, une reprise des combats au sud, ou un effondrement économique pourraient replonger le pays dans le chaos, avec un risque de partition de facto (zones contrôlées par l’État vs. zones sous influence du Hezbollah).

 

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