Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !
20 Octobre 2025
Selon leurs analyses, l’enchevêtrement des populations, des infrastructures et des influences rend pratiquement irréalisable une séparation nette : « l’ère du processus de paix, de la solution à deux États, est révolue », estiment-ils.
Raisons de l’émergence d’une nouvelle donne
Le principal moteur de cette remise en cause est la politique de colonisation israélienne en Judée Samarie, qui complique de plus en plus l’apparition d’un État palestinien viable. En parallèle, des voix israéliennes — tant à l’extrême droite qu’à la gauche — évoquent désormais l’idée d’un seul État, mais avec des visions radicalement différentes. Par exemple, Avraham Burg, ancien président de la Knesset, affirme que les destins israéliens et palestiniens sont désormais tellement imbriqués qu’il n’est plus temps de discerner « un État ou deux États » mais bien « quel type d’État ce sera ». L’idée est celle d’une confédération ou d’un État fédéral, sur le modèle des États-Unis ou du Royaume-Uni, offrant pleine égalité et libertés civiques pour tous les habitants.
Les résistances : identité, sécurité, logique étatique
Pour autant, cette option n’est pas sans opposants. Certains, comme David Makovsky, qualifient l’idée d’un État binational d’« impraticable », jugeant que la région ne dispose pas de traditions démocratiques suffisamment solides pour structurer un tel modèle. En outre, les partisans de l’extrême droite israélienne évoquent un État unique mais dans un cadre très limité : les Palestiniens se verraient offrir un statut de résident permanent ou des droits restreints, sans citoyenneté pleine et sans droit de vote national. Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, défend depuis longtemps l’annexion de la Cisjordanie sans offrir le droit de citoyenneté aux Palestiniens concernés.
Chiffres d’opinion : un soutien marginal, mais croissant
Si l’idée reste encore minoritaire, les sondages montrent une évolution notable : environ 22 % des Palestiniens se disent favorables à un seul État – et moins de 10 % des Juifs israéliens. D’autres enquêtes plus larges font état de 25 % des Palestiniens et seulement 14 % des Israéliens juifs favorables à un « État unique démocratique et égalitaire ». Parallèlement, le concept d’un État unique mais sans égalité des droits recueille un soutien plus élevé parmi les Israéliens juifs (≈ 42 %). Autrement dit : l’idée prend forme, mais sous des formes très divergentes.
Que faudrait-il pour que l’option voie le jour ?
Pour que cette perspective se réalise, plusieurs conditions s’imposeraient :
. Une réforme institutionnelle profonde afin de garantir l’égalité civile, politique et sociale entre Juifs et Arabes dans le même État.
. Une redéfinition de l’identité nationale israélienne, qui jusqu’à présent met l’accent sur son caractère juif, en direction d’un modèle plus inclusif.
. Une architecture sécuritaire assurant que les citoyens de l’État unique – quel que soit leur groupe – se sentent protégés.
. La résolution de questions-clé comme le retour des réfugiés palestiniens, le statut de Jérusalem, les colonies et la souveraineté.
Position pro-Israël dans cette perspective
Du point de vue d’Israël, cette revisite de l’option à un seul État peut être envisagée comme une chance de « renforcer » la pérennité de l’État juif plutôt que de le voir fragilisé par un échec continu du projet de deux États. En optant pour un cadre unique, Israël pourrait intégrer les Palestiniens dans un même système politique — tout en conservant des mesures assurant sa sécurité et son héritage. Un État unique bien réglé, dans lequel les droits civils sont garantis mais la sécurité israélienne maintenue et renforcée, peut devenir un atout pour la légitimité internationale d’Israël : non seulement protéger la population juive, mais aussi offrir un modèle d’État démocratique stable au Moyen-Orient.