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Regards citoyens

Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !

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Jean Quatremer fustige l'Assemblée générale des Nations Unies

Le 31 mars 2026, dans son excellent "parti pris" exposé au cours d'une émission animée par David Pujadas sur LCI, le journaliste Jean Quatremer (Libération) a fustigé l'Assemblée générale des Nations Unies, lui reprochant notamment un parti pris anti-israélien systématique à en juger au nombre de résolutions adoptées à l'encontre d'Israël (173 entre 2015 et 2024) en regard des 80 résolutions prises à l'encontre d'autres régions du monde, trouvant une justification condamnable à ses yeux dans la composition de cette assemblée majoritairement peuplée d'Etats d'un "Sud global" anti-occidental ! Que faut-il en penser ?

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L’intervention de Jean Quatremer sur LCI le 31 mars 2026, critiquant l’Assemblée générale des Nations Unies pour un prétendu parti pris anti-israélien systématique, s’inscrit dans un débat récurrent sur la légitimité et l’équité des résolutions onusiennes, notamment sur la question israélo-palestinienne.

Voici une analyse structurée de cette critique et de ses fondements, ainsi que des éléments de contexte pour en saisir la portée et les limites.

1. Les chiffres avancés par Jean Quatremer : réalité ou exagération ?
  • Entre 2015 et 2024, l’Assemblée générale de l’ONU a adopté 173 résolutions condamnant Israël, contre 80 résolutions condamnant d’autres États dans le monde. Cette tendance est confirmée par plusieurs sources, dont The Times of Israël et des analyses indépendantes. Ces chiffres reflètent une focalisation particulière de l’ONU sur le conflit israélo-palestinien, notamment en raison de la situation en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à Gaza, ainsi que des obligations internationales d’Israël en matière de droit humanitaire et de droits de l’homme.
  • Explication de cette focalisation : La majorité de ces résolutions concernent spécifiquement la colonisation israélienne, les violations des droits de l’homme en territoires occupés, et la situation humanitaire à Gaza. Ces questions sont régulièrement portées à l’ONU par les États arabes et musulmans, ainsi que par une partie des pays du Sud global, où la cause palestinienne bénéficie d’un soutien historique et symbolique fort.
2. La composition de l’Assemblée générale : un « Sud global » anti-occidental ?
  • L’Assemblée générale de l’ONU compte 193 États membres, dont une majorité provient d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine — des régions souvent regroupées sous l’expression « Sud global ». Ces pays, souvent issus de la décolonisation, partagent une sensibilité particulière à la question palestinienne, en raison de leurs propres histoires de domination coloniale et de leur rejet de l’hégémonie occidentale.
  • Cette composition explique en partie le vote massif en faveur des résolutions critiquant Israël, perçu comme un État occidental et donc comme un symbole de l’ordre ancien. Cependant, il est important de noter que cette majorité ne reflète pas toujours une hostilité envers l’Occident en tant que tel, mais plutôt une solidarité avec la cause palestinienne, perçue comme une injustice historique et contemporaine.
3. La critique de Jean Quatremer : une lecture partielle ou partiale ?
  • Quatremer met l’accent sur le déséquilibre numérique entre les résolutions contre Israël et celles contre d’autres États, suggérant un biais idéologique. Or, cette critique occulte plusieurs réalités :

    • La nature des résolutions : La plupart des résolutions contre Israël sont adoptées par l’Assemblée générale, un organe où les votes sont symboliques (car non contraignants). En revanche, le Conseil de sécurité, où les résolutions sont contraignantes, adopte rarement des textes contre Israël en raison de l’usage du veto américain.
    • Le contexte géopolitique : La question palestinienne est un sujet de débat permanent à l’ONU depuis 1947, et la situation sur le terrain (colonisation, blocus de Gaza, violations des droits de l’homme) justifie en partie l’attention internationale. Les résolutions ne sont pas toujours appliquées, mais elles reflètent une préoccupation morale et juridique partagée par une large majorité des États.
    • La portée limitée des résolutions : Même si Israël est la cible de nombreuses résolutions, leur impact réel sur la situation sur le terrain est souvent marginal, en raison du manque de mécanismes coercitifs. L’ONU reste un organe de dialogue et de pression symbolique, plus qu’un acteur de changement concret.
  • La critique de Quatremer s’inscrit dans une ligne éditoriale connue : Il est régulièrement invité sur les plateaux de LCI pour commenter l’actualité internationale, souvent avec un angle critique envers la gauche, la Palestine, ou les institutions multilatérales. Son intervention s’appuie sur des arguments classiques du camp pro-israélien, qui dénonce un prétendu « deux poids, deux mesures » à l’ONU, tout en minimisant les responsabilités israéliennes dans le conflit.

4. Que faut-il en penser ?
  • Sur le fond :

    • L’ONU n’est pas neutre : Elle reflète les rapports de force géopolitiques, et la majorité de ses membres ne sont pas occidentaux. Le biais anti-israélien est réel, mais il s’inscrit dans une logique de solidarité tiers-mondiste et de rejet de l’héritage colonial, plutôt que dans une hostilité généralisée envers l’Occident.
    • Israël est un État puissant, soutenu par les États-Unis et une partie de l’Europe, ce qui limite son isolement total. Cependant, sa politique de colonisation et son traitement de la question palestinienne alimentent une condamnation internationale récurrente.
    • Les résolutions de l’Assemblée générale n’ont pas de valeur contraignante, mais elles contribuent à façonner l’opinion publique internationale et à exercer une pression morale.
  • Sur la forme :

    • La critique de Quatremer est partielle : Elle met en avant les chiffres sans expliquer les causes profondes de cette focalisation (contexte historique, géopolitique, et moral).
    • Elle relève aussi d’une rhétorique médiatique visant à dénoncer un prétendu « anti-occidentalisme » systématique, sans toujours distinguer entre critique légitime et parti pris idéologique.
5. Perspectives et enjeux
  • L’ONU reste un miroir des contradictions du monde : Elle est à la fois un forum de dialogue et un organe paralysé par les divisions géopolitiques. Son incapacité à faire appliquer ses propres résolutions illustre les limites du multilatéralisme dans un système international dominé par les puissances.
  • La question palestinienne reste un test de crédibilité pour l’ONU : Tant que la situation sur le terrain ne s’améliore pas, l’Assemblée générale continuera à adopter des résolutions symboliques, sans réel impact concret.

En résumé :
La critique de Jean Quatremer sur l’ONU est partiellement fondée sur des faits (le déséquilibre des résolutions), mais elle minimise les causes structurelles de cette focalisation et ignore la portée limitée de ces résolutions. Elle s’inscrit dans une rhétorique médiatique plus large, qui oppose systématiquement Israël à une majorité anti-occidentale au sein de l’ONU, sans toujours nuancer les responsabilités des deux camps.

Peut-on considérer que le positionnement de Quatremer relève d’un conflit d’intérêts, ou simplement d’une prise de position éditoriale assumée ?

Cela dépend de la conception que l’on a du journalisme : doit-il être neutre, équilibré, et représentatif de la diversité des opinions, ou peut-il être partiel, engagé, et porteur d’un récit particulier ?

Il est important de distinguer entre un positionnement idéologique assumé et une ligne éditoriale cohérente, et de ne pas confondre les deux avec la réalité du conflit.

 

Quatremer met en avant un prétendu « deux poids, deux mesures » à l’ONU, critiquant une majorité anti-occidentale qui condamnerait Israël de manière disproportionnée. Or, cette critique s’appuie sur des chiffres réels, mais interprétés de manière partiale, en minimisant les causes géopolitiques, historiques et morales de cette focalisation.

Le contexte de son intervention (LCI, 31 mars 2026) et son positionnement éditorial (soutien à Israël, dénonciation de l’antisémitisme de la gauche) montrent qu’il s’inscrit dans une ligne médiatique pro-israélienne, souvent relayée par des think tanks ou des médias proches des cercles pro-israéliens ou trumpistes.

Son manque de neutralité est souligné par des médias alternatifs ou critiques, qui voient en lui un influenceur de guerre, un terme utilisé pour décrire les journalistes ou personnalités qui alimentent la propagande de guerre en faveur d’un camp ou d’un autre

La critique de Quatremer sur l’ONU est-elle légitime ? Oui, sur le fond (le déséquilibre des résolutions), mais elle est minimisée, voire ignorée, dans la mesure où elle sert un récit pro-israélien, qui oppose systématiquement Israël à une majorité anti-occidentale, sans toujours nuancer les responsabilités des deux camps.

Son positionnement est-il objectif ? Non. Il est perçu comme un défenseur acharné de la cause israélienne, au point de qualifier des attaques terroristes de « pogrom », et de dénoncer « l’antisémitisme décomplexé de la gauche ». Son manque de neutralité est régulièrement pointé du doigt par des médias alternatifs ou critiques

Libération, en tant que journal, représente-t-il une ligne éditoriale pro-israélienne ? Non. Le journal est perçu comme un média de gauche, mais pas pro-israélien en tant que tel. Cependant, certains de ses journalistes ou éditorialistes (comme Quatremer) le font de manière flagrante, ce qui pose la question de la cohérence et de l’éthique journalistique du journal.

Il semble en effet que Jean Quatremer adopte et exprime des positions qui dépassent l'éthique de son journal et dérogent aux règles déontologiques du journalisme (comme tant d'autres aujourd'hui dans les médias mainstream).

En cela, il est surprenant qu'il demeure dans l'équipe rédactionnelle d'un journal dont le nouveau directeur de la rédaction et de la publication impose une ligne éditoriale nettement plus modérée.

Ancien du renseignement israélien : Dov Alfon a servi dans l’unité 8200 de l’armée israélienne, une unité de cybersurveillance et de renseignement militaire, avant de se lancer dans le journalisme. Cette unité est souvent associée à des activités de surveillance de masse et de cyber-espionnage, et son expérience en son sein est un élément marquant de son parcours

Ancien rédacteur en chef de Haaretz : Il a dirigé le quotidien israélien Haaretz, un journal de gauche, connu pour son opposition frontale à Benjamin Netanyahu et à la politique de colonisation israélienne. Haaretz est souvent perçu comme un média critique envers le gouvernement israélien, notamment sur les questions de droits de l’homme, de colonisation et de guerre à Gaza.

Opposant systématique à Netanyahu : Son passage à Haaretz et ses prises de position publiques (livres, articles, interviews) montrent qu’il est un opposant déclaré à Netanyahu et à sa politique, tant sur le plan intérieur qu’international. Il a notamment écrit des romans et des essais qui dénoncent les dérives autoritaires et la politique de colonisation israélienne

Nommé à 90,8 % par les journalistes de Libération : Dov Alfon a été élu directeur de la rédaction par une très large majorité des journalistes du journal, en remplacement de Laurent Joffrin. Son élection a été présentée comme un saut dans l’inconnu, mais aussi comme une opportunité de rénover le journal et de moderniser sa stratégie numérique

Un profil atypique : Son parcours, entre renseignement militaire, journalisme d’investigation et littérature, en fait une figure hors norme dans la presse française. Il a été présenté comme un ancien espion devenu journaliste, capable de réorganiser Libération en profondeur, notamment en misant sur le numérique.

Une ligne éditoriale potentiellement influencée : Son passage à Haaretz (un journal de gauche israélien, critique envers Netanyahu et la colonisation) et son expérience dans le renseignement israélien soulèvent des questions sur la cohérence de sa ligne éditoriale à Libération, notamment sur la question israélo-palestinienne. Plusieurs médias et observateurs ont souligné que son élection pourrait biaiser la couverture du conflit, en faveur d’une ligne pro-palestinienne ou anti-Netanyahu.

Quelles implications pour Libération ?

Une ligne éditoriale plus critique envers Israël et Netanyahu : Compte tenu de son parcours et de ses prises de position passées, il est raisonnable de penser que Libération, sous sa direction, pourrait renforcer sa couverture critique de la politique israélienne, notamment sur la colonisation, la guerre à Gaza, et les violations des droits de l’homme en territoires occupés.

Un positionnement géopolitique plus pro-palestinien : Son élection à la tête de Libération (un journal de gauche) pourrait renforcer la sensibilité pro-palestinienne du journal, déjà marquée par la présence de journalistes comme Jean Quatremer (connu pour ses prises de position pro-israéliennes, mais moins influent que Dov Alfon en termes de ligne éditoriale).

Un risque de polarisation : Certains observateurs craignent que ce choix ne polarise davantage le débat sur la question israélo-palestinienne en France, en renforçant l’idée d’un bipartisme médiatique (Libération pro-palestinien vs. des médias comme Le Figaro ou CNews pro-israéliens).

Comment cela éclaire-t-il le débat sur l’ONU et Israël ?

Un contexte médiatique français marqué par des lignes éditoriales opposées : La nomination de Dov Alfon à Libération s’inscrit dans un paysage médiatique français où la couverture du conflit israélo-palestinien est souvent partisane, soit pro-israélienne (Le Figaro, CNews, certains éditorialistes), soit pro-palestinienne (Libération, Mediapart, certains intellectuels de gauche).

Une légitimité à interroger : Si Libération devient un média plus critique envers Israël et Netanyahu, cela pourrait renforcer les accusations de parti pris anti-israélien portées contre l’ONU, en France et ailleurs. À l’inverse, cela pourrait aussi rééquilibrer un débat souvent dominé par les médias pro-israéliens.

Un enjeu de crédibilité : La présence d’un ancien membre des services secrets israéliens à la tête d’un journal français soulève des questions sur l’impartialité, la neutralité et l’éthique journalistique, surtout dans un contexte où la désinformation et les narratifs biaisés sont monnaie courante.

Perspectives et enjeux

Libération peut-il devenir un média de référence sur la question israélo-palestinienne ? Cela dépendra de sa capacité à équilibrer ses sources, à éviter les biais idéologiques, et à rester ancré dans les faits, plutôt que dans les narratifs partisans.

Quel impact sur le débat public en France ? Une ligne éditoriale plus critique envers Israël pourrait alimenter les tensions, mais aussi favoriser un débat plus nuancé, en donnant la parole à des voix critiques envers la politique israélienne.

Comment concilier engagement et neutralité journalistique ? C’est un défi majeur pour Libération, comme pour tout média engagé sur des sujets aussi sensibles.

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