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Publié par ERASME

Après le second Empire - pendant lequel les Républicains avaient eu tout loisir d’observer de près leurs agissements - la survie de services politiques dans la police était loin d’être acquise tant la notion même de police politique semblait consubstantielle d’un régime autoritaire et pouvait paraître incongrue dans une démocratie fondée sur le suffrage universel et les libertés publiques.
La police politique a-t-elle une fonction, un rôle à jouer dans un régime où, par définition, le gouvernement représente la volonté de la majorité des citoyens ? Doit-elle protéger une forme de gouvernement qui ne saurait s’imposer que par le consentement de la Nation ? Doit-elle surveiller l’opinion, les agissements des opposants alors que la liberté est la règle ? Un gouvernement émanant du suffrage universel a-t-il besoin, comme Napoléon III d’une police pour savoir " quel accord règne entre ses actes et les voeux de la Nation " alors que la presse, les élections permettent aux citoyens d’exprimer leur opinion et leurs choix politiques ?
 
Dès la chute de l’Empire, en septembre 1870, cette question fut posée notamment par le nouveau Préfet de police Emile de Keratry qui procéda à la liquidation du "Service spécial de police politique" du commissaire Lagrange qui constituait "une menace permanente pour la liberté et la vie des citoyens".
C’est au parlement, à l’occasion du vote annuel du budget du ministère de l’Intérieur, plus précisément des chapitres concernant la police spéciale et les " dépenses secrètes de sûreté publique " que s’exprimèrent le plus clairement, le plus solennellement les oppositions à l’existence même d’une police politique et à celle de fonds secrets servant à payer ses " basses besognes ". L’idée la plus communément défendue par l’opposition - quelle qu’elle fût - était que la police politique était une institution indigne d’une République et que des Républicains ne sauraient, sans se renier, ou sans contradiction grave, utiliser un moyen de gouvernement qu’ils avaient dénoncé sans relâche sous l’Empire. En dépit de ces critiques, la police politique, comme les fonds secrets, a subsisté, d’abord au prétexte de la défense d’un régime mal assuré - " N’y a-t-il plus de partis adversaires de la République ? Certes ces partis sont impuissants, ils le savent bien, mais vous admettrez bien avec moi qu’il est utile qu’on les surveille et qu’on sache ce qu’ils font "- puis du réalisme politique qui interdit à un gouvernement de se priver d’un moyen employé par tous ses prédécesseurs.


Source : 
http://www.criminocorpus.cnrs.fr/article339.html 


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