L'UE veut une transition en Egypte, et craint l'extrémisme
L'Union européenne a invité lundi 31 janvier l'Egypte à engager une transition menant à la formation d'un gouvernement sur une base élargie et à des élections libres et justes, même si plusieurs pays ont dit craindre une arrivée au pouvoir des islamistes.
Réunis à Bruxelles pour leur réunion mensuelle, les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Sept ont également dit qu'ils se tenaient prêts à accompagner le processus de changement dans le plus peuplé des pays arabes en revoyant ses partenariats politique, économique et social.
" Le conseil (des ministres de l'UE) appelle les autorités égyptiennes à ouvrir une transition ordonnée vers un gouvernement reposant sur une base élargie ", est-il indiqué dans le texte des conclusions de la réunion.
Ceci doit " mener à un processus de réformes démocratiques substantielles avec un plein respect pour l'Etat de droit, les droits de l'homme et les libertés fondamentales, ouvrant la voie à une élection juste et libre ", y est-il encore indiqué.
Cette déclaration, très proche de celles rendues publiques par la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne samedi puis par les autorités américaines dimanche, n'est cependant pas allée jusqu'à appeler à une élection immédiate en Egypte, où le prochain scrutin présidentiel est programmé pour septembre.
Craintes européennes
Les Européens sont notamment divisés sur le rôle présent et futur que doit jouer Hosni Moubarak, au pouvoir au Caire depuis 30 ans, vu comme un élément de stabilité dans la région et un rempart face à la progression de l'islamisme.
Certains Etats membres estiment qu'il devrait démissionner immédiatement, alors que d'autres préféreraient le voir se maintenir au pouvoir afin d'organiser la transition politique.
Hosni Moubarak a nommé lundi un nouveau ministre de l'Intérieur, dans le cadre d'un remaniement de son gouvernement, mais cette décision n'a pas fait baisser en intensité la contestation populaire.
Interrogée sur la crainte des Européens de voir les islamistes arriver au pouvoir en Egypte et, éventuellement, présenter à l'Occident des défis comparables à ceux posés actuellement par l'Iran, la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, a reconnu que la question avait été abordée lundi.
" Ce sont des sujets qui ont été évoqués. C'est vrai que ce sont des craintes qui peuvent exister ", a-t-elle dit.
Son homologue allemand, Guido Westerwelle, a ainsi expliqué que s'il était " très important " de soutenir le processus démocratique, " personne ne veut voir des forces radicales bénéficier de ce processus avec leur propagande intolérante ".
Source : Reuters