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Regards citoyens

Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !

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UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - première partie -

Les membres de la zone Euro et les institutions européennes compétentes sont parvenues, tardivement et avec hésitation, à protéger la Grèce, puis l'Irlande, contre tout risque de défaillance au prix d'un plan drastique, socialement insupportable (cf. La zone euro fournit à la Grèce une aide sans précédent ainsi que Les institutions de l'UE s'entendent sur un mécanisme de crise et aident l'Irlande ).  

Après que la gestion on ne peut plus approximative (doux euphémisme !) de leurs finances publiques ait mis ces Pays dans un état catastrophique, avec la complicité de partenaires européens - y compris ces mêmes Etats et ces mêmes institutions européennes de l'UEM - qui ont préféré la voie des oeillères face à l'incurie de leurs élites à celle de la responsabilité et du courage, et de groupes financiers et industriels qui ont pris la voie "prudente" mais ô combien socialement et fiscalement irresponsable, de la délocalisation de  leurs activités autant que de leurs bénéfices, cette réponse européenne apparaît comme la seule réponse possible à une crise dont le caractère systémique ne fait plus aucun doute !

En est-on vraiment si certain ?

Car, après la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, et probablement aussi, si l'on y prend pas garde, un peu plus tard, le Royaume-Uni et la France, présentent des symptômes comparables qui font redouter un effet "tsunami" sur l'ensemble du marché de la dette souveraine européenne et une incapacité à résister à cette déferlante d'assauts liquides (cf. L’explosion des dettes et déficits publics dans la zone euro (La Croix)) !

Les retards à l'ouverture de nos dirigeants européens se multiplient, crise après crise, créant un sentiment d'incapacité politique largement répandu, bien au-delà des frontières si peu étanches de l'Union, qui pousse les dynamiques spéculatives des prédateurs financiers internationaux à venir rôder au-dessus de leurs proies futures ! Mais dans cette Europe " aux racines chrétiennes ", le mea culpa ne semble plus vraiment en odeur de sainteté .... Dans cet espace européen où les élites sont si sûres d'elles-mêmes qu'elles ne supportent pas que les propres instruments de mesure de performance dont elles se sont doté pour souligner leur éclat stigmatisent à force chiffre leurs comportements erratiques, quoi de plus naturel que de fustiger ces instruments aussi 'irrespectueux' que 'vaniteux' à l'égard de leurs géniteurs !

L'heure est donc à la désignation des agences de notation comme boucs-émissaires (cf. Christine Lagarde veut aller plus loin dans la régulation des agences de notation (Les Echos) !

Considérant que ce sujet vaut bien une analyse qui ne se limite pas à reproduire le 'la' des autorités qui se sont arrogé à la fois les attributs du juge et ceux du parti, Regards-citoyens s'interroge aussi sur Le procès trop facile des agences de notation (Edito du Monde).

Aussi ce blog s'est-il employé, depuis sa création en décembre 2008, à rendre compte des analyses qui se multiplient sur ce vaste et très complexe défi systémique (encore un !) qui menace l'ensemble de nos patrimoines, nos solidarités, et quelquepart, les principes démocratiques, moraux, économiques et sociaux auxquels les européens sont tant attachés (voir notamment à ce sujet l'article suivant Les clés pour comprendre la crise de l’euro (Pierre Cochez - La Croix) et les articles auxquels ils renvoient) !

Il en ressort qu'il n'y a pas de pays qui ait tort ou raison a priori, mais des règles à respecter et à renforcer pour que la zone Euro fonctionne. Les faits prouvent que la faiblesse d'un pays se répercute sur la valeur même de l'Euro, au détriment de tous. Le problème ne tient pas tant à la baisse de cette valeur au moment où elle culmine à des hauteurs inquiétantes qu'à la perte de stabilité et de sécurité monétaires qui en découle. Il est évident que face à de telles difficultés la solidarité doit jouer ; mais la coordination des politiques économiques implique que chacun corrige ses défauts et ses lacunes (l'Allemagne y compris à propos de sa position fiscale). Mais le préalable indispensable est que les règles communes soient respectées, et que la discipline interne à l'univers de la finance comme la surveillance qui doit y être attachée progressent simultanément, en protégeant l'économie réelle contre la spéculation et les abus.

Ni l'Union européenne, ni l'Union économique et économique, ni la zone Euro, ni ces Etats prétendus souverains qui s'enrhument au moindre frisson des marchés financiers (cf. Que peuvent les Etats contre la spéculation ? Adrien de Tricornot - 1- (Dossier - Le Monde Economie) ainsi que Que peuvent les Etats contre la spéculation ? par Adrien de Tricornot - 2- (Dossier - Le Monde Economie)) ne survivront à une montée continue du volume des demandeurs d'emplois et des individus vivant sous le seuil de pauvreté !

Par contre, les spéculateurs et autres investisseurs internationalement mobiles qui s'apprêtent à plonger sur les proies vivantes qui s'offrent benoitement à eux s'envoleront sans laisser d'autres traces que des restes désincarnés et des sanglots éperdus !  

Quant à cette 'main invisible' qui dirige les marchés, elle laisse bien trop souvent ses empreintes indélébiles sur nos vies pour qu'on ne lui fasse porter (seule) la responsabilité du crime ! Si nous cherchions un peu ce qui la meut, on finirait bien pas trouver quelque cerveau et quelque système nerveux central aux commandes !

En face de cette main, de ce cerveau et de ce système central, l'Union économique et monétaire ne parviendra à rebondir qu'au prix d'un sursaut stratégique qui passe par une offensive doctrinale en même temps que par une innovation institutionnelle !

Pour Angela Merkel, " le chancelier Schröder et le président Chirac, les leaders des deux plus grands pays d'Europe, ont commis une erreur en 2004 en faisant pression pour amollir le Pacte de stabilité. Cela a affaibli la culture de stabilité en Europe. Nous revenons à de meilleures orientations et je pense que c'est important. " (cf. "Solidité, stabilité", les règles de l'euro selon Angela Merkel ).

Comme l'affirme Jean-Claude Trichet : " il ne s'agit pas à présent d'identifier des boucs émissaires mais de corriger les fragilités du système financier. "

Les institutions européennes, les traités européens, les lois européennes, la monnaie européenne, le budget général de l'Union, les lois fondamentales, les constitutions, les partis politiques, ne sont pas là pour accompagner un système financier non seulement défaillant mais destructeur !

L'emploi et la croissance valent mieux que simplement des effets d'annonce autour de stratégies papier, qu'il s'agisse de la stratégie de Lisbonne et de son succédané, la stratégie UE2020, ou de la stratégie pour le développement durable, qui ne produisent jamais les résultats escomptés !

Lutter contre l'inflation, c'est utile et nécessaire lorsque l'on se place du point de vue de la seule rente ! Mais quand la rente vient à manquer, ne faut-il pas rapidement s'enquérir de la faire réapparaître ! A moindre frais, de préférence !

Au fait, auriez-vous des nouvelles des mesures prises à l'égard des paradis fiscaux (cf. «Il y a eu des paroles sur la régulation, pas d’actes» (Entretien avec Jean-Pierre Jouyet - Libération) ) et des produits financiers dérivés (cf. Les marchés des produits dérivés en débat ou encore La régulation des fonds spéculatifs reportée (Le Monde) ) ?

Il est grand temps que l'Union européenne cesse de se voiler la face, anticipe et agisse à la mesure de ces défis !

Je me suis personnellement interrogé (cf. A quel moment va-t-on renforcer la sécurité monétaire de l'euro et la sécurité économique et financière de la zone euro ? ) sur l'absence dans le plan de sortie de crise proposé par le président permanent du Conseil européen, M. Van Rompuy (cf. Le plan de sortie de crise de M. Van Rompuy), de dispositions relatives au renforcement de la sécurité monétaire de l'euro et de la sécurité économique et financière de la zone euro !
J'ai fait état de ma conviction qu'il ne suffira certainement pas de travailler à l'adaptation des conditions institutionnelles (comme le Pacte de stabilité et de croissance, la quatrième selon la classification proposée par Jean-Claude Trichet - cf. La politique monétaire européenne : principes, résultats et questions actuelles, par Jean-Claude Trichet -) à l'objectif de sortie de crise économique et sociale, pour que l'euro et la zone euro ne sortent pas trop affaiblis de cette période crisogène exceptionnellement déstabilisante où ni la croissance, ni l'emploi, ni la confiance en l'avenir ne sont au rendez-vous, malgré la certificat de bonne conduite que Jean-Claude Trichet vient de délivrer aux décideurs européens (cf. Les enseignements de la crise (Intervention de Jean-Claude Trichet, Président de la BCE)) !
En ajoutant " Au-delà des facteurs conjoncturels de cette période, il y a incontestablement des insuffisances de nature systémique et/ou structurelle qu'il est devenu urgent d'affronter, en responsabilité et en toute transparence, deux autres dimensions clé de la stratégie monétaire européenne. L'Union européenne, et notamment l'Eurogroupe, ont plus que jamais besoin de se penser et d'agir en acteur global cohérent au sein d'une économie mondiale qui est explosive (Economie et finance mondiales : Etat des lieux, perspectives et prospectives !) ! Un acteur qui ne se contente pas de déclarations, de mesures normatives et d'instruments généreusement ouverts à tous ses partenaires, notamment à ceux qui ont le privilège de jouir du statut de partenaire stratégique et/ou du régime du " tout sauf les institutions " ! Un acteur qui se pense et agit en Union politique et stratégique mue par des buts ambitieux, des objectifs clarifiés et pérennes, des principes et des valeurs à la fois partagés et respectés, et des intérêts clairement identifiés qui ne se diluent pas dans la grande bleue dès les premiers orages ! "

.../...

Pour la seconde partie de cet article : UEM : Etablir des instruments supplémentaires n'est pas suffisant ! Il faut aller plus loin tant au niveau doctrinal que sur le plan institutionnel ! - seconde partie -

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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