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26 Janvier 2013
S'il appelle Paris à se garder de tout repli protectionniste, le Commissaire au Commerce promet une une utilisation adéquate des instruments de défense commerciale.
Pris pour cible au printemps 2012 par Arnaud Montebourg dans le cadre d'une controverse sur l'ouverture commerciale de l'UE que le ministre français du Redressement productif jugeait trop naïve, Karl De Gucht a défendu la politique libre-échangiste de l'Union devant le Parlement français le 16 janvier 2013.
"Les problèmes de compétitivité de l'économie française ne peuvent se résumer à la concurrence déloyale [des pays tiers] ou à un degré d'ouverture trop élevé", a insisté M. De Gucht, défendant la poursuite d'une stratégie commerciale "intelligente et ciblée, offensive et volontariste, adpatée aux réalités, qui n'a rien d'idiot ni de naïf". Une stratégie fondée sur les principes d'une réciprocité "positive", visant à amener les partenaires de l'UE à son niveau d'ouverture, et d'une réciprocité "réaliste et différenciée" avec les pays émergents, qui suppose "une dose limitée d'asymétrie" dans les engagements de l'UE et de ses partenaires.
Le Commissaire a toutefois promis que sa stratégie "ambitieuse" d'engagements bilatéraux de l'UIE veillera à la mise en oeuvre des accords, au respect de la règle de droit et combattra les pratiques commerciales déloyales, garantissant une utilisation adéquate des instruments antidumping et antisubventions "là où c'est nécessaire et justifié". "L'ouverture récente d'une enquête sur les exportations de panneaux solaires chinois en est la meilleure preuve" a insisté M De Gucht (qui aurait pu également évoqué d'autres dossiers n'impliquant pas la Chine ; par exemple : L'Union européenne (UE) demande la permission de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) d'imposer des sanctions commerciales d'environ 9 milliards d'euros par an aux Etats-Unis), soulignant néanmoins l'importance de leur utilisation "à bon escient, quand les conditions pour le faire sont pleinement remplies ". "Personne n'a intérêt à une gestion 'politique' des instruments de défense commerciale, qui ne ferait que les affaiblir", a ajouté le commissaire, tout en rappelant qu'il a déjà mis en route un projet de réforme qui les adaptera à l'évolution de l'économie mondiale "sans changer les équilibres fondamentaux qui les sous-tendent".
Pour mener à bien sa stratégie, M. De Gucht compte sur le soutien de tous les Etats membres, la France en tête, et de sa ministre du Commerce, Nicole Bricq. "Les difficultés sont nombreuses et c'est normal. mais certains intérêts sectoriels spécifiques nous poussent trop souvent à changer de cap, voire à faire marche arrière. Ce n'est pas une option pour l'UE dans la conjoncture actuelle. Nous ne tirerons pleinement parti du nouvel ordre du monde qu'en le modelant à notre avantage, pas en lui tournant le dos" a-t-il conclu. (NDLR Regards-citoyens.com : voir à cet égard les limites de la capacité de l'Union à influencer ses partenaires : Influence européenne : la nécessité d'un changement de paradigme, par Elvire Fabry (Notre Europe – Institut Jacques Delors))
Source : Agence Europe
Voir également :
* Politique commerciale : l’UE établit une stratégie active pour les cinq prochaines années
* Le libre échange toujours au centre des priorités !
* Zoom sur la nouvelle politique commerciale de l'Union européenne
* G20 : Déclaration finale (Los Cabos - 19 juin 2012)
* Retour sur quelques décisions adoptées lors du sommet du G20 de Los Cabos les 18 et 19 juin 2012
* Commerce international : l’Union européenne en quête de réciprocité
* Antidumping : la Chine toujours la première cible des enquêtes
* Effervescence autour de la perspective du libre-échange transatlantique