Ce blog est destiné à stimuler l'intérêt du lecteur pour des questions de société auxquelles tout citoyen doit être en mesure d'apporter des réponses, individuelles ou collectives, en conscience et en responsabilité !
3 Janvier 2011
Le lecteur trouvera ci-après un extrait de l'article de Fanny Picard, présidente d’Alter Equity, intitulé "Retraites : Pour une autre forme de capitalisme" publié dans l'édition du quotidien « Les Echos » en date du 3 janvier 2011 :
« Peut-on encore écrire, aujourd’hui en Occident et demain dans le reste du monde, que« la seule responsabilité sociale d’une entreprise est d’accroître son profit » ?
Dans la filiation de la pensée de Friedman, l’intérêt de l’actionnaire a, depuis une quarantaine d’années, constitué l’objectif prépondérant de l’entreprise.
Mais cette « shareholder value » s’est construite en dépit de l’intérêt des autres parties à l’activité de l’entreprise. Salariés, environnement, clients et fournisseurs – les « stakeholders » – ont été les perdants de cette radicalisation.
Ainsi, pour ce qui concerne les salaires : entre 1980 et 2006, leur part dans la valeur ajoutée des entreprises est tombée de 67 % à 57 % en moyenne dans les 15 pays les plus riches de l’OCDE, soit, pour la seule France, environ 190 milliards d’euros par an.
Parallèlement, l’épuisement de ressources non renouvelables, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité et les manques d’eau constituent autant de signaux puissants quant aux risques que ce modèle économique fait peser sur l’environnement.
Le modèle libéral, supposé succéder vertueusement à l’échec de l’utopie collectiviste a donc marqué ses limites.
Il est désormais clairement établi que « la main invisible du marché », qui devait nous conduire à l’intérêt général par la somme des intérêts individuels maximisés, n’a pas atteint cet objectif, et a au contraire entraîné un niveau de risque global élevé. »