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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 08:34

Israël a décidé d’annuler la libération du dernier groupe de prisonniers palestiniens prévue dans le cadre des pourparlers de paix, a déclaré, jeudi 3 avril, un responsable israélien. Les négociateurs israéliens ont informé leurs homologues palestiniens du refus d’Israël d’honorer la promesse de relâcher vingt-six détenus au cours d’une réunion dans la nuit de mercredi destinée à éviter un échec des pourparlers, a ajouté ce responsable, qui a requis l’anonymat.

Israël réagissait ainsi à la décision de l’Autorité palestinienne de demander son adhésion à quinze accords et traités internationaux, a expliqué une source proche des négociations. Tel-Aviv réclame désormais un bilan de ces pourparlers directs, qui se déroulent sous l’égide des Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat états-unien, John Kerry, avait appelé mardi « les deux parties à faire preuve de retenue ».

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, avait annoncé mardi ces demandes d’adhésion, peu après l’annonce d’un nouvel appel d’offres par le gouvernement israélien pour la construction de sept cent huit logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Les Palestiniens ont rétorqué que le refus d’Israël de relâcher ce dernier groupe de prisonniers les libérait de leur promesse de ne pas chercher la confrontation avec Israël aux Nations unies ou au sein d’autres instances internationales.

ESCALADE DIPLOMATIQUE

Parmi les textes signés mardi par Mahmoud Abbas figurent les conventions de Genève, les traités internationaux fixant les règles de protection des personnes en cas de conflit armé et d’occupation. Les Palestiniens espèrent que leur adhésion à ces traités leur permettra de saisir plus facilement la Cour pénale internationale (CPI), notamment au sujet de la poursuite de l’occupation des terres palestiniennes saisies par Israël pendant la guerre de 1967.

Américains et Israéliens ont toujours dit que la stratégie de M. Abbas visant à obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine par le biais d’une adhésion aux agences des Nations unies entraînerait de leur part des représailles. C’est ce qui s’est passé lorsque la Palestine est devenue membre à part entière de l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture), en octobre 2011, puis Etat observateur non-membre de l’Organisation des Nations unies, en novembre 2012.

Ainsi, parallèlement à cette escalade diplomatique, les Palestiniens multipliaient-ils les déclarations conciliantes. « Nous tourner vers certaines agences de l’ONU ne signifie pas que nous interrompons totalement le processus de paix », avait dit le négociateur palestinien Mohamed Chtayyeh.

La tactique onusienne des Palestiniens met en péril les négociations

Les négociations israélo-palestiniennes ont toujours comporté une part de psychodrame. En dépit d’une brusque détérioration des relations entre les deux parties, la décision de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, d’adhérer à quinze conventions et traités internationaux pourrait relever, selon certains observateurs, d’un tel registre : « Les Palestiniens, explique un diplomate européen, ne pouvaient que réagir à la décision d’Israël de ne pas relâcher, comme il s’y était engagé, le dernier groupe de 26 prisonniers palestiniens. Ils ont choisi de le faire en commençant à mettre à exécution la menace qu’ils laissent planer depuis longtemps d’obtenir une reconnaissance des Nations unies. »

« Il est cependant probable que les Israéliens vont finir par relâcher ces prisonniers, et les Palestiniens, qui ont voulu, au travers de cet épisode, rétablir la crédibilité de leur menace, n’auront plus qu’à suspendre la démarche qu’ils viennent d’entreprendre », poursuit cet expert du dossier. Ainsi s’exprime la thèse optimiste. L’autre lecture des événements qui se sont succédé depuis quarante-huit heures incite à penser que l’atmosphère de crise n’est pas feinte, et que le processus de paix, relancé en juillet 2013 après trois ans de coma, est sur le point de s’effondrer.

La Palestine "va payer cher" son pas vers l’ONU

Les Palestiniens vont "payer cher" leur décision de relancer leurs démarches d’adhésion aux agences de l’ONU et traités internationaux, a averti mercredi un ministre israélien, les menaçant de sanctions économiques, voire d’annexion de territoires de Cisjordanie.

"S’ils menacent maintenant (de se tourner vers les institutions de l’ONU), ils doivent savoir une chose : ils le paieront cher", a déclaré à la radio publique le ministre du Tourisme Uzi Landau.

Annexion

Ce dernier n’a pas exclu la possibilité pour Israël d’annexer des portions de territoire palestinien occupé.

"L’une des mesures possibles serait pour Israël d’appliquer sa souveraineté sur des secteurs qui feront clairement partie de l’Etat d’Israël dans le cadre de toute solution future", a menacé M. Landau.

Le ministre faisait référence aux secteurs de la Cisjordanie occupée où sont implantés des colons juifs, Israël espérant conserver ces zones après un futur accord de paix. Israël pourrait aussi prendre des mesures de rétorsion économique en intervenant "pour bloquer leurs aides financières".

Adhésion

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé mardi que la direction palestinienne avait décidé de demander l’adhésion à 15 agences et traités internationaux.

Cette décision intervient peu après l’annonce d’un nouvel appel d’offres par le gouvernement israélien pour 708 logements dans le quartier de colonisation de Gilo, à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Un accord conclu sous l’égide du chef de la diplomatie américaine John Kerry a permis la reprise en juillet pour neuf mois des négociations de paix, un délai arrivant à échéance le 29 avril.

Libération

En vertu de cet accord, la direction palestinienne avait suspendu jusqu’à la fin des pourparlers toute démarche d’adhésion aux organisations et conventions internationales auxquelles le statut d’Etat observateur obtenu en novembre 2012 à l’ONU lui donne accès.

En contrepartie, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993, dont les trois premiers groupes ont été relâchés. Mais le dernier contingent n’a pas été libéré comme prévu samedi dernier.

A la suite de l’annonce palestinienne mardi soir, M. Kerry a annulé une visite prévue mercredi à Ramallah pour rencontrer M. Abbas.

Source : http://www.jforum.fr/forum/israel/article/israel-palestine-fini-les

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 15:00

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a dit rester "optimiste" sur la possibilité d'un accord entre Israéliens et Palestiniens, malgré le scepticisme général entourant les pourparlers de paix relancés en juillet dernier par Washington, samedi lors de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité.

L'objectif des Américains est de définir d'ici fin avril le cadre d'un accord intérimaire portant sur toutes les questions au coeur du conflit israélo-palestinien, notamment la sécurité, le statut de Jérusalem et le sort des réfugiés, avant d'ouvrir une nouvelle année de négociations censées déboucher sur un accord définitif permettant la création d'un Etat palestinien coexistant pacifiquement avec Israël.    

"Je suis optimiste et nous continuons à travailler", a déclaré John Kerry à Munich, où le "Quartet" des médiateurs pour la paix au Proche-Orient doit se réunir dans la journée pour étudier les moyens d'aider le secrétaire d'Etat américain dans ses efforts.

"Je crois fortement en cette possibilité, sinon je ne la poursuivrais pas", a dit John Kerry. "Je ne pense pas que nous soyons des utopistes (...). Nous travaillons dur parce que les conséquences d'un échec seraient inacceptables."

Le "Quartet" réunit Etats-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies.

Source : Reuters

Pour en savoir plus, voir notamment les articles de la rubrique intitulée : Israël, Palestine et Processus de Paix  

Voir notamment :

 * Et si la multiplication des crises au Proche Orient annonçait un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition) 

 * Council conclusions on the Middle East Peace Process (Foreign Affairs Council meeting - Brussels, 16 December 2013)

Voir également le site de Tony Blair, représentant permanent du Quartet au Proche Orient : http://www.quartetrep.org/

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 10:33

Le livre, cosigné par l’eurodéputée belge Véronique de Keyser et S. Hessel (celui-ci ayant relu différentes versions, rédigé l’introduction et impulsé la publication), et publié par Fayard, se veut à la fois un témoignage et une analyse de la politique européenne, menée au Moyen-Orient entre 2005 et 2012. Une réflexion sur le comment, le pourquoi, les mécanismes, qui ont mené à la situation actuelle. Au travers d’une description chronologique, les auteurs présentent et expliquent les faits les plus significatifs du processus de paix depuis 2005 (élections 2006, sanctions internationales, opération « Plomb durci », printemps arabe). Ils y incorporent leur analyse et leur critique.

Comme Stéphane Hessel (disparu il y a presqu’un), Veronique De Keyser partage ce sentiment de responsbailité envers la Palestine, mais avec une perspective différente. Autant Hessel centrait ses interrogations sur le droit international, remettant en question les responsabilités dans le conflit israelo-palestinien, autant l’eurodéputée belge, spécialiste du Moyen-Orient chez les Socialistes européens, présente une analyse plus politique. Ayant pris part à différentes missions d’observation des élections palestiniennes et rencontré nombre d’acteurs au Moyen-Orient — de Jimmy Carter à Mahmoud Abbas, de Michel Rocard à Dov Viceglass et Javier Solana, Véronique de Keyser – que B2 a rencontrée (*) – souligne combien « le fil conducteur du livre a été Mahmoud Abbas, personnage peu charismatique, qui a été limité par la communauté internationale mais qui s’est aussi laissé limiter. » Le titre original du livre était d’ailleurs « Abbas, la trahison européenne » ».

Pour eux, l’Union européenne n’a pas été à la hauteur de son statut de défenseur de la démocratie et des attentes du peuple palestinien. Sa politique est décrite comme une « trahison », une « lâcheté »… Les occasions manquées étant trop nombreuses et successives.« L’Europe aurait pu, en tant que soft power, peser sur Israël, pour lever le siège de Gaza, pour geler l’expansion des colonies si elle l’avait voulu. » Au contraire. Sans rehausser le statut de ce pays – gelé formellement depuis l’Opération « Plomb durci » – l’Europe a continué à multiplier ses contrats avec Israël. Malgré tout, De Keyser « refuse de croire qu’il n’y a pas d’espoir ». Les négociations actuelles sont une « ultime chance pour un accord de paix dans les conditions et formats habituels » souligne-t-elle

(*) Interview à paraitre sur B2 Le Club

• Palestine, la trahison européenne, Stéphane Hessel et Véronique De Keyser, Editions Fayard, novembre 2013, 280 p., 18 euros

Cet article a été préalablement publié sur le site Bruxelles2.eu : http://www.bruxelles2.eu/lectures-du-week-end-2/palestine-la-trahison-europeenne-par-v-de-keyser.html

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12 janvier 2014 7 12 /01 /janvier /2014 15:18

Une cinquantaine de personnes ont été blessées, dimanche 12 janvier, dans des heurts entre policiers palestiniens et habitants d'un camp de réfugiés qui manifestaient leur colère à l'encontre des conséquences de la grève des employés de l'UNRWA, ont déclaré des policiers et les services ambulanciers.

La manifestation qui a eu lieu dans le camp de Djalazoun en Cisjordanie occupée est la plus violente d'une série de protestations survenues cette semaine contre la grève, en cours depuis plus d'un mois, des employés de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés).

 

L'UNRWA emploie plus de 5.000 Palestiniens dans ses 19 camps, pour 730.000 réfugiés en Cisjordanie. L'agence onusienne a été contrainte de fermer des écoles et des cliniques et de suspendre la collecte des ordures depuis le commencement de la grève, lancée à l'appui de revendications salariales.

Au moins 40 policiers ont été blessés par des pierres lancées par des manifestants, a déclaré un porte-parole de la police. Les agents ont riposté en lançant des cailloux en direction de la foule et en tirant des gaz lacrymogènes, ou encore par des tirs de sommation, qui ont fait au total plus de 10 blessés, ont déclaré les services ambulanciers.

"La situation dans les camps est intolérable: pas d'écoles, pas de cliniques, et les ordures qui s'entassent partout", a témoigné un habitant de Djalazoun, Mohammed Nadjar.

Au cours des manifestations, les protestataires ont également bloqué des routes et brûlé des pneus.

Pour Adnan Al Dmairi, porte-parole des forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie, les autorités sont de tout coeur aux côtés des habitants des camps de réfugiés touchés par la grève, mais elles ne toléreront pas pour autant le désordre.

Source : Reuters

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 17:57

Israël et les Palestiniens ont accompli des progrès vers un accord cadre destiné à parvenir à la paix, a déclaré samedi 4 octobreJohn Kerry.

"Je suis certain que les entretiens que nous avons eus ces deux derniers jours ont d'ores et déjà (...) résolu certains problèmes et fourni de nouvelles opportunités pour d'autres", a dit le secrétaire d'Etat américain après environ trois heures de discussion à Ramallah, en Cisjordanie, avec le président palestinien Mahmoud Abbas.    

John Kerry doit ensuite rencontrer ce samedi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, à Jérusalem.

Il multiplie les navettes diplomatiques dans la région pour favoriser l'avancée des négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens, qui ont repris le 29 juillet sous l'égide des Etats-Unis.

John Kerry a en outre annoncé qu'il se rendrait dimanche en Jordanie et en Arabie saoudite pour discuter avec les souverains de ces deux pays des discussions de paix israélo-palestiniennes.

Source : Reuters

Voir également : Géopolitique fiction : et si la crise syrienne annonçait un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition)  

 

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 13:30

Les accords de paix israélo-égyptien de Camp David ont sanctuarisé la péninsule du Sinaï en tant que « zone tampon » entre ces deux pays. La démilitarisation de la région, garantie par ce traité depuis 1979, est pourtant remise en cause par une instabilité sécuritaire croissante depuis la révolution égyptienne de 2011, comme en témoigne l’attentat du 20 novembre 2013 ayant coûté la vie à au moins 10 soldats égyptiens. Les informations sur l’origine et les revendications des groupes terroristes opérant au Sinaï sont floues et souvent contradictoires. Récemment qualifié par certains analystes de « nouvel Afghanistan du djihadisme international », le Sinaï est avant tout au cœur d’enjeux locaux dans lesquels ses voisins palestiniens et israéliens ont un rôle de premier ordre à jouer.

« Relations internationales » : cette rubrique du Diploweb.com analyse un thème précis à travers différentes publications dans une autre langue que le français, issues de revues ou d’instituts spécialisés dans les relations internationales. L’objectif est ici de présenter une étude approfondie d’un sujet ayant fait l’objet d’un traitement médiatique particulier durant les dernières semaines. Cette édition présente des publications en langue anglaise : Brookings Institution, Egypt Independant, Haaretz

Rapprochement entre l’Egypte et Israël sur la question du Sinaï

Brookings Institution

LE think tank américain Brookings Institution, dirigé par Strobe Talbott, qui fut secrétaire d’état adjoint de l’administration Clinton durant 7 ans, a créé en 2002 un département dédié au Proche-Orient, le Saban Center for Midlle East Policy, qui entend « promouvoir la paix israélo-arabe » tout en « préserv[ant]les intérêts américains au Moyen-Orient » [1]. Cet institut consacre son rapport d’octobre 2013 à la question sécuritaire dans le Sinaï, dont le règlement constituerait l’opportunité « d’une coopération inattendue entre l’Egypte, Israël et le Hamas » [2]. Derrière ce titre volontairement utopique, son auteur Zack Gold, ancien analyste à l’Institut international pour la Recherche sur le Terrorisme, s’attache tout d’abord à étudier précisément les causes de l’embrasement de la péninsule en évitant les clichés simplificateurs de la « poudrière régionale » et du « jeu de dominos » des printemps arabes.

Il revient notamment sur les relations conflictuelles qu’entretient traditionnellement la population locale du Sinaï avec le pouvoir central égyptien. Les Bédouins, qui constituent la majorité des 700 000 habitants de la péninsule, font régulièrement état de leur sentiment de constituer des citoyens de seconde zone, fortement discriminés dans l’accès à l’emploi, que ce soit dans le secteur touristique des villes balnéaires du sud du Sinaï ou dans l’ « appareil sécuritaire régional », c’est-à-dire la police et l’armée. Ces dernières, qui sont les principales cibles des attentats depuis le renversement de Hosni Moubarak en février 2011, cristallisent le mécontentement des populations locales depuis bien plus longtemps. Lorsque Zack Gold mentionne les nombreux « abus policiers » et « violations des droits » des civils, il fait ainsi référence à la violente répression orchestrée par les autorités égyptiennes à la suite des attentats de Taba et de Sharm el Sheykh en 2004 et 2005, et dénoncée l’année suivante par l’ONG Human Rights Watch [3] comme une campagne d’ « arrestations de masse » et de fréquents recours à la torture.

C’est dans ce contexte de stigmatisation de l’ensemble des habitants du Sinaï que s’est forgé un antagonisme entre les Bédouins et ceux qu’ils nomment eux-mêmes « les Egyptiens » [4], c’est-à-dire la population du delta du Nil. Les chefs tribaux ont longtemps constitué un relais de la politique sécuritaire du gouvernement dans la péninsule. La rupture de ce lien est aujourd’hui considérée par de nombreux observateurs comme une des causes majeures de la montée en puissance des groupes terroristes, qui bénéficieraient de complicités parmi la population bédouine.

C’est cependant Gaza qui est pointée du doigt par les militaires au pouvoir depuis le renversement du président Morsi le 3 juillet 2013. En effet, les chefs d’état major, suivis par les médias hostiles aux Frères Musulmans, préfèrent « inculper le Hamas », allié de la confrérie et ainsi « lier les islamistes égyptiens […] aux crimes perpétrés », note Zack Gold. Ainsi les militaires, qui n’ont eu cesse de reprocher à Mohamed Morsi son manque de fermeté « face au terrorisme salafiste-djihadiste », considèrent aujourd’hui que les Frères Musulmans sont directement impliqués dans ces attentas.

Si une augmentation des attentas dans le Sinaï a bien été constatée depuisle départ de Morsi, ce double discours des militaires sur le terrorisme dans la région semble incohérent compte tenu des divergences entre le Hamas et les groupes djihadistes invoqués. En revanche, ces accusations ont d’une part permis aux militaires de discréditer l’action de Morsi durant son mandat, puis de justifier la traque de ses partisans à partir du mois de juillet 2013.

Egypt Independant

L’éventualité d’une instrumentalisation des actes terroristes dans la péninsule est renforcée par le « blackout médiatique [5] » imposé par l’armée à propos de ces évènements, écrit le reporter Drew Brammer dans la version anglaise du quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm. Dans cet article intitulé « Sinaï : peut-on dire la vérité ? », il s’interroge sur les raisons de l’arrestation de son confrère Abu Draa qui était devenu « célèbre depuis qu’un de ses reportages dans le Sinaï avait reçu un prix ». Peu de temps après avoir fait état sur les réseaux sociaux d’un « raid militaire ayant ciblé des habitations de civils dans la région », ce journaliste s’est vu condamné par une cour militaire à une suspension de ses activités pendant une période de 6 mois pour avoir « diffusé de fausses informations ».

L’armée refuse en effet de mentionner d’éventuelles victimes civiles dans la campagne qu’elle mène contre les activistes ayant trouvé refuge dans ce vaste territoire de 60 000 km2. Lors d’une conférence de presse le 19 septembre 2013, le colonel Ali, porte-parole de l’armée, faisait ainsi état de 125 morts du côté des militaires depuis janvier 2011, et de 134 victimes parmi « les miliciens », aussi parfois désignés comme « Palestiniens » [6]. Selon Mouna Elzamlout, une reporter locale interrogée par Drew Brammer, il est aujourd’hui très compliqué de contredire la version officielle : le pouvoir « utilise Abu Draa pour intimider l’ensemble des journalistes ». Ces derniers « ont peur de publier quelque chose qui serait perçu comme antimilitaire », poursuit Brammer.

De plus, l’opinion publique semble se satisfaire en partie de cette situation. Les images des 25 corps des policiers froidement abattus le 19 août 2013 suite à une embuscade près de la frontière avec Gaza, ont particulièrement choqué dans tout le pays. Mohannad Sabry, spécialiste du Sinaï, regrette dans le journal en ligne Al-Monitor que les représentants des tribus bédouines n’aient pas été « plus loin que la [simple] condamnation » [7] de cet attentat. Selon lui, l’attitude de spectateur adoptée par les Bédouins « a ouvert la voie » à la recrudescence des actes terroristes alors que les « activistes craignaient jusque-là l’autorité des tribus locales lourdement armées ». Celles-ci avaient même prouvé qu’elles étaient capables de « remplir un rôle de médiation avec les forces de sécurité », notamment au cours de la libération au mois de mai 2013 de 7 militaires pris en otage.

Mais les Bédouins sont aujourd’hui vus dans le reste de l’Egypte comme tirant profit de cette zone de non-droit pour développer leurs activités de trafic vers Gaza par les tunnels de contrebande et surtout vers Israël.

Haaretz

L’Etat hébreu achève en 2013 la construction d’une barrière de sécurité le long de sa frontière avec l’Egypte, notamment pour endiguer l’afflux d’immigrants illégaux venus du Soudan et de la Corne de l’Afrique, via les réseaux de passeurs bédouins. Cet édifice est également emblématique de la volonté affichée d’Israël de circonscrire les problèmes sécuritaires dans le Sinaï au territoire égyptien, alors même que la région a servi plusieurs fois de base à des incursions meurtrières sur son sol.

Les militaires israéliens sont en effet très inquiets de la récente montée en puissance de certains groupes terroristes opérant à quelques kilomètres de la frontière. Comme le préconise le rapport publié par la Brookings Institution, le pouvoir égyptien a donc aujourd’hui tout intérêt à coopérer avec l’Etat hébreu dans sa lutte contre ces activistes. Une affirmation largement confirmée en coulisses des deux côtés. Selon des sources anonymes de l’armée israélienne citées par Al-Monitor, « la coopération [entre les services de renseignement des deux pays] dépasse tout ce dont on a pu rêver sous Moubarak » [8]. On constate même un alignement des responsables de Tsahal avec le diagnostique des militaires égyptiens. Interrogé par le quotidien israélien Haaretz, le général Padan attribuait les attaques dans le Sinaï à des groupuscules djihadistes « affiliés au réseau terroriste international d’Al-Qaïda » [9] et recevant de l’aide logistique et matérielle de la part des Comités de Résistance Populaire à Gaza. Le général Gilad a même été plus explicite en félicitant l’armée égyptienne pour leur « campagne contre le terrorisme », indiquant que « ce qu’ils font est très impressionnant » [10] tout en niant toute implication directe d’Israël. Une référence à peine masquée au bombardement sur le sol égyptien ayant tué 5 activistes présumés le 9 août 2013 et attribué par de nombreux observateurs et certaines sources militaires égyptiennes à un tir de drone israélien.

La « collaboration inattendue entre l’Egypte, Israel et le Hamas » promue par Zack Gold semble donc être déjà effective entre les services israéliens et égyptiens. C’est en revanche loin d’être le cas concernant le mouvement palestinien. Le soutien de l’Etat hébreu au nouveau gouvernement du Caire sur ce dossier avalise les accusations proférées par les militaires egyptiens contre le Hamas. Une complicité pourtant contradictoire avec le soutien présumé que recevraient les activistes du Sinaï de la part de la mouvance djihadiste internationale : comme le soulignait dès 2011 Daniel Byman, analyste au sein du Saban Center for Midlle East Policy, un rapprochement du Hamas avec Al-Qaïda est fortement improbable en premier lieu parce que le mouvement palestinien aurait beaucoup plus à y perdre qu’à y gagner [11].

Sur le plan régional, les prises de position égyptiennes et israéliennes autour de la question sécuritaire de la péninsule du Sinaï confirment ainsi l’isolement diplomatique du Hamas depuis la chute des Frères Musulmans en Egypte.

Copyright Décembre 2013-Sand/Diploweb.com

. Voir le numéro précédent de cette rubrique : Géopolitique de l’eau

Source : http://www.diploweb.com/Relations-internationales-01-2014.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NEWSLETTER_7__05012014&utm_medium=email

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 16:01

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, est arrivé jeudi 2 janvier 2014 en Israël pour une nouvelle mission destinée à relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes.

Cette visite, sa dixième dans la région en moins d'un an, vise à jeter les bases d'un "accord-cadre" qui touchera aux questions clés du conflit proche-oriental et pourrait faciliter à terme l'avènement d'un Etat palestinien indépendant, ont déclaré des responsables américains.

Sur les questions du tracé des frontières, de la sécurité, des réfugiés ainsi que sur le statut futur de Jérusalem, les dirigeants palestiniens et israéliens ont cependant semblé camper cette semaine sur des positions bien éloignées les unes des autres.

Le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Zeev Elkin a rejeté jeudi la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières d'avant la guerre des Six jours (1967), durant laquelle l'armée israélienne avait occupé la bande de Gaza, la Cisjordanie et la partie est, arabe, de Jérusalem.

"La vallée du Jourdain doit rester à jamais sous souveraineté israélienne", a estimé Zeev Elkin, faisant allusion à la zone frontalière avec la Jordanie, d'où les Palestiniens veulent voir les Israéliens se retirer complètement.

Mardi, le président de l'Autorité autonome palestinienne Mahmoud Abbas a réitéré son appel à ce que les colons et soldats israéliens se retirent des zones occupées depuis la guerre des Six jours, ajoutant qu'il n'hésiterait pas à rejeter tout accord qui lui paraîtrait mauvais pour les Palestiniens.

PAS DE PERCÉE ATTENDUE

"Nous dirons 'oui' à toute idée qui ira dans le sens de nos droits. Mais nous n'hésiterons pas un moment à dire 'non', quelles que soient les pressions, à toute proposition qui n'ira pas dans le sens des intérêts suprêmes de notre peuple", a-t-il dit lors d'un discours.

Le chef des négociateurs palestiniens Saëb Erekat a déclaré en décembre qu'un accord-cadre pourrait permettre de proroger d'un an les négociations en cours. Cette semaine, cependant, il a estimé que les négociations, placées sous l'égide des Etats-Unis, "allaient à l'échec", et il a menacé d'assigner Israël devant la Cour pénale internationale (CPI).

S'adressant mardi aux journalistes, un haut responsable du département d'Etat américain a déclaré que John Kerry n'attendait pas de percée particulière au cours de sa nouvelle visite, pendant laquelle il verra à plusieurs reprises, séparément, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et Mahmoud Abbas.

Selon ce responsable, qui s'est exprimé sous le sceau de l'anonymat, un accord-cadre servirait de fil rouge en vue de la conclusion d'un traité de paix à part entière d'ici la fin avril.

Source : Reuters

Voir également  l'article de ce blog intitulé Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d'abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions, et tirer les véritables leçons ! - nouvelle édition ainsi que les articles auxquels il renvoie.

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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 08:23

Le conflit qui oppose Palestiniens (bien au-delà de la seule Autorité palestinienne) et Israéliens (bien au-delà du seul Etat d'Israël) n'est pas un conflit comme les autres !

Tout le monde en convient !

Ne serait-ce que parce que la création de l'Etat d'Israël est le résultat d'un processus aussi légal en regard du Droit international défini par le système des Nations Unis que légitime en regard de l'Histoire.

Pour en savoir plus à son propos, le lecteur peut consulter sur ce blog le dossier que l'ONU a consacré à la Palestine (http://www.un.org/french/Depts/palestine/history.shtml) 

En 2002, le Conseil de sécurité a adopté un certain nombre de résolutions dans lesquelles il se déclarait profondément préoccupé par l’aggravation de la situation et exigeait la cessation immédiate de tous les actes de violence et de tous les actes de terreur et le retrait des troupes israéliennes des villes palestiniennes et demandait que le droit international humanitaire soit respecté.

Dans une résolution historique adoptée en mars 2002, le Conseil de sécurité s’est déclaré attaché à la vision d’une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres.

La « Feuille de route » conçue pour réaliser cette vision (http://www.un.org/french/Depts/palestine/quatuor.shtml), qui a été élaborée par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Fédération de Russie et ONU), prévoyait que les Israéliens et les Palestiniens agiraient parallèlement de façon à aboutir à un règlement définitif et global à la fin de 2005. Les deux parties ont pris le ferme engagement d’appliquer la Feuille de route au sommet d’Aqaba en juin 2003. Le Conseil de sécurité a approuvé la Feuille de route en novembre 2003.

Malgré quelques signes de progrès, le cycle de la violence, des représailles et de la revanche s’est poursuivi et le processus de paix s’est enlisé. 

La recherche d'un règlement pacifique au Moyen-Orient se heurte à un certain nombre de questions qui restent en suspens :

Le Président B. H. Obama, le Président N. Sarkozy et la Chancelière A. Merkel s'emploient à rechercher avec l'Etat d'Israël, l'Autorité palestinienne, leurs partenaires du Quatuor ou Quartette (USA, UE, ONU, Russie), l'Egypte, la Turquie, les différentes dynasties du Golfe, la ligue des Pays Arabes, la Syrie, le Liban, la Jordanie, etc., les conditions d'une reprise de négocations sérieuses en vue d'un règlement - définitif - du conflit.
Feu le processus de paix pourrait renaître de ses cendres, tel le phoenix ! A la seule condition que les termes de ces nouvelles négociations ne soient pas à leur tour source de nouveaux embrasements, et qu'ils soient en mesure de dissiper les crispations des parties au processus en cours, un processus des plus vain et vaniteux à la fois.
L'histoire récente offre une illustration éloquente à maints égards de ce que la Communauté internationale parvient à produire pour mettre un terme à un conflit ayant des ressorts à la fois politiques, ethniques et religieux : accorder un statut d'Etat indépendant à l'un de ses protagonistes, placer ce nouvel Etat en construction sous la protection et la 'perfusion' financière et économique de la Communauté internationale et offrir à l'ensemble des protagonistes une perspective commune d'intégration à des structures supranationales, étayer cette perspective par le déclenchement immédiat d'un processus de stabilisation et d'association (cf. notamment à cet égard les termes de la résolution 1244 : http://www.un.org/french/docs/sc/1999/99s1244.htm ; les termes du rapport Ahtismaari sur le statut futur du Kosovo :  http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/rapport_Ahtismaari.pdf ) .
La solution retenue par l'ONU et entérinée par le Conseil européen à l'égard du Kosovo constitue-t-elle pour autant une formule de référence pertinente pour la création d'un Etat Palestinien souverain, viable et sûr, et  qui offre en même temps l'ensemble des garanties régionales et internationales attendues ?

Cinq Etats-membres de l'Union européenne sur 27 n'ont à ce jour toujours pas reconnu la République du Kosovo, laquelle vient d'être admise au FMI, alors que tous ont finalement accepter d'accorder à la Serbie le bénéfice d'un accord d'association et de stabilisation avec l'Union européenne. Et pourtant, les choses progressent !
Cette situation semble comparable, dans une certaine mesure, avec celle que l'on rencontre au Proche-Orient.
La mise en oeuvre effective des plans d'action associés aux accords bilatéraux UE - Pays X établis avec cette partie du voisinage de l'Union européenne dans le cadre de sa politique de voisinage, y inclus leur dimension sécuritaire (cf. La propagation de la sécurité : l’Europe et la schengenisation de la Politique de voisinage, par Ruben Zaïoti (Revue Cultures & Conflits) ), le lancement du processus instaurant une Union pour la Méditerranée simultanément à celui du processus visant à établir un "upgrading" des relations de l'Etat d'Israël avec l'Union européenne (" tout sauf les institutions") engagé avant les évènements dramatiques de décembre 2008 - janvier 2009, le support multiforme de l'UE à l'autorité palestinienne, etc., participaient indubitablement de cette même volonté partagée que celle qui se manifesta au sein du Conseil européen à l'égard du Kosovo (cf. la Déclaration sur le Kosovo adoptée par le Conseil européen du 18 juin 2005 : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/kosovo_650/colonne-droite_2743/textes-reference_2741/declaration-sur-kosovo-adoptee-par-conseil-europeen-du-18-juin-2005_14288.html ).
Mais le Proche-Orient est une région complexe où se déploient des jeux d'acteurs d'acteurs 'ambivalents' ! Les Pays qui le constituent n'ont pas - spontanément - vocation à intégrer les " structures euroatlantiques " ! Les mobiles qui ont présidé à la création de l'Etat d'Israël n'ont rien en commun avec ceux qui ont conduit à la création de nouveaux Etats après l'éclatement de l'ancienne Fédération de Yougoslavie.
Comme l'ont constaté - publiquement - nombre des intervenants à une table ronde organisée par la Commission européenne sur les leçons tirées à propos du conflit du proche-orient dans le cadre de sa conférence des 2 et 3 juin 2009 intitulée : "Making the difference - strengthening capacities to respond to crisis and security threats ",  " aucune leçon n'a été véritablement tirée par quiconque ni des échecs et des ouvertures obtenues lors des processus antérieurs, ni des impacts in situ des initiatives unilatérales qui ont été prises par l'une ou l'autre des parties " ; et pis encore, " le respect des principes, des valeurs et des règles de l''Etat de droit ne constitue désormais plus ni pour Israël ni pour les forces politiques en présence dans les territoires palestiniens l'alpha et l'oméga de leur propre action politique ! ".
Commençons d'abord par tirer les vraies leçons en regardant la réalité en face !

Qui a vraiment cherché jusqu'ici à amener les dirigeants de l'Etat d'Israël à s'acquitter des obligations établies par l'ONU, que celles-ci prennent ou non la forme de résolutions (cf. Retour sur image : "L'ONU appelle à la levée immédiate du blocus de Gaza" (Le Monde - 3 juin 2010) ) ?

La position souvent jugée radicale de l'Etat d'Israël ne saurait être assimilée à une simple posture ! Son opposition quasi systématique à la mise en oeuvre des résolutions adoptées par le Conseil de Sécurité des Nations Unies en atteste de la manière la plus démonstrative qui puisse être ! Le refus de la solution des deux Etats trouve sa justification dans la réalité géographique sur le terrain : il suffit de regarder la carte de la région pour mieux en saisir la portée réelle !
Comment les parties aux différentes négociations en cours - et en panne - peuvent-elles prétendre qu'il est possible de garantir à la fois la viabilité et la sécurité de ces deux Etats sans procéder à une profonde modification des frontières actuelles de la Région toute entière, ce qui exige de dépasser les propositions émises à propos des échanges de territoires ?
Comment peuvent-elles affirmer qu'elles s'emploient à rechercher les conditions les plus favorables pour garantir à Israël sa propre sécurité et sa viabilité à terme sans chercher à comprendre les raisons qui ont poussé cet Etat à poursuivre sa politique de colonisation et à prendre des mesures unilatéralement (cf. à cet égard Observer la Cisjordanie offre l’occasion de découvrir un extraordinaire laboratoire géographique ) ?

Comment le président français François Hollande peut-il s'être "laisser aller" à exiger un arrêt total et immédiat du processus de colonisation en Cisjordanie (cf. A Ramallah, Hollande demande "l'arrêt total et définitif de la colonisation" israélienne (Francetvinfo) ) alors qu'il sait parfaitement qu'il est évidemment impensable que l'Etat d'Israêl puisse un jour renoncer à contrôler ce territoire qui fait partie intégrante de sa zone de sécurité vitale ? Sauf à considérer que le double langage en la matière passerait bien aux yeux des dirigeants israéliens après les garanties apportées par la France dans le dossier nucléaire iranien  (cf. Nucléaire iranien : un parfum de revanche pour la diplomatie française, par Michel Colomès (LePoint.fr) ; Iran/Non prolifération : la position de la France aux Nations Unies et les textes internationaux de référence ou encore Accord "historique" sur le nucléaire iranien (Le Monde, AFP et Reuters) )!
Comment les dispositions relatives aux échanges de territoires entre Israêl et les territoires palestiniens actuels pourraient-elles concourir à déterminer l'assise territoriale d'un Etat palestinien à la fois viable et sûr : c'est à dire un Etat qui dispose de frontières reconnues, en même temps que d'une pleine capacité à les protéger, à assurer le contrôle et la gestion du trafic aérien au-dessus de son territoire, à assurer sa sécurité extérieure autant que sa sécurité intérieure, en toute souveraineté, et à développer une économie domestique à la mesure des besoins de ses populations autantg que des exigences des relations commerciales qu'il doit avoir la possibilité d'établir sans mettre en péril la recherche légitime d'équilibre de ses différentes balances (balance des paiements, etc.) ?
Ayons le courage et la force de n'avoir ni la vue basse, ni la mémoire courte !
A la suite des accords Sykes-Picot de 1916, la Société des Nations confia à la France le 25 avril 1920 à San Rémo un mandat A sur la Syrie et le Liban, détachés de la Turquie vaincue, le même type de mandat ayant été confié à la Grande-Bretagne sur la Palestine et l’Irak.
 
L’organisation administrative du mandat aboutit à la constitution de l’Etat de Syrie, formé des Etats d’Alep et de Damas et du sandjak d’Alexandrette (arrêté du 5 décembre 1924) avec Damas pour capitale, de l’Etat des Alaouites avec les sandjaks de Lattaquié et de Tartous (arrêté du 5 décembre 1924) avec Lattaquié pour capitale, de l’Etat du Djebel druze (arrêté du 24 octobre 1922) avec Soueida pour capitale et de l’Etat du Grand Liban (arrêté du 31 août 1920) dont l’indépendance fut proclamée le 1er septembre 1920 par le général Gouraud.

L’Etat du Grand Liban fut divisé, par arrêté du 1er septembre 1920, en quatre sandjaks : Liban-Nord ; Mont-Liban ; Liban-Sud et Bekaa et en deux municipalités autonomes : Beyrouth et Tripoli.

En juin 1941, les troupes anglaises pénétraient en Syrie et au Liban et, après la conclusion d’un armistice le 14 juillet avec les forces françaises, les deux territoires passaient sous le contrôle de la France libre – le Haut-Commissariat devenant par la même opération la Délégation générale de la France libre au Levant. L’indépendance de la Syrie et du Liban fut proclamée en septembre et novembre 1941 mais ne devint effective qu’à la fin de la guerre. Les dernières troupes françaises et anglaises n’évacuèrent les deux Etats qu’en 1946.
Le 14 mai 1948, alors que les derniers soldats britanniques quittent le territoire, David Ben Gourion proclame la création de l'Etat d'Israël dans le cadre des frontières délimitées par les Nations unies. Le nouvel Etat est immédiatement reconnu par de nombreux Etats, dont la France, les Etats-Unis et l'URSS. Dès le lendemain, il est menacé de tous côtés par les armées de la Ligue arabe.  
Au cours des neuf mois qui suivent, les forces arabes ne parviennent à occuper que les territoires qui n'ont jamais été sous contrôle juif, à une seule exception près : la légion de Transjordanie investit Jérusalem. Les Nations unies délèguent sur les lieux un médiateur, le prince Bernadotte de Suède, pour tenter de mettre un terme aux hostilités. Mais il est assassiné le 17 septembre 1948, sans doute par le groupe Stern. L'Américain Ralph Bunch lui succède dans son entreprise et parvient à obtenir un accord d'armistice en février 1949. L'accord donne à Israël un territoire légèrement plus étendu que celui que prévoyait le découpage de l'ONU. L'Egypte conserve la bande de Gaza et le el-Auja sur le Néguev. Quant à la Transjordanie, rebaptisée Jordanie, elle annexe la majeure partie de la Samarie et de la Judée, sur la rive droite du Jourdain. Jérusalem reste coupée en deux. Le territoire arabe sous contrôle de l'ONU est désormais partagé entre Israël et la Jordanie
Est-il déraisonnable de requérir que soient réexaminées, avec le recul et l'objectivité nécessaires, les buts et objectifs, les insatisfactions de l'ensemble des protagonistes de ces conflits, de ces médiations et de ces décisions qui ont conduit le Proche Orient dans cette situation inextricable, en même temps que leurs  responsabilités respectives dans la formulation des ouvertures qui ont permis de sortir de chacun de ces conflits ?
Ne serait-ce que pour que les propositions qui seront mises sur la table du processus de règlement de ce conflit ne créent pas un terrain propice à la reproduction des mêmes effets au cours du XXIème siècle !
Demandons-nous, non pas à qui profite le crime, mais à qui profite l'absence de règlement du conflit au Proche Orient ?
Agissons pour que cessent enfin les doubles langages, et l'incitation - explicite ou implicite - à la violence qui les accompagnent ! 
Sachons reconnaître les erreurs de la Communauté internationale, et d'abord celles qui ont contribué à rigidifier et à sacraliser des propositions dont chacun sait qu'elles n'ont aucune chance d'être un jour mises en oeuvre !
Les bonnes volontés, les intelligences, les consciences, les énergies et les instruments ne manquent pas dans le Monde pour parvenir à dépasser les difficultés et les obstacles qui ont entravé les différents processus qui se trouvent en panne aujourd'hui ! Y compris en Israël et au sein de la diaspora juive, comme dans les Territoires palestiniens et au sein de la diaspora palestinienne, ou encore sur le Pourtour méditerranéen !

Mais faut-il encore que ces bonnes volontés, ces intelligences, ces consciences, ces énergies et ces instruments soient effectivement mobilisés par ceux qui monopolisent aujourd'hui les leviers du jeu diplomatique, malgré leur inefficacité notoire et/ou leur parti-pris idéologique !

Et ne restons pas les bras croisés afin que la Palestine puisse être elle aussi reconnue dans ses droits et ses frontières les plus légitimes ! Nous en sommes probablement encore loin (cf. Echec au Conseil de sécurité pour les Palestiniens (Le Monde) ) ... mais qui sait ce qu'il ressortira in fine de la crise syrienne ? (cf. Géopolitique fiction : et si la crise syrienne annonçait un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ? (nouvelle édition) ainsi que Zones maritimes : Les États-Unis font une nouvelle proposition au Liban et à Israël (L’Orient le jour - 30 novembre 2013)

NB : La première publication de cet article est intervenue le 6 juin 2010.

 Voir également à cet égard :

 * Pour en finir avec la politique de gribouille de la France en Méditerranée, par Roland Lombardi (pour JFC Conseil)

 * Retour sur images : Triste Orient (Le Monde)  

 * B. Obama : "A Moment of Opportunity in the Middle East and North Africa (May 19, 2011 Washington, DC)

 * Les Palestiniens veulent être membre à part entière de l'ONU

 * Les Palestiniens à l'ONU pour "changer les règles du jeu" (Le Point)

 * Etat palestinien : les Etats-Unis prônent des négociations directes avec Israël (Le Monde)

 * Le parlement européen pour la reconnaissance de la Palestine  

 * La reconnaissance d'un Etat palestinien sur base des frontières de 67 est d'un intérêt vital pour Israël (Collectif de signataires israéliens)

 * Proche Orient : De quoi parle-t-on lorsque l'on évoque 'les frontières d'avant 1967' ?)

 * B. Netanyahu exclut un retour aux frontières de 1967 pour Israël

 * Israël et la notion de « frontières défendables »

 * Nétanyahou veut réunir 30 pays de l'ONU hostiles à un Etat palestinien (Le Monde)

 * Il faut sauver le soldat "Israël" !

 * L'olivier, symbole du conflit israélo-palestinien, par Crispian Balmer (Reuters)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - première partie - (nouvelle édition)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - deuxième partie - (nouvelle édition)

 * Les atouts de l'Union européenne dans le dossier israélo-palestinien - troisième partie - (nouvelle édition)

 *Gaza: "Ne plus se contenter de sortir le chéquier mais s'impliquer largement", par Nicolas Gros-Verheyde (bruxelles2)

 * Proche Orient : une nouvelle enquête internationale ? Pour en faire quoi ensuite ?

 * Israël est bien membre de la Fondation internationale dédiée au contrôle démocratique des forces armées (DCAF) !

ainsi que :

 * Géopolitique fiction : et si les printemps arabes annonçaient un vaste chantier de reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l'est de la Méditerranée ?

 * Retour sur images : Sept messages pour redonner de l'espoir et une perspective au Proche Orient

 

 

 

 

 

 

 












 

 




 

 

 

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Published by ALMONIDE, ERASME & AVERROES - dans Israël - Palestine et Processus de Paix
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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 07:49

Voulant témoigner de cet évènement qui fut à l'origine de sa création, Regards-citoyens.com reprend ici la totalité d'une article du site tsahal.fr consacré à cette opération et publié 3 ans après son déclenchement. (cf. http://tsahal.fr/2011/12/27/il-y-a-exactement-trois-ans-tsahal-lancait-loperation-plomb-durci-a-gaza/)

Il y a cinq ans jour pour jour, Tsahal lançait l’Opération Plomb Durci à Gaza suite à la persistance des activités terroristes et des tirs de roquettes émanant de la bande de Gaza dirigés contre les civils israéliens.  Retour tout au long de la semaine et à travers différents articles sur le contexte, le déroulement et  les conséquences de l’Opération et la situation dans la bande de Gaza aujourd’hui.

Début de l’opération le 27 décembre 2008

Tsahal lance l’Opération Plomb Durci

Le 27 décembre 2008, le soir de l’allumage de la septième bougie de Hanoukka, et le dernier Shabbat de l’année, Tsahal lance l’Opération Plomb Durci à Gaza, dans le but de frapper les infrastructures et les rampes de lancement de roquettes du Hamas suite à la persistance des activités terroristes et des tirs de roquette émanant de la bande de Gaza et prenant pour cible des civils israéliens.

Vers midi, l’aviation israélienne entre en action, et commence à prendre pour cible les infrastructures du Hamas à Gaza, dont des tunnels souterrains de contrebande, des sites de lancement de roquettes et des entrepôts d’armes et de munitions.

Après deux jours de frappes exclusivement aériennes, Tsahal commençe à frapper à partir de la mer également. Les forces des différents corps d’armée attaquent des dizaines de cibles dans toute la bande de Gaza, telles que des entrepôts, des postes militaires, des tunnels, des rampes de lancement de projectiles vers Israël, et des sites de production et de stockage d’armes et de roquettes.

Parallèlement à ces frappes, Tsahal ouvre à plusieurs reprises les passages de « Kerem Shalom » et de « Erez » afin de permettre l’acheminement d’aide humanitaire, de nourriture, de médicaments, et d’ambulances à destination de la bande de Gaza. Dans un cas précis, Tsahal a même autorisé le transfert de deux enfants palestiniens blessés et de vingt malades chroniques depuis la bande de Gaza vers des hôpitaux israéliens afin qu’ils puissent recevoir le traitement médical nécessaire.

Pendant l’opération, Tsahal s’attaque aussi aux maisons des hauts responsables du Hamas. Dans la nuit du quatrième jour de l’opération, des avions militaires israéliens frappent les trois bâtiments du complexe du gouvernement du Hamas dans le quartier de Tel Awa, d’où étaient gérées les activités du Hamas, et leur soutien au financement, à la planification et à l’exécution d’activités terroristes. La vérification qui suit permet de mettre en évidence que les bureaux des ministres des affaires étrangères, des finances, du travail, de la construction et du logement, et le siège de l’organisation ont été complètement détruits.

Le bureau du chef de l’organisation terroriste du Hamas, Ismail Haniyeh, le bâtiment du conseil législatif à Gaza, et les maisons des hauts responsables du Hamas Nizar Rayyan et Amrin Nabil ont aussi été bombardés. Les maisons de Rayyan et de Nabil ont été ciblées pour les armes qui y étaient dissimulées. Rayyan et sa famille ont été prévenus au préalable de la frappe, mais ils ont refusé de quitter les lieux. En outre, Tsahal  frappe deux mosquées utilisées pour stocker des roquettes Qassam, des missiles Grad et de l’armement.

Deuxième phase de l’opération : mise en route des forces terrestres

Opération Plomb Durci

Le samedi, durant toute la journée, des avions de l’Armée de l’Air frapent des cibles terroristes dans la bande de Gaza, tandis que les forces terrestres de Tsahal se prépaient à la deuxième étape de l’opération.  A 20 heures, le signal est lancé. Une semaine après le début de l’opération, des troupes des  corps  blindé, d’infanterie, du génie militaire et d’artillerie pénètrent dans la bande de Gaza dans le but de frapper de façon très dure les infrastructures du Hamas dans leurs zones d’opération et de prendre contrôle de certaines rampes de lancement de l’organisation terroriste. Parallèlement en fin de journée, des dizaines de milliers de soldats réservistes sont convoqués par leurs unités pour se préparer à rentrer dans la bande de Gaza le lendemain.

Les forces terrestres impliquées dans l’opération effectuent des manœuvres terrestres sur toute l’étendue de la bande de Gaza et obtiennent de nombreux succès, le tout à l’aide d’une couverture des forces aériennes et navales : des dizaines de bâtiments piégés sont neutralisés, de nombreuses armes sont découvertes, des dizaines de terroristes sont arrêtés et ramenés en Israël pour y être interrogés, et enfin des centaines de terroristes sont blessés. Au cours d’une mission, des troupes parachutistes qui opèrent dans la zone d’El-Atatra au nord de la bande de Gaza trouvent une carte détaillant entre autres l’ensemble des endroits piégés à la bombe et les zones d’opération et de combat de l’organisation, y compris en plein milieu de la population civile.

L’acheminement de l’aide humanitaire à destination de la population civile de la bande de Gaza se déroule tout au long de l’opération. A cette fin, deux semaines après le début de l’opération, une « salle d’opération humanitaire » est mise en place à Tel Aviv pour gérer le transfert d’aide humanitaire et apporter une réponse au besoin d’aide logistique dont la population palestinienne avait besoin pendant l’opération. Simultanément, l’armée israélienne ordonne un cessez-le-feu quotidien de quelques heures afin de permettre à la population civile de Gaza d’acheter de la nourriture, du matériel, des médicaments et  du carburant.

Le 20ème jour de l’opération, un avion de combat de l’armée israélienne attaque un bâtiment à Jabaliya qui abrite les réunions des hauts dirigeants du Hamas, entre autres : Saïd Seyam, ministre de l’intérieur de l’organisation, et Salah Abou Jarrah, chef de l’appareil de sécurité intérieure. Cette attaque entraîne la mort du ministre de l’intérieur, et de nombreux terroristes sont blessés.

Des centaines de tunnels sont bombardés par l’aviation. Le point culminant de ces frappes aériennes est atteint lorsque l’Armée de l’Air détruit une centaine de tunnels en une journée seulement. A mesure que les forces terrestres progressent dans leur combat contre les infrastructures du Hamas,  on peut clairement distinguer une nouvelle tendance montrant que le nombre de tirs de roquettes sur le territoire israélien diminue.

Fin de l’opération après 22 jours de combats

 

Vingt-deux jours après le lancement de l’opération, la cabinet de sécurité israélien décide d’une cessation des hostilités dans la bande de Gaza.

La résolution rentre en vigueur à 2h du matin et le Général de Division Yoav Galant annonçe le redéploiement des forces israéliennes sur les différentes lignes de la bande de Gaza. Suite à cela, le Chef d’État-major Gabi Ashkenazi a rédigé une missive aux commandants et aux soldats de Tsahal, dans laquelle il écrit : « les objectifs fixés au début de l’opération ont été atteints dans leur intégralité. Les infrastructures et la structure même du Hamas ont été durement frappées, et ces nouvelles conditions changent considérablement la situation sécuritaire dans le sud de l’État d’Israël. »

Rapport Goldstone

Le rapport Goldstone publié en septembre 2009 affirmait que Tsahal a délibérément visé des civils de Gaza pendant l’Opération Plomb Durci et accusait le Hamas et Tsahal de crimes de guerre. Dès sa publication, ces accusations sont rejetées par l’armée israélienne.

Un an et demi après sa publication, le juge Goldstone a révisé sa position dans un éditorial pour le Washington Post, en affirmant que Tsahal n’avait pas mené une politique de ciblage des civils, contrairement au Hamas qui envoyait des roquettes à destination des centres de population civils israéliens.

Tsahal s’attache à opérer conformément au droit international, en particulier en ce qui concerne la protection des civils se trouvant dans les zones d’opération. Le Hamas pendant Plomb Durci utilisait régulièrement les civils de la bande de Gaza comme bouclier humain, en plaçant des caches d’armes à proximité des hôpitaux et des écoles.

Le 15 septembre 2009, une mission d’enquête créée pour enquêter sur les cas supposés de crimes de guerre durant l’opération militaire d’Israël dans la bande de Gaza à l’hiver 2008-2009. La mission, dirigée par le Juge sud-africain Richard Goldstone, présentait une analyse légale profondément biaisée et hautement problématique de la conduite israélienne avant et pendant l’opération.

Le 1er avril 2011, le Juge Goldstone a publié une tribune dans le Washington Post, « Réexaminer le Rapport Goldstone sur Israël et les Crimes de Guerre » dans laquelle il révisait dans une large mesure les positions-clés exprimées dans le rapport et présentait une nouvelle appréciation des activités de Tsahal pendant l’opération à Gaza.

Deux ans après la publication du rapport, Goldstone déclarait sans équivoque que la Mission d’Enquête ne disposait pas des informations pertinentes nécessaires pour tirer des conclusions fondées. Il reconnaissait la légitimité du processus d’enquête de Tsahal et condamnait le mépris flagrant du Hamas vis-à-vis du Droit des Conflits Armés étant donné qu’il continue à cibler des civils sans distinction dans ses tirs de roquettes et de mortiers.

Comme l’a déclaré le Juge Goldstone le 1er avri dernier, « Israël, comme n’importe quelle autre nation souveraine, a le droit et l’obligation à l’autodéfense et à la défense de ses citoyens contre les attaques de l’extérieur et de l’intérieur »

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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 08:45

The Council adopted the following conclusions:    

"1. The European Union fully supports the efforts of the parties and of the US towards a just and lasting settlement for the Israeli-Palestinian conflict. The European Union particularly commends the tireless engagement by US SoS John Kerry and the leadership shown by President Abbas and Prime Minister Netanyahu.    

2. The European Union recalls previous Council conclusions which laid down its vision for a two-state solution resulting in an agreement on all final status issues, ending all claims, and fulfilling the legitimate aspirations of both parties.    

3. The EU is convinced of the positive role that countries in the region can play in advancing the peace process, and remains committed to the on-going dialogue with the Arab States, including with regard to achieving peace in the Middle East. The Council reiterates the strategic importance of the Arab Peace Initiative for all parties and for the entire region.    

4. Recalling its Foreign Affairs Council Conclusions of June and December 2009, the European Union reiterates its readiness to contribute substantially to post-conflict arrangements for ensuring the sustainability of a peace agreement. The Council will work on concrete proposals, including by building on previous work undertaken on EU contributions to Palestinian state-building, regional issues, refugees, security and Jerusalem.    

5. The EU will provide an unprecedented package of European political, economic and security support to both parties in the context of a final status agreement. In the event of a final peace agreement the European Union will offer Israel and the future state of Palestine a Special Privileged Partnership including increased access to the European markets, closer cultural and scientific links, facilitation of trade and investments as well as promotion of business to business relations. Enhanced political dialogue and security cooperation will also be offered to both states. 

6. Current talks represent a unique opportunity which must be seized for both parties to implement a two-state solution. A one state reality would not be compatible with the legitimate sovereign and democratic aspirations of both parties.    

7. The EU warns against actions that undermine the negotiations. In this regard, it deplores Israel's continuous expansion of settlements, which are illegal under international law and constitute an obstacle to peace. The Council also expresses its grave concern regarding incitement, incidents of violence in the occupied territory, house demolitions and the deteriorating humanitarian situation in Gaza. The EU expresses its serious concern about actions that undermine the status quo of the holy sites, including in Jerusalem. The European Union will continue to closely monitor the situation and its broader implications, and act accordingly.    

8. The European Union reiterates that it is in its fundamental interest to see an end to the conflict, establish lasting peace and prosperity along its southern borders and simultaneously develop its political, economic and trade relations with both parties. The European Union stands firmly behind President Abbas and Prime Minister Netanyahu in their efforts to take bold and concrete steps towards a just and lasting solution to the conflict within the agreed timeframe.    

9. The Council expressed its gratitude to the EU Special Representative, Andreas Reinicke, for his work and efforts undertaken during his time as EUSR. "    

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" Je préférerai toujours les choses aux mots,
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