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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 08:20

Source : http://www.securite-strategie.fr/La-captation-d-information-par-les.html

Le Tribunal Populaire Suprême de Chine a récemment soumis les employés des entreprises d’État aux mêmes règles de réserve que les fonctionnaires. Une preuve, s’il en fallait encore, de la volonté des autorités chinoises de contrôler les grandes entreprises nationales. Le but recherché ? Eviter que l’information stratégique ne finisse entre les mains des acteurs étrangers. Dans cette bataille concurrentielle, la Chine s’est également dotée d’une stratégie offensive, destinée à capter l’innovation étrangère. Marie-Pierre Van Hoecke, Chef du pôle recherche & innovation à la D2IE (Délégation Interministérielle à l’Intelligence Economique) avance que cet arsenal a pour objet affiché de rattraper le retard technologique qu’accuse la Chine par rapport aux puissances internationales. D’atelier du monde, la Chine aspire à en devenir le laboratoire, au point de développer un corpus juridico-légal entièrement tourné vers le pillage ou la réappropriation des inventions étrangères : promotion d’un patriotisme industriel agressif, captation du contenu des brevets étrangers, rachat d’entreprises à haut potentiel scientifique, obtention des codes sources de logiciels implantés dans le matériel importé en Chine, alimentation d’une industrie de la contrefaçon… La conclusion de l’auteure est sans appel : à mesure que l’agressivité industrielle chinoise s’accroît, l’Europe se montre de plus en plus laxiste.

L’idée selon laquelle il existe une « bonne manière de traiter avec la Chine, lui faire plaisir, tenir compte de sa sensibilité propre, lui permettre de récrire à sa façon les termes d’un marché, savoir se mettre en retrait afin de ne pas la contrarier ni la provoquer ou s’incliner encore et toujours devant ses très relatifs points forts », rend très ardue la mise en place par l’Occident de relations stratégiques cohérentes avec Pékin. Et, chose tout aussi importante, une telle attitude est néfaste pour la Chine car elle l’encourage à croire qu’elle peut s’intégrer au monde moderne à ses propres conditions. »
Cette phrase de Chris Patten, le dernier gouverneur de Hong Kong, doit nous faire réfléchir. Près de quinze ans plus tard, il faut reconnaître que Chris Patten avait raison : « la mise en place par l’Occident de relations stratégiques cohérentes avec Pékin est très ardue ». Nous devons toutefois faire l’amer constat que, contrairement à ce que prévoyait le gouverneur de Hong-Kong, la Chine s’intègre au monde moderne à ses propres conditions alors que l’Occident continue « à s’incliner encore et toujours » et « à se mettre en retrait pour ne pas la contrarier ». Aujourd’hui, la Chine apparaît comme le modèle quasi achevé de pays qui a mis en place un processus global de stratégie et de partage d’informations entre l’Etat et les entreprises, afin de favoriser son développement par l’innovation.
La Chine, deuxième économie du monde, pays exportateur de biens depuis son ouverture, a basé sa stratégie de croissance et de développement social et économique sur l’innovation. L’article 1 de la loi chinoise sur la science et la technologie, adoptée le 2 juillet 1993 et amendée en décembre 2007, l’exprime clairement : « This Law is enacted in accordance with the Constitution with a view to promoting the progress of science and technology, bringing into play the role of science and technology as the primary productive forces, and promoting the transformation of scientific and technologic advances into practical productive forces, in order that science and technology shall render service to economic and social development. ». Elle est la mise en application du principe édicté par le camarade Deng Xioaping en mars 1978 : 科学技术是生产力 (la science et la technologie sont les forces/ facteurs de production).
La Chine parie donc, de façon évidente et annoncée, sur l’économie de la connaissance pour réussir le défi qu’elle s’est fixé, devenir la première puissance économique mondiale. Cet article se propose d’étudier les mesures que le gouvernement de ce grand pays met en place pour atteindre ses objectifs économiques et industriels. Et comment certains industriels chinois, peu scrupuleux, se développent en utilisant des pratiques plus ou moins frauduleuses.

Le cadre légal permet la transmission d’informations

Le gouvernement chinois a mis en place, ces dernières années, un cadre législatif protectionniste, très favorable aux intérêts de ses entreprises et qui permet aux entreprises d’accéder légalement à des informations plus ou moins sensibles d’entreprises étrangères. On y observe l’émergence d’un patriotisme industriel, notamment en ce qui concerne les fusions-acquisitions par des entreprises étrangères.

Le patriotisme industriel

La réglementation chinoise impose un mécanisme d’autorisation préalable à l’acquisition d’entreprises locales par des entreprises étrangères, qui permet d’informer les concurrents chinois sur les projets des entreprises occidentales. En effet, ce mécanisme d’autorisation mêle, dans un même jury, des représentants de l’Etat et des représentants de la profession. Un industriel étranger se trouve donc souvent évalué par ses concurrents quand il tente d’acheter une entreprise chinoise et obligé de leur fournir des informations sur son process industriel ou son business plan. Cette procédure n’est donc pas une garantie de confidentialité. La philosophie de la démarche du gouvernement chinois en matière d’attraction des entreprises étrangères sur son sol apparaît clairement dans sa loi sur la constitution d’entreprises à capitaux étrangers, les WFOE (wholly foreign owned enterprises), qui n’est, d’ailleurs, pas autorisée en Chine dans tous les secteurs. Une liste précise les secteurs interdits ou restreints. La loi précise également, dans son article 3, que ces WFOE5 doivent « bénéficier à l’économie chinoise, exporter la majeure partie des produits fabriqués en Chine6 ou utiliser des technologies avancées ». On voit déjà se dessiner ici (nous sommes en 2000) la notion d’attraction des technologies de pointe étrangères, nécessaires au développement industriel du pays.

Cette politique est renforcée en 2007-2008, avec l’introduction d’une nouvelle règlementation, qui met fin aux privilèges fiscaux dont bénéficiaient les entreprises étrangères. Dorénavant, seules certaines entreprises à technologie de pointe seront avantagées fiscalement. Un catalogue est publié en 2010, en application de la directive 618 publiée le 17 novembre 2009 par le MoST (ministry of science and technology) , c’est celui des « innovations indigènes » bénéficiant de la préférence nationale pour les achats de l’Etat dans six secteurs : informatique, communication, bureautique, logiciels, énergies nouvelles, efficacité énergétique. Les critères applicables en termes de droits de propriété intellectuelle excluent d’office les entreprises étrangères. Même après un assouplissement, suite à l’unanime protestation internationale, le principe de la préférence nationale restera, quoi qu’il en soit, conservé dans la nouvelle circulaire.

Ce principe était déjà affirmé par la loi sur les achats gouvernementaux de janvier 2003, l’ordonnance du ministère des finances de décembre 2007 et la circulaire 1361 du 27 mai 2009 qui préconisent la préférence à l’achat de produits « chinois » par le gouvernement. En dehors de ces six secteurs réglementés, la préférence nationale s’applique de plus en plus, à tous les niveaux de l’Etat. A titre d’exemple, les dignitaires sont priés de choisir des voitures chinoises en lieu et place de leurs VW ou Audi.

Une « perle » : le concept de ré-innovation

Plus subtilement, la Chine a inventé le concept de « ré-innovation », qui apparaît comme un procédé extrêmement favorable au transfert des technologies occidentales vers les entreprises chinoises. Mais, qu’est-ce que ce concept, cette perle d’inventivité ? La ré-innovation est définie comme l’ « importation, l’absorption, l’assimilation des savoir-faire étrangers ». C’est la méthode que la Chine a choisie en 2006 pour rattraper son retard industriel : elle va déposer des brevets chinois, indigènes, sur les technologies étrangères.

Et la Chine applique consciencieusement son plan. Les dépôts de brevets « domestiques » ont été multipliés par trois entre 2005 et 2010. On peut espérer que les ingénieurs et chercheurs chinois apporteront de petites améliorations aux brevets étrangers « ré-innovés ». Il est permis de craindre que de telles pratiques ne peuvent que contribuer à l’émergence d’une guerre mondiale des brevets. La ré-innovation est la pierre angulaire de la stratégie chinoise de développement industriel par l’innovation.

A côté de ce concept, la Chine envisage deux autres modes d’innovation : tout d’abord, l’innovation originale, i.e. l’innovation créative, celle qui introduit les ruptures technologiques ; il est difficile d’envisager révolutionner tous les process industriels en 15 ans, cette solution concernera un faible pourcentage des brevets indigènes chinois. Ensuite, l’innovation « intégrée », qui couvre les champs de l’adaptation des brevets étrangers aux spécificités chinoises ; cette innovation ne couvrira pas les produits destinés à l’export. Tout est contenu dans cette phrase : « Innovating independently means proceeding from strengthening the country’s innovative capabilities and stepping up efforts at original innovation, integrated innovation, importation, absorption, assimilation, and re-innovation. »
La Chine mise sur l’innovation depuis 1978 comme moteur de sa croissance industrielle et de son développement économique et social. C’est en 2006 qu’un coup d’accélérateur est donné. Le constat que fait Xu Guanghua, alors ministre des sciences et technologies, est simple : à cette époque, plus de 70% des brevets exploités sur le territoire chinois appartiennent à des étrangers. Tant pour des raisons financières (le coût des licences) que pour des raisons de fierté nationale, le gouvernement décide qu’il faut inverser la tendance et qu’en 2020, plus de 70% des brevets exploités en Chine seront « domestiques », donc détenus par des Chinois. Nait ainsi la notion d’ « innovation indigène ». Un plan sur 15 ans est défini, le PRC Medium and Long-Term S&T plan, qui décrit parfaitement la façon dont la Chine compte s’y prendre pour atteindre son objectif.

La loi sur les brevets 2009 introduit la notion de droit du sol sur les brevets

De son côté, la loi sur les brevets de 20099, avec son décret d’application de mars 2010, favorise la captation d’informations confidentielles des entreprises occidentales et semble à même de remettre en cause la stratégie de gestion des droits de propriété intellectuelle (PI) des entités publiques ou privées qui développent des coopérations de recherche en Chine. Son article 20 introduit, comme une sorte de droit du sol, la notion d’invention faite en Chine, i.e. comme celle dont « l’essence de la solution technique a été réalisée en Chine ». Et ce, quelle que soit la nationalité des inventeurs, qui n’ont plus la possibilité de déposer le brevet dans leur pays d’origine sans autorisation préalable. La Chine s’arroge le droit d’effectuer un examen de l’invention avant tout dépôt à l’étranger pendant une durée de six mois.

Dans ce même article 20, il est également question du maintien sous secret des inventions faites en Chine. Si beaucoup de pays disposent d’une protection spéciale des brevets intéressant la défense nationale, la Chine, elle, étend ce droit à toutes les innovations présentant des « intérêts, de l’Etat » ou des « intérêts substantiels ». Cette formulation vague permet toutes sortes d’interprétations et les dispositions peuvent donc s’appliquer, théoriquement, à bon nombre d’inventions.
Après avoir attiré les unités de production de grandes entreprises internationales, la Chine cherche à attirer sur son territoire de plus en plus de centres de R&D d’entreprises, d’unités de recherche publique et leurs activités de transfert de technologies académiques. Dans le même temps, elle impose de manière de plus en plus soutenue le transfert de technologies industrielles pour accepter l’implantation d’entreprises étrangères. Dans ces conditions, on ne peut que se poser des questions sur l’application qui sera faite de ces nouvelles dispositions en matière de droits de propriété industrielle et sur les risques supplémentaires qu’elles font peser sur nos entreprises en Chine.

La politique chinoise de dépôt de brevets « indigènes » risque de multiplier les contentieux dans les années à venir. La Chine a déjà bien compris comment utiliser le système international contre les concurrents étrangers et n’hésite pas à porter devant ses tribunaux des affaires de disputes en brevets ou en copie. Les moyens mis en oeuvre par la justice chinoise semblent, à première vue, heurter les méthodes occidentales. Le soutien du gouvernement chinois semble, lui, ne pas avoir de limite. Quelques affaires emblématiques montrent déjà que la Chine compte utiliser son appareil judiciaire pour défendre les intérêts de ses entreprises (cf Rio Tinto, infra).

La certification des produits contenant des logiciels

La traque de l’information par les autorités chinoises se déroule également dans le secteur stratégique des logiciels.

La réglementation chinoise sur les importations impose, depuis 2003, un marquage CCC (China Compulsory Product Certification11) qui remplace deux autres systèmes de labellisation datant de 1989. Ce marquage de conformité a été étendu en 2009 aux « Information Technology Security Products », ce qui a fait peur à la communauté internationale qui y a discerné une tentative de l’Etat chinois de capter les savoir-faire en demandant les codes-sources de tous les logiciels implantés dans les matériels importés en Chine. Le gouvernement chinois est donc revenu légèrement sur sa décision en :
- certifiant que les codes-sources transmis pour certification ne seraient pas transmis au secteur privé, mais resteraient dans le cercle fermé des fonctionnaires en charge de l’accréditation ;
- fournissant une liste de treize secteurs de produits concernés.

Plusieurs cas sont déjà recensés d’entreprises chinoises arguant de cette réglementation pour demander abusivement à leur partenaire européen la fourniture des codes-sources des produits importés ou coproduits par leur joint venture.

La recherche de l’information sensible en pratique

La formation comme additif aux contrats

Pour pénétrer le marché chinois, il faut non seulement transférer la technologie et fournir les codes-sources des logiciels, mais il faut également souvent fournir des prestations de formation, contexte favorable à la transmission et à la captation d’informations.
Les clients chinois considèrent souvent que la formation est partie intégrante du produit et qu’elle doit être fournie gratuitement. Ces formations peuvent être lourdes et chères et l’ingénierie pédagogique est parfois transférée intégralement.
Dans le secteur du nucléaire, la formation est toujours un additif au contrat. A l’Institut francochinois de l’énergie nucléaire, à Zhuhai, un consortium de cinq grandes écoles françaises forme une centaine d’élèves-ingénieurs chinois au génie nucléaire et au cycle du combustible. Gageons que cet effort humain et financier important rapportera des contrats à Areva.
Cependant, la Chine a plusieurs fois demandé l’aide internationale à la formation quand elle préparait de grands contrats, sans toutefois forcément accorder les contrats au final. Dans le secteur ferroviaire, par exemple, la France comme l’Allemagne ont accordé une aide sous forme de formation à l’exploitation des trains à grande vitesse, espérant remporter une part de l’immense marché chinois. Au final, la Chine a conçu et développé son propre train à grande vitesse.

Le rachat d’entreprises à haut potentiel scientifique

Le schéma est malheureusement classique : une entreprise chinoise rachète une entreprise française à haut potentiel scientifique et technique puis construit en Chine, dans les quelques années suivantes, une usine de capacité de production supérieure à celle de l’usine française. Souvent c’est même l’équipe française qui conçoit l’usine en Chine. L’entreprise chinoise garde ensuite en France une activité de recherche importante qui lui permet de rester en lien avec le monde académique français et d’alimenter son site chinois en innovations.
Racheter une entreprise étrangère qui possède le savoir-faire dont on a besoin est une méthode très utilisée dans le monde entier. Les entreprises chinoises ne dérogent pas à la règle. Mais, quand cette politique est appliquée par les grands groupes d’Etat détenus par le gouvernement, dans les domaines où la Chine a des retards et des ambitions internationales, on comprend que cela correspond à une orchestration du rattrapage technologique par le pouvoir. On peut citer le cas fameux du groupe Blue Star, filiale du groupe d’Etat China National Chemical Corporation, qui a racheté l’activité silicones de Rhodia Silicones, alors leader mondial dans le secteur. Blue Star a ensuite construit en Chine une unité de production d’une capacité égale à celle de tous les sites européens réunis. On peut donc raisonnablement se demander quel avenir existe pour la vente européenne de silicones sur les marchés tiers. Le même groupe Blue Star a appliqué la même méthode au Français Adisseo, troisième producteur mondial de méthionine, utilisé dans la nutrition animale, et a construit à Nanjing une usine de capacité supérieure à l’usine basée en France.

Les techniques frauduleuses ou « border line »

La contrefaçon de produits, conséquence de la captation d’information

La Chine, on le sait, propose à la vente, sur et hors de son territoire, au moins 80% des produits contrefaits du monde, soit environ 8 % de l’ensemble du commerce mondial. En 2011, les douanes françaises ont saisi 8,9 millions d’articles « contrefaisants » et estiment le coût pour la France à 30 à 40 000 emplois par an et 6 milliards d’euros de pertes annuelles pour notre économie. Ces pratiques coûtent cher à l’Europe et il est intéressant de les étudier d’un peu plus près.
D’aucuns, et ils sont nombreux, prétendent que la culture chinoise est une culture de la belle copie, notamment en peinture et en calligraphie, élevée au rang d’art et, donc, du partage de connaissances. Ceci expliquerait son manque d’appétence pour le respect des droits de propriété intellectuelle. Comment expliquer alors que la Chine soit le premier pays à avoir introduit dans son corpus législatif, 700 ans avant notre ère, la notion de secret de fabrication ? En effet, à cette époque la divulgation à l’étranger du secret de la fabrication de la soie ou de l’élevage du ver à soie était punie de la peine de mort. Ce trait de la culture chinoise ne s’appliquerait-il qu’à l’art, quand le secret industriel était, lui, protégé par le plus sévère des châtiments ?
Au-delà de cette explication culturelle contestable, il existe une explication plus simple et nettement plus pragmatique. La contrefaçon représenterait, en Chine, 15 à 30% de la production industrielle et 5 à 6 millions d’emplois, un enjeu économique de taille qui explique pourquoi le gouvernement chinois ne se précipite pas pour lutter contre ce phénomène.
L’autre avantage de la contrefaçon pour la Chine est que, tout en maintenant sa monnaie à un très bas niveau qui favorise les exportations, elle peut proposer à ses ressortissants des produits occidentaux, même s’ils ne sont que des copies plus ou moins réussies.
Et que dire alors de la contrefaçon sino-chinoise ? Le fameux restaurant pékinois « Quanjude » a fait du canard laqué sa marque de fabrique. Il en vend à emporter, sous vide, à 90 Yuan pièce, dans un réseau de magasins alimentaires. Il est victime, lui aussi, de la vente de canards laqués sous vide contrefaits, vendus 15 yuan pièce et de qualité bien médiocre. L’argument de la copie élevée au niveau d’un art ne tient plus quand la qualité ne suit pas.
Outre les anecdotiques canards laqués, quels sont les secteurs touchés par ces pratiques ? Le luxe, bien entendu, et tout son cortège de montres, parfums, sacs, chaussures et vêtements. On les trouve à Pékin dans des échoppes ayant pignon sur rue et on les trouve même maintenant sur les marchés européens.
La plus grosse partie du marché de la contrefaçon chinoise est représentée par la production et la vente de cigarettes de contrebande. Ce segment très lucratif est beaucoup moins puni pénalement que la production de drogue, ce qui le rend très attractif pour les investisseurs peu scrupuleux. La ville de Yunxiao, dans la province du Fujian, produit dans ses quelques 200 usines, la moitié de la contrebande de cigarettes chinoises, qui inonde le marché local et le marché international. Certaines estimations avancent que dans plusieurs régions du Royaume-Unis, le tiers des cigarettes vendues seraient des contrefaçons. Là encore, les copies de cigarettes de marques internationales sont plus ou moins réussies et la qualité du tabac est loin d’être au rendez-vous. En revanche, la qualité de l’emballage s’améliore de jour en jour et les paquets imitent maintenant parfaitement les paquets occidentaux.
Si la santé des fumeurs n’était pas un argument suffisamment convaincant, celle des malades du cancer ou du diabète l’est davantage. Et quand les produits contrefaits sont des médicaments qui, au mieux, ne contiennent pas le principe actif et, au pire, contiennent des produits toxiques qui tuent le patient, les conséquences sont loin d’être anodines. Les pays les plus touchés par la contrefaçon de médicaments sont les pays où le système de santé est mal organisé- ce qui inquiète l’OMS - mais également, et dans une moindre mesure, les pays développés, à travers, notamment, la vente par Internet. La Chine elle-même est touchée par le phénomène. Son gouvernement a lancé une vaste chasse aux sorcières et n’a pas hésité à exécuter, en 2007, pour corruption, Zheng Xiaoyu, directeur de la Food and Drug Administration. En août 2012, 2000 personnes ont été arrêtées et des centaines de millions de comprimés saisis, pour une valeur annoncée de 182 milliards USD. D’après la police chinoise, certains faux médicaments ne contiennent que de l’amidon et de la fécule de maïs, d’autres sont reconditionnés après expiration de la date de consommation, d’autres encore contiennent de la nourriture pour animaux, des pigments chimiques, de la poudre de fer, des produits dopants ou du valium. De quoi nous faire hésiter à acheter des médicaments en ligne sur des sites Internet mal identifiés !

Les imitations

L’imitation de produits est un autre mode de contrefaçon largement utilisé par de nombreuses compagnies chinoises, qui utilisent, pour commercialiser ces produits, des marques ou des noms de produits proches des noms réels.
Dans le domaine de l’électronique, on trouve des téléphones portables de marques « NOKLA » ou « SUMSANG ». En 2012, le « Goophonei5 », clone chinois breveté de l’iPhone 5 avant même sa sortie officielle, grâce à des fuites sur son design, est commercialisé en Afrique. La société hongkongaise qui le fabrique menace Apple de poursuites judiciaires pour contrefaçon. La marque SONY est copiée en SQNY pour l’ensemble de sa gamme de produits, DELL est appelée DALL, IBM LBM et CASIO CASIQ, pour ne citer que ces quelques exemples.
Les marques sportives font l’objet d’imitations multiples. La marque PUMA se retrouve déclinée en KUMA, PAMA, PUNK ou TUNA. Adidas est imitée en Adibas et même conjuguée avec NIKE pour donner RIKEdas.
Les grandes enseignes alimentaires subissent le même sort : CucuCula pour CocaCola ou KFG pour KFC.
Les marques chinoises de shampoing, lessive, boissons et préparations alimentaires ne sont pas non plus épargnées. Quelques internautes dénoncent ces pratiques sur des forums Internet et postent des centaines de photos de produits imités ou contrefaits.
Ces produits ne se retrouvent pas seulement sur le marché intérieur chinois, ils commencent à envahir les marchés tiers, en Afrique comme en Amérique du Sud, privant les marques occidentales d’une partie de leur marché.

Les autorités judiciaires chinoises sanctionnent peu les contrefacteurs

En raison de l’enjeu économique que représente la contrefaçon en Chine, les contrefacteurs bénéficient d’un système judiciaire complaisant. On peut citer, par exemple, l’affaire de la Fiat Panda. En 2008, la firme italienne porte plainte contre la société chinoise Great Wall Motor qu’elle accuse de copie frauduleuse de sa Fiat Panda et obtient l’interdiction de la commercialisation en Europe de la « Peri » chinoise. En 2009, c’est Great Wall Motor qui porte plainte, en Chine, contre Fiat pour vols de secrets commerciaux concernant la même « Peri ». L’allure de la Fiat Panda est si connue en Europe, que personne ne peut imaginer que Fiat ait copié sur la firme chinoise ! Ce dossier tendrait à démontrer, si le lien entre les deux affaires était avéré, que le soutien du gouvernement chinois à ses entreprises, ici un groupe étatique, est sans faille et combien sont importants, y compris à titre personnel20, les risques encourus par les sociétés qui refusent d’en passer par les fourches caudines imposées par le gouvernement chinois. En Chine, le soutien gouvernemental aux entreprises s’appuie également sur des appareils judiciaire et policier aux ordres.

Conclusion

On le voit, pour se procurer des informations, les entreprises chinoises peuvent compter sur les appareils diplomatique, législatif, administratif, policier et judiciaire dans leurs relations avec les entreprises étrangères, sur leur sol comme dans les pays étrangers.
Face à cet arsenal de soutiens on peut raisonnablement se demander si les entreprises européennes luttent à armes égales contre un tel dispositif. Bien que Bruxelles ait adopté une stratégie de défense commerciale en 2011, la commission européenne, plutôt réputée pour sa volonté d’ouverture et sa bienveillance vis-à-vis de la Chine, vient encore de prouver ce penchant libéral dans plusieurs procédures antidumping et antisubventions. En effet, la commission a annulé, en 2012, les dispositions compensatrices prises à l’encontre de fabricants de chaussures chinois, après six ans d’application de la procédure visant à protéger les fabricants européens contre la concurrence déloyale. Mieux encore, la Cour de justice européenne exhorte la commission à rembourser les droits qu’elle a perçus pendant ces six ans ! La même année, la commission persiste et signe l’arrêt de la taxe antidumping appliquée depuis vingt ans contre les briquets à pierre chinois, concurrents des briquets BIC.
On peut se poser une autre question : la stratégie française de la génération d’avance est-elle encore possible ? Entre les délocalisations d’activités de R&D vers la Chine, la nombreuse présence d’étudiants chinois en stage dans les entreprises françaises, le rachat d’entreprises étrangères à haut potentiel scientifique par la Chine et la capacité de rattrapage rapide des firmes chinoises, il semble que cette stratégie ait de moins en moins de chance de fonctionner. Il y a dix ans, les entreprises françaises estimaient avoir au moins cinq ans d’avance sur leurs concurrents chinois. Elles se contentent maintenant souvent de six à douze mois.

Voir également :

 * Du pari des transferts de technologies face au risque de désindustrialisation ! - nouvelle édition -

  * Intelligence économique : comment protéger l'information stratégique ?  

 * La face noire de la mondialisation (Xavier Raufer et Alain Bauer - CNRS Edition)

 *  Le Dessous des Cartes : Atlas géopolitique (Broché)     

 * Manuel d'intelligence économique, sous la direction de Christian Harbulot (PUF)

 * Evolutions récentes du cadre juridique européen en matière de transferts et d'exportations de produits, technologies et équipements critiques du point de vue de la sécurité - nouvelle édition -

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:45

C'est l'un des plus grands projets d'usine au monde. Un investissement de 5 à 10 milliards de dollars (4 à 8 milliards d'euros), étalé sur quelques années, s'est réjoui, le 14 août, Gita Wirjawan, le ministre indonésien du commerce. L'affaire n'est pas encore bouclée, mais Djakarta est prêt à dérouler le tapis rouge pour Foxconn. L'industriel taïwanais, principal sous-traitant d'Apple, envisage de bâtir sur place un site énorme, capable d'assembler 3 millions d'iPad, iPhone et autres appareils électroniques par an. Certains évoquent la création à terme d'un million d'emplois !

Le projet, sur lequel Foxconn reste discret, est emblématique de la nouvelle carte mondiale de l'industrie qui se met en place. Bien sûr, la Chine reste de loin le premier pays au monde où les usines sortent de terre. L'an dernier, les seuls groupes étrangers y ont injecté 108 milliards de dollars dans de nouvelles installations, selon les pointages des Nations unies. Le Brésil, l'Inde et les Etats-Unis, qui suivent au classement, ont dû se contenter d'environ 60 milliards de dollars chacun.

Mais de mois en mois, la Chine perd un peu de sa suprématie dans les choix d'implantation des industriels, au profit d'autres pays émergents, en Asie, mais aussi en Afrique du Nord ou aux lisières de l'Union européenne.

RECUL NET EN JUILLET

Depuis début 2012, les investissements étrangers en Chine (y compris dans le cadre d'acquisitions) ont fléchi de 4 % par rapport à la même période de 2011, avec un recul particulièrement net en juillet. La part du pays dans les nouveaux projets s'est légèrement tassée au premier semestre, à 8 %, confirme le recensement effectué par le cabinet fDi Intelligence.

Dans le même temps, Toyota a annoncé la construction d'une quatrième usine au Brésil, le turc Jeanci l'agrandissement de son site textile en Serbie, tandis que, dans les cosmétiques, l'indien Emani va installer des machines en Egypte et au Bangladesh...

Colgate a acquis des terrains dans le Gujarat et l'Andhra Pradesh pour fabriquer du dentifrice et des brosses à dents. Au premier semestre, les investissements étrangers ont grimpé de 30 % en Indonésie, de 40 % en Inde, et ont rebondi de 45 % en Tunisie après le printemps arabe de 2011.

Le cas de Foxconn est parlant. Jusqu'à présent, ce groupe fabriquait avant tout en Chine, dans des conditions limites : salaires minimalistes, horaires extensibles à l'infini, usines explosives... Montré du doigt aux Etats-Unis, contesté sur place, le fournisseur d'Apple a dû relever ses salaires de plus de 20 % début 2012 et a dû revoir ses méthodes. A présent, sans abandonner la Chine, il étudie des implantations en Indonésie, mais aussi au Myanmar (ex-Birmanie), deux pays où les salaires sont nettement inférieurs. Question de compétitivité.

De la même façon, Vancl, un groupe chinois d'habillement, a commencé à transférer la fabrication de ses articles les plus basiques au Bangladesh. Un ouvrier y revient 75 à 80 dollars par mois, contre environ 400 dollars en Chine, explique Vancl. Adidas vient aussi de fermer sa dernière usine chinoise détenue en propre.

"De tous les pays, le Bangladesh affiche les coûts les plus faibles", confirme Margaux Fildier, qui s'occupe des achats pour Delta Plus, un groupe de gants et autres articles de protection. "Face à la hausse des salaires en Chine, tout le secteur textile s'interroge et regarde des pays comme le Bangladesh, l'Inde ou le Pakistan."

Ce n'est sans doute qu'un début. Les coûts salariaux sont déjà plus élevés en Chine qu'au Vietnam, en Indonésie, ou encore en Inde, mais aussi qu'en Algérie, en Bulgarie, en Tunisie, en Egypte, au Maroc et même qu'en Roumanie, souligne une étude publiée en juin par Natixis. A la clé, une prédiction choc : entre la hausse des rémunérations et celle du yuan, le coût salarial en Chine en monnaie commune sera au niveau des Etats-Unis dans quatre ans, de la zone euro dans cinq ans, et du Japon dans sept ans ! "La Chine ne sera bientôt plus un endroit compétitif pour produire", prévoient Patrick Artus et Bei Xu, les experts de Natixis. Même si la productivité des ouvriers chinois s'accroît, "cette perte impressionnante de compétitivité-coût va conduire à de fortes délocalisations d'activités".

Emmanuel Gros, responsable pour la Chine du fabricant de systèmes de pompage PCM, est plus nuancé. "C'est vrai, le salaire minimum augmente d'environ 20 % par an depuis trois ans, dit-il. Mais dans notre zone industrielle, à Suzhou, cela laisse un écart de presque 1 à 10 avec la France. Quand vous utilisez beaucoup de main-d'œuvre, c'est intéressant. En outre, s'implanter en Chine permet d'être bien traité par tous les fournisseurs qui sont ici. Et surtout, l'Asie reste un marché en forte croissance !"

En résumé, ouvrir une usine en Chine pour vendre aux Chinois, oui. Le faire pour exporter des produits à bas prix dans le reste du monde, de moins en moins. C'est d'ailleurs le souhait de Pékin, qui entend muscler son industrie. Quitte à laisser la place à d'autres pays pour le très bas de gamme.

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 10:01

Pour son quatrième vol habité, la Chine s’apprête à lancer un équipage de trois taïkonautes, dont la première femme chinoise à voler dans l’espace. Le véhicule spatial a été transféré sur son pas de tir de sorte que si les conditions météorologiques sont favorables, il pourrait être lancé en fin de semaine.

Shenzhou-9 ira rejoindre le module Tiangong-1, lancé le 29 septembre 2011 et toujours en activité autour de la Terre, pour s’y amarrer. La mission, prévue pour plus d’une semaine, sera le vol habité le plus complexe et le plus long des huit missions déjà effectuées dans l’espace. Selon l’agence de presse Chine nouvelle, deux des trois membres de l’équipage séjourneront à bord de Tiangong-1 pour une durée non précisée, le troisième restera à bord de Shenzhou-9 pour gérer toute situation d’urgence.

Le parcours des vols habités chinois

Depuis le lancement en novembre 1999 d’une première capsule récupérable Shenzhou, que de chemin parcouru pour les vols habités chinois ! Cette capsule, qui préfigurait les capsules habitables suivantes, restera dans l’espace le temps de faire 14 orbites autour de la Terre. Suivront quatre autres lancements de capsules également inhabitées préparant le premier lancement d’un Chinois dans l’espace.

Cette mission historique sera réalisée le 15 octobre 2003. Le taïkonaute Yang Liwei séjournera 21 heures dans l’espace à bord de Shenzhou-5. Deux ans plus tard, en octobre 2005, la Chine lance deux taïkonautes pour un séjour spatial de cinq jours. Puis trois taïkonautes partent en septembre 2008 à bord du Shenzhou-7 et l’un d’eux sortira dans l’espace pour une trentaine de minutes.

Entre la fin septembre et le début du mois de novembre 2011, la Chine a réussi son premier amarrage spatial entre le module orbital, Tiangong-1, lancé en septembre 2011 et la capsule inhabitée Shenzhou-8 (novembre 2011). Ce premier amarrage spatial engage une nouvelle étape du programme spatial chinois des vols habités qui vise la maîtrise des systèmes pour des vols de longue durée autour de la Terre.

L'année 2012 et les suivantes verront la Chine accentuer ses efforts dans la construction d’une petite station spatiale qui devrait voir le jour en 2020. Il faudra pour cela renforcer les capacités de lancement. Le rythme des vols habités (il n'y en a eu que trois jusqu'ici) devrait s’accroître, en même temps qu'arrivera une nouvelle flotte d’engins spatiaux, dont des ravitailleurs et des modules orbitaux.

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 13:27

La Chine annonce la construction d'un second brise-glace, et prépare une cinquième expédition vers le pôle Nord.

Le "Dragon des neiges" ne suffit plus aux ambitions glacées de la Chine. L'Administration d'État aux océans (SOA) a annoncé dimanche 8 avril, par le biais du vice-directeur du centre de recherche sur les pôles, Weng Lixin, que la Chine construisait un second brise-glace, plus performant que le précédent, un navire acheté en 1993 à l'Ukraine. Le nouveau navire de 8 000 tonnes aura une capacité de 20 000 miles nautiques, une autonomie de 60 jours et sera capable de briser une épaisseur de glace de 1,50 mètre. Il disposera également d'une plate-forme d'hélicoptère et entrera en service en 2014.

L'effort chinois paraît à ce stade minime en comparaison à ce que font déjà les grandes puissances riveraines du Grand Nord, particulièrement la Russie. Les chantiers navals russes ont construit le plus gros brise-glace du monde, le NS50 Let Pobedy (plus de 23 000 tonnes), mis en service en 2007 et doté d'une propulsion nucléaire, ce qui lui donne une autonomie très supérieure. Moscou possède au total douze brise-glaces, dont sept nucléaires. Le Canada en a davantage (21 navires, dont le plus gros pèse un peu plus de 11 000 tonnes). Les États-Unis en ont trois, mais un est en révision à Seattle, le second hors service et le troisième se révèle incapable de briser de grosses épaisseurs de glace. Ce qui a d'ailleurs amené le New York Times à déplorer dès mai 2010 le manque de capacités américain, en dépit de la frontière arctique que possède l'Alaska, soulignant : "La Chine aura bientôt des brise-glaces plus grands et modernes que les États-Unis et le Canada."

Un océan stratégiquePourquoi Pékin s'intéresse-t-il à cet océan glacé, et plus largement aux pôles ? Du côté du Sud, l'Antarctique, il semble que ce soit des raisons scientifiques qui motivent sa présence : le "Dragon des neiges" est retourné dimanche 8 avril, à sa base de Shanghai, après avoir conclu sa 28e expédition en Antarctique. Les scientifiques qui étaient à son bord en ont profité pour mener "différentes tâches de recherche, notamment une enquête sur l'environnement du pôle Sud", a annoncé ce matin l'agence Chine nouvelle, sans entrer dans les détails. Les spécialistes chinois ont également installé un télescope pour la surveillance de cette région antarctique.

En direction du Grand Nord, la Chine n'en est qu'à sa cinquième expédition. Une équipe de scientifiques la prépare activement depuis plusieurs mois. Le départ aura lieu début juillet et le voyage durera tout l'été. Mais la nouveauté vient du fait que, pour la première fois, le navire empruntera la route arctique du nord-est qui s'étend le long de la côte russe.

Historiquement contrôlé par les États-Unis, le Canada et la Russie, l'Arctique est en passe de devenir le nouveau terrain de jeu de la puissance chinoise. Pékin s'intéresse de plus en plus à cette région, où la fonte des glaces ouvre des opportunités à la fois commerciales et peut-être stratégiques. "L'Arctique est un hub qui dessert tous les océans. Si la Chine parvient un jour à y installer un sous-marin nucléaire, elle pourra alors dissuader l'Europe, la Russie et les États-Unis", note un expert militaire en poste à Pékin.

Point de contact entre le continent américain et le continent asiatique, l'Arctique est paradoxalement resté pendant longtemps hors des écrans radars de la politique étrangère chinoise. Mais la fonte des glaces a subitement réveillé l'intérêt de la Chine pour l'Arctique, un océan sur lequel l'Union européenne, mais aussi le Japon et la Corée du Sud veulent également avoir prise. Depuis des années, la banquise fond à vue d'oeil. Selon plusieurs estimations, à l'horizon 2020-2040, l'Arctique pourrait être navigable, du moins en été.

Des ressources énergétiques
... lire la suite sur Le Point : http://www.lepoint.fr/monde/arctique-nouveau-terrain-de-jeu-de-la-chine-09-04-2012-1449719_24.php

 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 21:03

Les dépenses militaires de la Chine vont progresser de 11,2% cette année, a annoncé dimanche Li Zhaoxing, ancien ministre des Affaires étrangères devenu porte-parole de l'Assemblée populaire.

L'enveloppe, qui avait progressé de 12,7% en 2011, atteindra 670,2 milliards de yuans (80,5 milliards d'euros).

"La Chine est décidée à rester sur la voix du développement pacifique et suit une politique de militaire nationale défensive", a déclaré Li Zhaoxing, s'adressant à la presse avant l'ouverture de la session annuelle du Congrès du peuple, au cours de laquelle le budget sera approuvé.

"La Chine compte 1,3 milliard d'habitants, nous avons un grand territoire et de longues côtes, mais nos dépenses militaires sont relativement faibles comparées à celles d'autres pays", a-t-il poursuivi.

De nombreux observateurs jugent le budget militaire de la Chine largement sous évalué. Pékin procède à une modernisation rapide de son armée qui inquiète les pays voisins et lui vaut les appels répétés de Washington à davantage de coopération dans le domaine militaire.

"Le budget de la défense chinoise représentait seulement 1,28% du PIB en 2011. Pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, entre autres, la proportion dépasse les 2%", a souligné Li Zhaoxing.

"Les capacités militaires limitées de la Chine ont pour but de préserver la souveraineté et la sécurité nationales ainsi que l'intégrité territoriale. Elle ne représentent aucune menace pour les autres Etats", a-t-il ajouté.

Barack Obama a présenté en janvier une nouvelle doctrine militaire qui prévoit une baisse des effectifs terrestres, mais un renforcement de la présence américaine en Asie. (cf. La Chine critique la nouvelle stratégie de défense des États-Unis en Asie (Le Monde) )

Source : Reuters

Voir également :

 * Tout le monde réarme, sauf les Européens, par Alain Frachon (Le Monde)

 * Les institutions européennes comme les capitales nationales restent étonnamment sourdes aux nombreux appels en faveur d'une relance des investissements européens en matière de défense

 * Les 7 péchés capitaux de la PESC !

 * Politique européenne des capacités et de l'armement : l'heure du passage à l'acte est venu ! Et pourtant ...

 * De la prise en compte des investissements de défense dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE : les termes de l'enjeu

 * De la prise en compte des investissements de défense dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’UE : éléments d’analyse complémentaires et pistes envisagées     

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 18:43

L'activité manufacturière en Chine a enregistré en novembre sa plus forte chute depuis mars 2009, selon un indice préliminaire publié mercredi par la banque HSBC qui pourrait inciter Pékin à assouplir sa politique monétaire, selon les analystes. L'indice PMI des directeurs d'achat calculé par HSBC a atteint 48 en novembre, contre 51 en octobre. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l'activité manufacturière ; un chiffre inférieur à 50, une contraction.

L'indice est publié quelques jours après des propos du vice-premier ministre Wang Qishan, en charge de la finance, prédisant une récession de longue durée de l'économie mondiale et soulignant la dépendance de la Chine vis-à-vis des exportations. La baisse de l'indice PMI "implique que la croissance de la production industrielle va probablement tomber à 11 % ou 12 % sur un an dans les mois à venir", estime dans une note d'analyse Qu Hongbin, économiste pour la Chine de HSBC. En octobre, la production industrielle avait progressé de 13,2 % sur un an, et de 13,8 % en septembre. "La demande intérieure ralentit et la demande externe devrait faiblir", selon M. Qu.

Les exportateurs chinois commencent à ressentir les effets de la crise de la dette en Europe, leur premier débouché, ainsi que les suites d'une situation économique difficile aux Etats-Unis. En octobre, les exportations chinoises vers l'Union européenne ont reculé, à 28,74 milliards de dollars, contre 31,61 milliards en septembre, tandis que celles vers les Etats-Unis ont également diminué, à 28,6 milliards de dollars, contre 30,11 milliards de dollars en septembre. La contraction du commerce extérieur chinois s'inscrit dans un contexte de ralentissement de la croissance de la deuxième économie mondiale, qui est passée de 10,4 % l'an dernier à 9,7 % au premier trimestre, 9,5 % au deuxième et 9,1 % au troisième.

Toutefois, le ralentissement de l'inflation "donnera à Pékin une plus grande marge de manœuvre pour des mesures sélectives d'assouplissement" de la politique monétaire, selon M. Qu. La hausse des prix à la consommation s'est élevée à 5,5 % en octobre sur un an, son plus bas niveau depuis le mois de mai, après avoir culminé à 6,5 % en juillet. Pour lutter contre l'inflation, la Chine a relevé, à plusieurs reprises depuis l'automne 2010, les taux d'intérêt et les réserves obligatoires des banques.

 

 

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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 09:55

Moins de dix ans après son premier vol habité, la Chine dispose de toutes les technologies nécessaires pour la construction d’une station spatiale. Elle vient d'amarrer Shenzhou-8 au module Tiangong-1. Aujourd'hui, Elle sait envoyer des hommes dans l’espace, les ramener en sécurité, les faire sortir dans l’espace et lancer des modules et les amarrer ensemble. 

Deux jours après le lancement du vaisseau spatial Shenzhou-8, la Chine a réussit à l’amarrer à Tiangong-1, le module orbital qu’elle avait lancé le 29 septembre. Une manoeuvre réalisée à près de 340 kilomètres d’altitude, au-dessus du territoire chinois. Plus loin dans l’espace, le cargo spatial russe Progress, lancé le 30 octobre s’est amarré à la Station spatiale.

Cette performance, car c’en est une, est a saluée car les rendez-vous orbitaux ne sont pas une mince affaire. Cela nécessite de maitriser plusieurs paramètres des quatres phases menant à l'amarrage. Celles du lancement, du rattrapage, de l’approche et du docking.

Le porte-parole du Programme chinois de vol habité a indiqué que les deux engins resteront amarrés pendant au moins douze jours avant de se séparer pour s’amarrer de nouveau ensemble, à une date qui n'a pas encore été arrêtée. « La Chine dispose désormais des technologies essentielles et de la capacité nécessaire à la construction d'une station spatiale », s'est félicité l'ingénieur en chef Zhou Jianping, cité par l'agence de presse officielle Chine nouvelle.

Par Rémy Decourt, Futura-Sciences

 

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Source : http://actualite.portail.free.fr/sciences/03-11-2011/premier-rendez-vous-spatial-reussit-pour-la-chine/  

 

Voir également :  Suivre l'actualité des innovations majeures dans le monde



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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 16:04

Le 11 décembre 2001, après quinze années de négociations laborieuses, la Chine est devenue le 143e membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Qu'en attendait-on à l'époque ?

Pour bien appréhender la lecture des enjeux qui accompagnaient cette entrée, le lecteur trouvera ci-après un document intitulé " La Chine à l’OMC - Quelles conséquences pour le pays et pour ses partenaires commerciaux ? " établi pour le FMI par Ramesh Adhikari et Yongzeng Yang.

adhikari adhikari

 

Le monde est-il aujourd'hui ce que l'on espérait ou craignait alors qu'il devienne avec cette entrée ?

A vous d'en juger !

 

 

 

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10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 11:35

L'agence Chine nouvelle annonce sur son blog d'informations militaires la mise à l'eau de ce porte-avions, qui n'est pas encore totalement terminé, dans le port de Dalian (nord-est).

 Le porte-avions chinois a effectué mercredi 10 août sa première sortie en mer, symbole des ambitions maritimes de Pékin.

 La Chine souhaite accroître son influence dans la région, où les querelles de territoire maritime sont nombreuses.

Les débuts du premier bâtiment du genre pour la marine chinoise, un navire soviétique remanié de 300 m de long, étaient très attendus.

" Sa portée symbolique dépasse son importance pratique ", note toutefois Ni Lexiong, expert de la politique maritime chinoise à l'Université de science politique de Shanghai.

" Nous sommes déjà une puissance maritime donc nous avons besoin d'un équipement approprié (...), comme les Etats-Unis ou jadis l'empire britannique ", ajoute-t-il.

" La construction d'une marine puissante, à la hauteur du nouveau statut de la Chine, est une étape nécessaire et un choix incontournable pour le pays s'il veut sauvegarder ses intérêts nationaux, qui sont de plus en plus globaux ", écrit-elle.

La Chine a restauré un navire de l'ère soviétique acheté à l'Ukraine et des sources proches du pouvoir ont confié à Reuters qu'elle était en train d'en construire deux autres.

Pour Chengxin Pan, de l'université de Deakin, en Australie, " la Chine est fascinée depuis longtemps par le prestige des porte-avions et ce premier essai en mer est vu comme une étape cruciale vers son objectif, qui est d'acquérir le statut de grande puissance navale ".

La Chine a construit d'autres navires de guerre - sous-marins ou navires de surface - et développé des missiles antinavires. Le budget du ministère de la Défense a bondi de 70% ces cinq dernières années là où celui du Japon, en proie à des difficultés budgétaires, a diminué de 3% sur la même période.

" Il est inévitable que les pays voisins vont s'inquiéter, surtout après les récentes querelles en mer de Chine méridionale et l'accrochage maritime entre la Chine et le Japon l'année dernière ", dit Chengxin Pan.

Cependant, la Chine est encore loin de disposer d'un groupe aéronaval, sans lequel le porte-avions n'a qu'une utilité relative. Pour ce faire, la Chine doit avoir trois porte-avions et construire d'autres navires d'escorte et un groupe aérien, estime Ashley Townshend, de l'institut Lowy de politique internationale à Sydney. Selon lui, Pékin mettra dix ans à acquérir ce symbole de la puissance maritime.

 

Source : Reuters

 

 

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 14:55

Les intérêts "vitaux" de la Chine seraient en jeu si l'Europe ne parvenait pas à résoudre sa crise de la dette, a déclaré vendredi le ministère chinois des Affaires étrangères.
" Que l'économie européenne puisse se rétablir et que certaines économies européennes puissent surmonter leurs difficultés et échapper à la crise, voilà qui est vital pour nous ", a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Fu Ying à la presse.
" La Chine a toujours été préoccupée par l'état de l'économie européenne ", a-t-il ajouté, soulignant que le pays avait soutenu l'Europe en achetant davantage de titres de dette souveraine et en encourageant le commerce bilatéral.
La Chine détient la plus large réserve mondiale de devises étrangères, pour un montant de 3.050 milliards de dollars. Le quart de ces réserves serait investi dans des actifs libellés en euro.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao a prévu de se rendre la semaine prochaine en Hongrie, en Grande-Bretagne et en Allemagne, quelques mois seulement après avoir rendu visite à la France, au Portugal et à l'Espagne et proposé à l'Europe de l'aider à résoudre la crise de la dette.
La Grèce se rapprochant dangereusement d'un défaut de paiement, les acteurs du marché regarderont de près si la Chine promet ou non d'accroître son investissement en Europe et d'acheter des obligations souveraines aux pays les plus endettés.

 

 

Source : http://www.lesechos.fr/investisseurs/actualites-boursieres/reuters_00353103-la-crise-de-la-dette-en-europe-enjeu-vital-pour-la-chine-182004.php

 

Voir également à cet égard, notamment :

 * Pour un Pacte international permettant de limiter les risques systémiques associés à l'inflation et à la prolifération des dettes souveraines

 * La Chine se dit "investisseur à long terme" dans la dette européenne

 * La France et le Royaume-Uni sous l'oeil critique de l'agence de notation chinoise

 

 

 

 

 

 

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