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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 09:58

Nous sommes au printemps 2015.

L’exaspération générale est à son comble (L'UE non, l'euro oui ! Les opinions publiques européennes face à la crise (2007-2012), par Daniel Debomy (Notre Europe – Institut Jacques Delors)). Y compris au sein des nations qui ont porté le projet européen sur les fonds baptismaux.

Une nouvelle tentative de conciliation vient d’échouer entre le Conseil européen, la Commission européenne et le Parlement européen.

L’Union européenne ne parvient toujours pas à arrêter son programme stratégique pour la nouvelle législature européenne.

Cet échec ajoute aux effets catastrophiques sur les opinions publiques des nombreuses crises politiques, budgétaires, financières, économiques et sociales qui n’ont cessé de paralyser les économies nationales, d'accroître les inégalités sociales et de susciter un peu partout en Europe des replis nationalistes et identitaires, au point d'avoir favoriser l'entrée au Parlement européen d'un nombre important de membres de partis eurosceptiques ou plus globalement, UEsceptiques.

La gouvernance chaotique de l'Eurozone et, plus globalement, de l'Union économique et monétaire, a produit des décisions dont les effets n'ont pas été ceux qui en étaient attendus au point de voir les institutions européennes revenir sur une partie d'entre elles (cf. Bruxelles mise sur la titrisation et le crowdfunding (Euractiv.fr) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/bruxelles-mise-sur-la-titrisation-et-le-crowdfunding-euractiv-fr.html) !

La gestion catastophique de la crise chypriote (voir notamment à cet égard Oui, la décision prise par l'eurogroupe à l'égard de Chypre était bien inique et irresponsable ! Jugez-en vous-même ! ) a définitivement scellé une rupture entre des dirigeants européens égarés dans des dérives technocratiques, sous les coups de boutoir récurrent d'une Banque Centrale européenne qui semble avoir pris le pouvoir politique et économique au sein de l'UEM  sans pour autant remplir réellement sa mission en tirant un parti optimal de son mandat (cf. Et si la BCE respectait son mandat ! par Christophe Blot (Euractiv.fr) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/et-si-la-bce-respectait-son-mandat-par-christophe-blot-euractiv-fr.html) ! 

La Commission européenne, malgré quelques initiatives d'envergure telles que l'Acte II du marché unique ou celles ayant trait à l'introduction de mécanismes de supervision et de régulation dans les domaines financiers, budgétaires et bancaires, semble tétanisée autant par l'installation en son sein d'un doute profond quant à la pertinence de sa doctrine néolibérale dont les résultats économiques et sociaux sont de plus en plus dramatiques (cf. Emploi et situation sociale dans l’Union européenne: la crise sociale s’aggrave ) face aux errements chaotiques des marchés .... et de ses acteurs (cf. à cet égard les articles suivants : De l'économie de l'insécurité ! (nouvelle édition) ainsi que 'Le nouveau capitalisme criminel - Entretien avec Jean-François Gayraud (Diploweb.com)' : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/le-nouveau-capitalisme-criminel-entretien-avec-jean-francois-gayraud.html), par l'échec de la négociation relative au règlement des différents du traité transtlantique sur la commerce et les investissements (cf. à cet égard les articles suivants : Transatlantic consumer dialogue : Resolution on Investor-State Dispute Resolution in the Transatlantic Trade and Investment Partnership : http://www.consumersinternational.org/media/1398522/tacd-ttip-resolution-on-investor-state-dispute-resolution.pdf ainsi que Accord transatlantique : l’arbitrage des différends Etats-entreprises remis en question (Contexte) : http://regards-citoyens-europe.over-blog.com/2014/03/accord-transatlantique-l-arbitrage-des-differends-etats-entreprises-remis-en-question-contexte.html) que par le retour des attitudes 'égoïstes' et 'frileuses' des Etats membres pour qui le Conseil européen est devenu le forum de tous les marchandages les plus destructeurs du point de vue du contrat politique de solidarité acté dans les traités de Rome (cf. Retour sur images : le 25 mars 1957 étaient signés les Traités de Rome  ainsi que Traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier, traité CECA ).

Les alternances politiques qui se sont déroulées depuis 2008 dans les nations membres n’y ont rien fait (cf. Les limites démocratiques de ces alternances politiques forcées par la dictature de crises systémiques dévastatrices !) !

D’autant moins d’ailleurs que nombre des leaders de gauche et de droite ont eux aussi franchi le Rubicon en rejoignant dans leur grande majorité le camp des nombreux eurodéçus après avoir franchi le cap de l'euroscepticisme lors de la phase de ratification du traité instituant une Constitution pour l'Europe (*).

Après la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, l’Irlande et bien d'autres pays membres de l'Union, la France comme l'Allemagne ont été soumises à des plans d’austérité excessivement traumatisants sur le plan social.

Le mécanisme européen de stabilisation financière comme le pacte de l'Euro + et le pacte budgétaire dont la règle d'or n'a pas trouvé sa concrétisation pleine et entière dans les corpus constitutionnels des Etats membres n’ont pas permis de mettre un terme définitif à la crise de leur dette souveraine alors même que plusieurs centaines de milliards d’euros ont été engloutis pour leur sauvetage.

La France et le Royaume-Uni ont vu leur note fortement dégradée après les choix économiques de relance par la politique budgétaire arrêtés par leurs nouveaux gouvernements malgré les modifications substantielles du corps de doctrine économique et budgétaire de l'Union économique et monétaire.

Malgré des accords politiques de surface motivés davantage par des enjeux électoraux de court terme que par le souci de renforcer les institutions européennes afin qu'elles soient pleinement en capacité d'exercer les pouvoirs qui leur ont été attribués par les nations, en France comme en Allemagne, la montée des mouvements antieuropéens, sous l’effet à la fois d'une lecture de plus divergente des deux côtés du Rhin de l'intérêt général européen autant que des intérêts et nationaux respectifs, des arguments populistes antieuropéens développés par les mouvements antimondialistes et altermondialites, des discours mensongers d'une part importante des élites médiatisées sur les latitudes juridiques offertes aux nations parties à l'eurozone pour abandonner l'euro (cf.  Cinq arguments anti-euro au banc d'essai, par Anne Rodier et Adrien de Tricornot (Le Monde) ainsi que Il est temps de mettre un terme à ces débats stériles autour de l'abandon de l'euro !) et des thèses souverainistes et xénophobes d’acteurs importants de la vie politique interne de ces deux nations pourtant fondatrices du projet européen, a puisé dans l’aggravation de la crise de la dette souveraine au sein de l’eurozone  le terreau le plus fertile pour forcer ces décisions, malgré les cataplasmes européens élaborés dans l’urgence (cf. La colère de Jacques Delors : l'ancien président de la Commission européenne est indigné de l'absence de prise de décision face à la crise en Europe (Le Point)).

Ils se sont notamment traduits par la non exécution quasi systématique par les institutions de l'Union comme par une multitude de gouvernements nationaux des engagements contractés par les chefs d'Etat et de gouvernement lors des Conseils européens consacrés aux questions stratégiques et économiques, ainsi que par la mise en quarantaine des recommandations politiques les plus exigentes portées par le Parlement européen au travers de ses résolutions. L'exemple le plus frappant est celui portant sur la démocratie européenne : les appels du Parlement européen sous l'impulsion de l'eurodéputé britannique Andrew Duff (cf. Rapport DUFF : l'avenir de la démocratie européenne) ont connu un échec cinglant témoignant ainsi d''une manifestation collective d'un dédain à leur égard.

Pourtant tout avait été tenté, même le pire : donner les clés de l’Union au Royaume-Uni en nommant à la plupart des postes clés des institutions européennes soit des britanniques soit des personnalités particulièrement sensibles aux appels réitérés de la sirène anglo-saxone. Un Royaume-Uni qui n’a toujours pas adopté l’euro comme monnaie nationale alors même qu’il s’y était engagé lors de son adhésion à l’Union économique et monétaire.

La machine à décricoter l’Union de l’intérieur est alors à l’œuvre, avec la complicité des principaux dirigeants européens (cf. Le démontage de l'Europe a commencé ! ) !

Après celui qui a mis un terme à la proposition de relance de la politique étrangère et de sécurité commune initiée par le couple franco-allemand, les échecs des tentatives démocratiques aux marches méridionales de l’Europe a rendu la situation géopolitique intenable.

Les objectifs et intérêts stratégiques de l'Union sont opaques au point que les citoyens s'interrogent sur leur existence même (cf. De l'épineuse question des objectifs stratégiques de l'Union européenne  

Pis encore : force est de reconnaître, impuissant, que Le projet transatlantique des dirigeants européens a définitivement supplanté le projet d’Union politique autonome !

L’inconsistance diplomatique et stratégique de l’Union face à cette situation oblige à agir ! Et vite !

La persistance de ces attitudes politiquement castratrices a profondément entamé la confiance de leurs citoyens autant que celle de leurs principaux agents économiques dans un projet européen enfermé dans une vision étriquée des grands mouvements du monde qui modifient en profondeur les paradigmes économiques, sociaux, écologiques et stratégiques.

Lassés à la fois par les tergiversations diplomatiques au sein des institutions de l’Union à l’égard des grandes orientations politiques, stratégiques et budgétaires et par les refus récurrents de certains de leurs partenaires européens à la fois d’entreprendre les réformes en profondeur de leurs propres systèmes politique et économique, et de progresser collectivement sur la voie d’une intégration politique européenne à la mesure des défis internes et globaux qui rendent cette intégration indispensable (cf. notamment l'appel de Jacques Delors en ce sens : Pour un renouveau de l’Europe, par Jacques Delors (Président fondateur de Notre Europe)), la France, dans un premier mouvement de rupture, puis, quelques jours plus tard, l’Allemagne, préparée à une telle ‘surprise stratégique’ sur le territoire même de l’Union et placée elle-même sous l’effet de la répétition des injonctions de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe appelant au respect le plus strict du droit primaire, tantôt constitutionnel(Grundgesetz), tantôt européen (Traité de Lisbonne), saisissent l’opportunité juridique que leur offre les articles … et .. du Traité sur l’Union européenne pour sortir de cette Union moribonde, après avoir dûment informé l’ensemble de leurs partenaires de leur intention commune d’agir de la sorte (cf. L'article 49-A du Traité de Lisbonne permet à un Etat membre de sortir de l'Union européenne ).

Intervenant peu de temps après la commémoration du 60 ème anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée (Traité de l'Elysée (22 janvier 1963)), ces décisions à la fois audacieuses et périlleuses tombent sous le sens.

Mais elles ne peuvent suffire à elles-seules pour relancer la France et l’Allemagne dans la compétition internationale. Bien au contraire ! Hélas !

A suivre !  

(*) Il est intéressant de relever que le feuilleton d’été de l'année 2012 du journal Le Monde a été intitulé «Terminus pour l’euro» et qu’il envisage le scénario d'une sortie de l'euro par l'Allemagne, a minima en refusant l'euro comme monnaie unique sinon comme monnaie commune, sous forme de fiction. Comme quoi cette perspective travaille bien les esprits de gauche les moins systématiquement eurosceptiques.    

Voir également : Retour sur image : Retrouver une « mystique européenne », par Pierre Moscovici (Forum Libération)

Nb : cet article a été publié plusieurs fois sur ce blog au cours de l'année 2012. 

 

 

 

 

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commentaires

microneedle roller 07/04/2014 13:59

But wanna comment on few general things,I mean look at what is happening in Crimea. It is all because of the betrayal of Ukraine who has no spine to face the world. The website pattern is perfect, the written content is real great :D.

Penser pour agir !

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