Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 08:38

A coordinated strategy for CBRN risk mitigation

EU CBRN Risk Mitigation Centres of Excellence project, launched in 2010, is an Initiative of the European Union. It is implemented jointly by the European Commission's Joint Research Centre (JRC) and the United Nations Interregional Crime and Justice Research Institute (UNICRI).

The creation of the EU CBRN Risk Mitigation Centres of Excellence (CBRN CoE) aims to implement a coordinated strategy for CBRN risk mitigation at international, regional and national levels.

The origin of the risk can be criminal (proliferation, theft, sabotage and illicit trafficking), accidental (industrial catastrophes, in particular chemical or nuclear, waste treatment and transport) or natural (mainly pandemics).

The CBRN CoE works in collaboration with more than forty Partner Countries in eight regions outside of the European Union. In order to facilitate the implementation of the Initiative, a network of CoE Regional Secretariats is being established.

CoE Secretariats will soon be operational in the following five regions:
- African Atlantic Façade;
- Middle East;
- North Africa;
- South East Asia;
- South East Europe, Southern Caucasus, Moldova and Ukraine.

The opening of the Secretariats in three other regions: Central Asia, Gulf Cooperation Council Countries, Eastern and Central Africa will follow.

Activities implemented by the CBRN CoE are carried out in collaboration with EU Member States and International and Regional Organisations, to ensure synergy and reduce duplication.

 

Read More : http://www.cbrn-coe.eu/Home.aspx

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 22:41

Regards-citoyens.com a publié depuis sa création en décembre 2008 une série d'articles analysant le positionnement de l'Union européenne face aux nombreux enjeux globaux ainsi que les initiatives à entreprendre pour lui permettre de devenir un véritable acteur global dans le monde.

Le Bureau des conseillers de politique européenne (BEPA, son acronyme en anglais), positionné auprès du président de la Commission européenne, a entrepris dès 2010 une série de travaux en ce sens dans le cadre de son programme ESPAS (European Strategy and Policy Analysis System) ; un programme ouvert à des tiers au travers de procédures de marchés publics.

Le lecteur intéressé par ce programme peut consulter le site ouvert à cet effet : http://ec.europa.eu/bepa/activities/public_procurement/index_fr.htm      

Voir également à ce sujet :

 * Think Global- Act European IV. par Elvire Fabry (Notre Europe – Institut Jacques Delors)

 * Do you know the European Global Strategy project ?

 * JRC Strategy 2010-2020 : Summary  

 *  Global Risks Report 2013

 * Future Global Shocks (OECD)  

 * GlobalTrends 2030 GlobalTrends 2030

 * Meeting Global Challenges through Better Governance: International Co-operation in Science, Technology and Innovation - Policy Brief

 *  C'est plus que jamais aux génies culturels, scientifiques et techniques que doivent être confiées les clés des réflexions prospective et stratégique !   

 *  A la recherche d'une pensée et d'une action politiques à la hauteur des défis globaux ! (Nouvelle édition)

 * Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique      

 * La Commission européenne va s'appuyer sur la nouvelle stratégie de son Centre commun de recherche pour élaborer ses politiques

Voir également les articles suivants :  

* Penser la stratégie signifie aujourd'hui penser et agir de manière à la fois globale et systémique

* Europe politique : un espoir est-il raisonnable ? par Alain Richard (Revue Politique étrangère)

* Vouloir bâtir une Europe politique comporte des exigences irréductibles ! (nouvelle édition)

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - première partie -

* en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - deuxième partie -

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - troisième partie -

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - quatrième partie -

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - cinquième partie -

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - sixième partie -

* Où en est l'Union européenne face aux défis globaux ? - septième partie -

* Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (1)

* Réviser en profondeur la stratégie européenne de sécurité ! De la nécessité et de l'urgence (2)

ainsi que d'autres articles publiés dans la rubrique intitulée Regards-citoyens.com analyse et propose 

Voir enfin :

 * 50 ans de stratégies publiques de la Recherche et de l’Innovation en France : les trois étapes de l’affaiblissement de la régulation politique (Up' Magazine)

 * C'est plus que jamais aux génies culturels, scientifiques et techniques que doivent être confiées les clés des réflexions prospective et stratégique !

Repost 0
Published by Patrice Cardot - dans L'UE face aux défis globaux
commenter cet article
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:28

La procédure des questions écrites participe du pouvoir de contrôle du Parlement sur l’exécutif. Elle est un instrument mis à la disposition de chaque député libre d’aborder n’importe quel sujet. Le ministre destinataire ne répond pas personnellement à la question, même si elle lui est formellement adressée. Le fond et la forme sont travaillés, filtrés, corrigés par les services du ministère. De nombreux personnels administratifs sont mobilisés pour apporter des réponses dans des délais relativement restreints (un mois selon les textes) mais rarement respectés. Et, souvent, les réponses publiées au journal officiel ne sont pas à la hauteur des attentes. Un nouvel exemple nous est apporté par le Ministère de la défense.

Le 3 juillet 2012, François Cornut-Gentille a interrogé Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, pour lui demander « de préciser le coût budgétaire de l’heure de vol pour chacun des aéronefs, avions et hélicoptères, en service dans les armées ». Ceci afin de mettre un terme à un débat stérile sur le coût de ces équipements. En effet, outre la réponse au besoin opérationnel, la décision d’acquisition repose sur le coût initial, mais aussi celui lié à la maintenance et à celui de l’heure de vol. Or, l’heure de vol donne lieu à de nombreuses polémiques qui ne tiennent pas compte de la valeur ajoutée technologique. 

Dans sa réponse publiée le 22 janvier 2013 (soit cinq mois après le délai réglementaire…), le ministre (ou plutôt ses éminents services) rappelle les éléments pris en compte dans l’estimation des coûts du maintien en condition opérationnelle des appareils. Cet exercice pédagogique utile est suivi par un maigre tableau présentant « des moyennes des coûts du MCO par heure de vol constatés en 2010 » :

 

TYPE
D’AÉRONEF
MOYENNE DES 3 COÛTS
les plus importants
MOYENNE DES 3 COÛTS
les moins importants
Avions 26 235 € 1 344 €
Hélicoptères 32 480 € 4 323 €

 

Pour une question demandant le coût budgétaire de l’heure de vol « pour chacun des aéronefs », la réponse s’apparente plus à un pied de nez qu’à une contribution à l’information du Parlement. Face à ce refus de répondre, François Cornut-Gentille a de nouveau déposé une question écrite demandant des données plus détaillées. A suivre…

 

Source : http://www.francois.cornut-gentille.fr/2013/01/23/pied-de-nez-ou-bras-dhonneur-de-la-defense-au-parlement/

 

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:16

Le discours tant attendu de David Cameron sur le Royaume-Uni et l’Europe ( 2013 Cameron EU Speech at Bloomberg (23 January 2013) ) sera sans aucun doute l’événement le plus commenté de ces prochaines vingt-quatre heures. Et c’est bien normal puisque le Premier ministre britannique a pris ses responsabilités devant l’Histoire en demandant une renégociation des traités et une réforme en profondeur de l’Union européenne, tout en s’engageant, s’il obtient ce qu’il veut, à faire campagne pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’Europe réformée lors d’un référendum qu’il organiserait d'ici la fin 2017 dans son pays, s’il est toujours Premier ministre. C’est à la fois habilement joué et extrêmement risqué… A l’image d’un discours, qui assure aux eurosceptiques la possibilité de faire campagne pour la sortie de l’UE, tout en plaidant pour « une certaine idée » très britannique de l’Europe, réduite au seul marché intérieur. C’est habile parce que dans la renégociation, il compte bien instrumentaliser le référendum et le risque d’une sortie du Royaume-Uni et c’est risqué parce que nous ne devons craindre ni la renégociation, ni la sortie du Royaume-Uni.

Il n’y a rien de nouveau sous le ciel britannique. Depuis toujours, la conception anglaise de l’Europe repose exclusivement sur les intérêts économiques et commerciaux de la Grande-Bretagne, sans rapport affectif, comme le dit David Cameron, à une union politique « toujours plus étroite ».

En conséquence, il préconise de laisser à ceux qui veulent l’intégration politique le soin d’accélérer la manœuvre, mais sans le Royaume-Uni qui les ralentirait. Voilà qui me parait fort sage. Nous sommes 17 nations à avoir la même monnaie et les mêmes frontières extérieures. S’il existe entre nous des différences culturelles – même entre Allemands et Français et même à l’intérieur de ces deux peuples – nous aspirons, peu ou prou, à achever la construction d’une Europe politique, ce qui passe inévitablement par davantage de politiques communes, des institutions politiques plus fortes et plus démocratiques, une politique étrangère et une défense commune. Bien entendu, les dix-sept constituent un noyau dur, auquel d’autres pourront s’agréger. Mais l’important est ici que le Premier ministre britannique ouvre la voie à une rénovation de la cathédrale baroque qu’est devenue l’Union européenne. C’est pour nous une chance unique d’y mettre de l’ordre, de la rendre plus efficace, plus compréhensible pour les citoyens, d’y introduire une plus grande dose de démocratie représentative et de mettre un terme à l’anarchie organisée – comprenez la méthode intergouvernementale – qui paralyse son fonctionnement. Cette chance, nous devons la saisir.

Que demande David Cameron en échange ? Peu de choses en définitive si on se réfère au fonctionnement de l’UE aujourd’hui. Il souhaite que le Royaume-Uni reste en dehors de la zone euro. C’est déjà le cas. Que le marché intérieur soit développé dans trois secteurs : les services, l’énergie, et l’économie digitale et que l’on instaure un Conseil Marché intérieur. Que l’on accélère le libre échange, en particulier avec les États-Unis, le Japon et l’Inde. Que l’on réduise la quantité de règles, qu’il juge excessive, dans le marché intérieur et que l’on en dispense les petites entreprises. Enfin que l’on réduise la taille des institutions et le nombre d’organes périphériques. Voilà qui n’est pas cher à payer pour enfin réaliser l’Europe politique !

Nous avons aujourd’hui deux traités, avec des opt-in et des opt-out et toute une ribambelle de situations particulières. Au pire, nous aurions demain, un traité sur le Marché unique avec le Royaume-Uni (et pourquoi pas la Suisse, la Norvège, etc.) et un traité sur l’Union européenne. Une union politique intégrée, avec une voix forte sur la scène internationale, des capacités civiles et militaires, une monnaie commune, un vrai budget…. Thank you David, indeed !

Cet article a été préalablement publié dans l'éditorial du n° 576 d'EDD en date du 24 janvier 2013. 

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:11

En réaction au discours de M. Cameron, le Mouvement Européen-International a publié un communiqué de presse, qui considère le projet de référendum comme l'occasion d'un vrai débat sur l'Union européenne.

Le Mouvement Européen Royaume-Uni a pour sa part publié une lettre ouverte à M. Cameron sur le site du Guardian, signée par de nombreux politiques britanniques.

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 13:03

Les grandes banques de l'Union européenne devront présenter d'ici la fin de l'année des "testaments" ("living wills") précisant de quelle manière elles pourraient survivre à une crise sans avoir besoin du soutien financier du contribuable.

Trente-neuf banques sont concernées, dont 15 ont déjà élaboré de tels plans de survie sous la houlette du Conseil de stabilité financière (CSF), a fait savoir l'Autorité bancaire européenne (ABE) mercredi.

Parmi ces établissements figurent les groupes français BNP Paribas, Crédit agricole, BPCE et Société générale.

"Les plans devront être soumis aux autorités compétentes respectives et discutés au sein des collèges de superviseurs", a précisé l'ABE.

Ces documents, qui peuvent rassembler plusieurs milliers de pages, définissent comment une banque reconstituerait des fonds propres et des financements qui auraient été épuisés. Ils détaillent aussi les procédures de liquidation de certains actifs de façon à assurer les services vitaux tels que les systèmes de paiement.

Les régulateurs devront juger, à partir de ces documents, si les solutions proposées par la banque sont réalistes ou s'il y a lieu de procéder à une restructuration interne.

L'Union européenne a élaboré un projet de directive gouvernant la gestion des banques transfrontalières en difficulté, texte qui prévoit précisément la rédaction obligatoire d'un "testament".

L'ABE fait pression sur les banques pour qu'elles aient terminé ce testament avant la fin de l'année dans le cas où la nouvelle directive serait adoptée avec retard.

Le CSF, un organe du Groupe des Vingt (G20), a déjà élaboré des règles pour les 28 banques mondiales jugées les plus importantes sur un plan systémique.  

Suite...

 

 

Repost 0
24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 07:21
Le rapport des quatre présidents publié en décembre 2012, « Vers une véritable union monétaire », souligne la nécessité d’une capacité d’absorption des chocs asymétriques au niveau de la zone euro.
Henrik Enderlein, Jann Spiess et Lucas Guttenberg ont cherché à contribuer à cette réflexion en proposant la création d’un Fonds assurantiel d’ajustement cyclique (FAAC) qui interviendrait en fonction des différences constatées dans les écarts de production.
Pour renforcer la convergence des cycles au sein des économies de la zone euro, ce dispositif drainerait des fonds depuis les économies en surchauffe vers celles qui ralentissent, atténuant ainsi, substantiellement, les effets procycliques de la politique monétaire unique de la BCE, dite du "one size fits all". L’écart de production sert d’indicateur synthétique du positionnement d’une économie dans le cycle. Les mouvements du CAAF sont donc déterminés par la différence entre l’écart de production d’un État membre et l’écart agrégé de la zone euro. Le dispositif est par définition équilibré tous les ans et notre simulation indique qu’à long terme le solde net par pays s’approche de zéro.
Dans leur scénario de base, ils forment l’hypothèse que les transferts représentent 50% de la différence entre les écarts de production nationaux et l’écart agrégé ; ils évaluent à 1,2 la valeur du multiplicateur budgétaire, dans la mesure où les paiements diminueront substantiellement les effets de la boucle de rétroaction, étendus sur trois ans. Dès lors, leur simulation montre que si le dispositif avait été en place lors du lancement de l’euro, la déviation standard moyenne des écarts de production par rapport à l’écart agrégé de la zone euro aurait été inférieure de 39,4% à celle des quatorze années écoulées. En outre, les effets de lissage auraient été les plus forts durant les périodes de variations plus marquées, à savoir durant les années 2005-2007, qui ont précédé la crise, ainsi qu’au cours des deux dernières années. Presque tous les membres fondateurs de l’Union économique et monétaire (UEM) se seraient trouvés dans une position financière nette proche de zéro à la fin de la période de simulation.
Ce Policy Paper est une proposition d’application de l’idée de fonds d’ajustement cyclique présentée dans le rapport du groupe Tommaso Padoa-Schioppa "Parachever l'euro. Feuille de route vers une union budgétaire en Europe".
Voir le document :
 
 
Repost 0
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 21:33

Un peu plus de 20 ans après la signature du Traité de Maastricht, 50 ans après la signature du Traité de l'Elysée, la relation franco-allemande dans le domaine de la défense est au plus bas. Commencer un article par ce constat n'est ni un exercice de style, ni faire preuve d'un pessimisme exagéré, ni se complaire dans une morosité ambiante. C'est simplement décrire la situation actuelle sans fard, dire tout haut ce que nombre de personnes pensent tout bas, et surtout essayer de raviver la flamme : non, ce couple ne doit pas divorcer ! Une tribune de Jean-Pierre Maulny, directeur adjoint de l'IRIS.

Les stigmates de ce divorce sont nombreux : la divergence de position des deux pays sur l'opération en Libye, l'absence de programme d'armement commun depuis 10 ans, le sentiment qu'a eu l'Allemagne d'être écartée comme interlocuteur de la France pour la coopération en matière de défense du fait du Traité franco-britannique, les critiques allemandes sur la répartition du pouvoir au sein de EADS, le sentiment partagé des deux côtés du Rhin que les marchés d'armement des deux pays sont fermés, l'absence de proposition commune pour faire progresser la Politique de sécurité et de défense commune, le sentiment des Français que les Allemands les ont trahis lors du sommet de l'OTAN de Lisbonne sur les sujets de la dissuasion et de la défense anti-missiles, le sentiment des Allemands que les Français veulent dominer l'Allemagne dans la défense mais que l'industrie française n'est plus compétitive, le sentiment des Français qu'à l'inverse c'est la France qui a financé la recherche dans le domaine de l'armement et que l'Allemagne n'a pas de légitimité dans ce domaine et, pour tout dire, le sentiment de méfiance partagée entre les deux pays.

Il est difficile pour un Français d'exprimer ce que ressentent les Allemands. Il peut simplement décrire ce qu'il voit, essayer de comprendre la position de l'autre. Il peut aussi essayer d'expliquer la position française, si tant est qu'il y ait « une position française » car après tout, les avis peuvent diverger, même dans un pays comme la France, sur les problèmes de défense.

Les motivations de ce mariage n'étaient certainement pas exactement les mêmes en France et en Allemagne

A l'origine le couple franco-allemand s'est donc marié lors du traité de Maastricht. Il y avait longtemps que le flirt avait commencé mais il fallait passer à l'acte. Les motivations de ce mariage n'étaient certainement pas exactement les mêmes en France et en Allemagne, mais cela n'est-il pas la même chose dans tous les couples ?

La France a longtemps milité pour l'avènement d'une Europe de la défense. En 1956, elle a compris qu'elle n'avait plus les moyens de son indépendance et que ses intérêts de sécurité ne correspondraient pas toujours à ceux des Etats-Unis. Se doter d'une force de dissuasion nucléaire était un instrument de cette autonomie mais cela ne suffisait pas : il fallait convaincre les Européens qu'ils avaient un destin commun et que l'Europe politique était le prolongement nécessaire de l'Europe économique en train de naître. La fin de la Guerre Froide et de la menace soviétique ouvrent dès lors une fenêtre d'opportunité sans égal. La disparition de la menace majeure entraîne de facto une moindre dépendance de l'Europe vis-à-vis des Etats-Unis pour sa sécurité : elle doit permettre à une politique étrangère et de défense commune de prendre son envol. Pour la France, l'Allemagne est le partenaire rêvé pour construire cette Europe de la défense : son poids économique est important, son rôle politique ne peut que croître. Et puis il y a d'autres raisons moins avouables ou moins avouées : pour les Français, les Britanniques ne sont pas Européens, ils sont liés très étroitement aux Américains, ayant fait le chemin inverse de la France en 1956. Il y a également le sentiment diffus qu'il faut contrôler l'Allemagne même si la génération qui a vécu la Seconde Guerre mondiale est en voie d'extinction : la politique étrangère et de sécurité commune est la garantie qu'il n'y aura plus de politique nationale de défense en Allemagne.

Outre-Rhin, des séquelles toujours vives de la Seconde Guerre mondiale

Du côté allemand, il y a toujours une méfiance à afficher des objectifs en matière de politique étrangère, séquelle toujours vive de la Seconde Guerre mondiale. L'expression ultime de la prudence allemande s'est exprimée lors du vote de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui devait permettre le recours à la force contre le Colonel Khadafi. Encore que dans ce cas l'abstention allemande fut en soi l'expression d'une volonté même si celle-ci ne fut pas conforme à ce que souhaitait la France. Les Allemands auraient pu voter cette résolution et ne pas participer aux opérations militaires : ils ont finalement préféré afficher leur différence.

Même la gestion de la crise économique est l'expression de la prudence de l'Allemagne sur la scène internationale. Entre une gestion de bon père de famille qui veut que l'on ne vive pas au-delà de ses moyens et l'expression d'une solidarité européenne face à la crise de la dette, qui est un acte d'engagement politique, les Allemands ont pour le moment choisi de donner la préférence à la gestion de bon père de famille. La difficulté à laquelle font face les dirigeants politiques européens aujourd'hui est qu'il leur faut tout à la fois tenir un langage de raison, il ne faut pas mentir à nos citoyens, mais il faut également leur donner une vraie perspective politique sur l'avenir de l'Europe. Face aux sentiments nationaux toujours vifs, il faut faire rêver les Européens d'une nouvelle frontière qui sera celle de l'Europe et non refermer ces frontières entre la remise en cause de Schengen et l'acceptation de taux d'intérêt différenciés sur les emprunts pour rembourser la dette.

Dans ce paysage, l'implication de l'Allemagne dans la construction de l'Europe politique et de l'Europe de la défense au début des années 90 doit aussi être réinterprétée comme la réassurance donnée par l'Allemagne réunifiée à ne pas agir en fonction de ses seuls intérêts nationaux sur la scène internationale.

La France s'est essoufflée face au peu d'appétence de ses partenaires pour l'Europe de la défense

Reste qu'aujourd'hui, cette Europe de la défense est en panne. L'Allemagne s'est arrêtée à la construction institutionnelle de l'Europe de la défense sans vouloir lui donner de dimension pratique et tangible tant les conditions qu'elle impose à l'emploi de la force sont restrictives. La France s'est quant à elle essoufflée face au peu d'appétence de ses partenaires pour l'Europe de la défense. Elle s'est surtout égarée en perdant les repères de sa politique étrangère. Le tropisme américain développé par l'ancien Président de la république Nicolas Sarkozy, alors même que notre pays avait refusé d'intervenir en Irak en 2003, l'illusion qu'une politique étrangère commune puisse se bâtir avec le Royaume-Uni sur la seule conception partagée de l'usage de la force ont dérouté notre partenaire outre-Rhin. Le fait qu'un nouveau Président, François Hollande, ait été élu en France doit permettre de mettre fin à cette spirale négative dans la relation franco-allemande en matière de défense. On objectera que les premières relations du couple Hollande/Merkel furent tendues sur la question de la crise de la dette. Mais on ne peut s'arrêter à ce constat comme prétexte pour ne pas agir. Que peuvent donc partager Français et Allemands pour rebâtir une relation saine dans le domaine de la défense ? Quelle méthode faut-il employer pour mettre fin aux incompréhensions qui sont nées ces dernières années ? Il faut en cette nouvelle année prendre de bonnes résolutions pour rétablir la relation franco-allemande et pour cela établir certaines règles :

Règle 1 : Respecter l'autre et lui faire confiance

Nous voulons une Europe unie. Mais nous sommes différents. Nier nos différences culturelles serait une erreur et de plus cette différence peut être une chance et non une tare comme certains peuvent le penser. Ainsi l'Allemagne répugne à utiliser la force armée. Comment pourrait-il en être autrement étant donné l'histoire de ce pays ? Les Français devraient cesser de se lamenter de cette situation et reconnaître que depuis 20 ans les choses ont déjà beaucoup évolué en Allemagne. Qui se souvient de l'arrêt de la cour de Karlsruhe du 12 juillet 1994 qui a permis à la Bundeswehr d'être déployée pour des opérations de maintien de la paix en dehors de la zone couverte par l'OTAN ? Certes le vote au Conseil de sécurité des Nations Unies a laissé des traces mais sur le strict plan militaire il a pu être trouvé une solution qui permettre à l'OTAN de ne pas être handicapé par la non présence d'équipages allemands sur les AWACS, ceux-ci étant basculés sur le théâtre afghan. L'abstention d'un pays de l'Union européenne sur un théâtre d'opération n'est pas nécessairement un handicap si celle-ci est anticipée et si on évite de souligner des divergences de point de vue somme toute naturelles : il faut que les sensibilités diverses puissent s'exprimer sans contradiction si nous voulons éviter les confrontations frontales entre nos deux pays.
En contrepartie, il faut que les Allemands cessent de penser que la France est un pays va-t-en guerre qui cherche à défendre ses seuls intérêts de sécurité. La vraie question que nous devons nous poser est de savoir quels intérêts de sécurité nous avons en commun. Nous devons également nous interroger pour savoir jusqu'à quel point nous sommes prêts à prendre en compte les intérêts de sécurité de l'autre car ce n'est pas un drame de reconnaître que nous ne partageons pas totalement les mêmes intérêts de sécurité. C'est une question que nous devons nous poser avec l'Allemagne mais également avec tous les pays de l'Union européenne. Mais qui pourrait accuser les Français de chercher à faire partager ses craintes face aux menaces auxquelles nous faisons face ? Tous les pays agissent de même et les seules questions que nous devons nous poser sont de savoir si ces menaces sont avérées et de quelle manière nous pouvons y répondre : c'est aussi vrai au Sud avec la menace terroriste au Mali que dans le Caucase avec les risques de déstabilisation.
Dans le domaine de la défense, nous ne remettrons la relation franco-allemande sur les rails que si nous nous faisons confiance. La confiance cela ne veut pas dire que nous partageons le même point de vue, cela veut simplement dire que nous considérons qu'il n'y a pas d'agenda caché quand l'autre pays émet une proposition et que la justification qu'il avance n'est pas sujette à caution. Cela suppose également, quand l'un des deux a un doute sur les intentions de l'autre, de l'exprimer clairement afin de rechercher à établir le dialogue.

Règle 2 : Apurer le passé notamment dans le domaine de l'armement

Il y a du non-dit dans la relation franco-allemande, notamment dans le domaine de l'armement. L'objet de cet article n'est pas d'entrer dans les détails mais de constater la situation et chercher comment y remédier. Les Allemands ont parfois l'impression que la coopération en matière d'armement s'est faite au profit des Français. Ces derniers considèrent pour leur part qu'ils ont financé cette industrie notamment parce qu'ils recherchaient l'autonomie stratégique et qu'ils font donc profiter l'Europe de leur effort financier pour atteindre cet objectif. Les Français parlent de politique industrielle non pour des questions industrielles, mais parce que c'est cette recherche d'autonomie stratégique qui guide leur politique dans l'armement. La politique française n'est donc pas protectionniste comme le pense les Allemands, elle ne peut s'expliquer que par ce souci de sécurité d'approvisionnement. Pour les Allemands, l'industrie c'est une question... industrielle. Cela relève donc des entreprises et il ne peut donc y avoir de politique industrielle au sens où les Français l'entendent. Les deux pays ne parlent donc pas le même langage quand il s'agit de politique industrielle dans l'armement ce qui multiplie les sources d'incompréhension. Enfin, les Français veulent relancer l'Europe de la défense par le biais des capacités militaires non pas par adhésion subite et maligne au pragmatisme britannique mais simplement parce que c'est la crédibilité militaire de l'Union européenne qui est en jeu tout comme l'utilisation la plus rationnelle possible de nos moyens financiers. Ces incompréhensions s'ajoutent donc au non-dit ou rancœurs du passé.

Règle 3 : Utiliser la différence comme un atout et non un handicap

Et si l'Europe c'était utiliser à bon escient les spécificités de chacun ? La tendance naturelle c'est de faire une « Europe unique », une Europe qui serait pour les Français à l'image de la France et qui serait à l'image de l'Allemagne pour les Allemands. Il n'est pas sûr que nous puissions y arriver ainsi. Dans la défense, il y a pourtant un moyen de résoudre les contradictions et d'additionner les spécificités comme autant de facteurs qui loin d'être antagonistes nous permettraient d'être complémentaires. La France fait la guerre et l'Allemagne non : on peut très bien imaginer que dans la période actuelle la France se spécialise dans les capacités d'entrée en premier dans les conflits et l'Allemagne dans les forces de dissuasion. L'Allemagne est anti-nucléaire et la France dispose de forces nucléaires : est-ce totalement incompatible ? L'Allemagne peut très bien être un acteur européen actif dans le désarmement nucléaire alors que la sécurité de l'Alliance atlantique continuera à être renforcée par les forces nucléaires françaises, comme cela a été constamment réaffirmé depuis le sommet de l'OTAN d'Ottawa en 1974, et tant que nous ne serons pas dans une situation d'avoir un désarmement nucléaire négociée.

Règle 4 : Dialoguer

En recommandant le dialogue, on peut avoir le sentiment d'enfoncer des portes ouvertes. Pourtant ce n'est pas le cas. Dialoguer c'est utiliser tous les canaux de la relation franco-allemande pour essayer de rétablir la confiance entre les pays. A côté des autorités gouvernementales, et bien évidemment en plus haut lieu des chefs d'Etat, il y a les parlementaires, les think tanks. Il ne faut pas hésiter à utiliser tous les formats, restreints, élargis, mêlant les différentes catégories d'acteurs ou à l'inverse en restant en strict tête-à-tête. Il faut que l'information circule sur les résultats de ces discussions, il faut établir des constats partagés de ces discussions même si ce sont des constats de désaccord. Il faut enfin établir la coordination entre tous ces lieux de discussion. Il faut éviter que le 50e anniversaire du traité de l'Elysée ne soit un hymne à la coopération franco-allemande servant de cache misère à la réalité. Il faut que ce soit l'occasion d'un nouveau départ et non un point d'arrivée. L'IRIS contribuera à cet effort dans le cadre du cercle stratégique franco-allemand qu'il anime depuis près de 15 ans avec la Fondation Friedrich Ebert mais également dans le cadre de ses recherches sur les questions de politique de défense, avec toujours pour objectif que cette coopération franco-allemande se fasse au profit des deux pays et d'une Europe unifiée.

Source : http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130122trib000744076/la-relation-franco-allemande-et-la-defense-un-couple-en-instance-de-divorce-.html

Repost 0
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 16:39

Think Global ...

Comment anticiper l’effet négatif de la crise et le scénario d’un rétrécissement progressif de l'influence européenne dans un monde multipolaire ?
Tout en se concentrant sur l'assainissement des finances publiques et la relance économique, l'UE doit clarifier sa stratégie d'action extérieure et veiller à introduire plus de cohérence avec ses politiques internes.
Quels sont les principaux défis et priorités pour l'Union européenne sur la scène internationale ? Comment développer une stratégie plus globale qui réponde à ces défis ? Comment renforcer la cohérence des politiques externes (commerce, développement, politique de voisinage, …), entre ces mêmes politiques et la dimension des politiques internes et enfin entre acteurs institutionnels ?  
... Act European
Notre Europe- Institut Jacques Delors mobilise un groupe inédit de think tanks européens qui adressent leurs recommandations dans le Rapport Think Global- Act European.
Lancé en 2008, ce groupe, qui compte aujourd’hui 16 think tanks, rédige un rapport tous les dix-huit mois sur les nouvelles priorités de l’UE. Les trois premières éditions du rapport (2008, 2010 et 2011) avaient mis l'accent sur les enjeux de coordination qui se présentent aux trio successifs des présidences de l'UE sur un agenda de dix-huit mois.
« Think Global – Act European IV. Thinking Strategically about the EU’s External Action »
La prochaine édition du rapport, à paraître en Mars 2013 sous la direction d’Elvire Fabry, Chercheur Senior à Notre Europe – Institut Jacques Delors, est consacrée à l’action extérieure de l’UE.  
Voilà soixante ans que les Européens sont mobilisés en priorité par les défis internes du processus d’intégration et la crise financière actuelle focalise plus que jamais leur attention sur la résolution de la crise de la zone euro et le retour à la croissance, en négligeant l’action extérieure de l’UE. Pourtant les grandes mutations géoéconomiques qui sont à l’œuvre dans le monde depuis le début des années 2000, avec l’essor de nouvelles puissances économiques de plus en plus influentes, se traduisent sous l’effet de l’endettement public occidental par un renversement progressif des rapports de puissance entre l’Occident et le reste du monde. L'influence de l’UE dans le monde, tout comme sa capacité à promouvoir des mécanismes de régulation mondiale, s’estompent.
Pour contrer ces tendances et empêcher que les Européens ne soient progressivement marginalisés sur la scène internationale, l’UE a besoin d’une stratégie globale de long terme pour son action extérieure.
La Stratégie européenne de sécurité définie par Javier Solana en 2003, avait d'ores et déjà permis d'esquisser un cadre d'action ne se limitant pas aux seuls enjeux sécuritaires et intégrant plus largement la politique étrangère de l'UE. Mais celle-ci n’a été que partiellement révisée en 2008. Par ailleurs, la création du service européen d’action extérieure (SEAE) doit permettre à la diplomatie européenne de jouer un rôle significatif dans la coordination d’un nombre important d’instruments d’action extérieure de l’UE. Mais le pouvoir de décision est encore largement entre les mains des acteurs traditionnels (la Commission européenne et les Etats membres rassemblés au sein du Conseil) et des éléments clés de l’action extérieure (commerce, aide humanitaire, dimensions externe des politiques internes) ne sont pas assez coordonnés aux autres politiques relevant du SEAE.
Pour anticiper le scénario d’un rétrécissement progressif de l’influence européenne, les Européens doivent aujourd'hui engager un dialogue constructif entre le SEAE, les Etats membres, la Commission, le Conseil et le Parlement, qui permette de dépasser les conflits interinstitutionnels et de doter l’UE d’une stratégie extérieure qui intègre l’impact global de la crise financière et veille à la cohérence des politiques extérieures (commerce, développement, politique de voisinage, …) et de ces dernières avec la dimension externe de certaines politiques internes (marché intérieur, …).

Notre Europe – Institut Jacques Delors fait donc de son projet Think Global – Act European (TGAE) le cœur d’une réflexion plus vaste sur les priorités et les instruments de l’action extérieure de l'UE.

Carnegie Europe (Brussels), CCEIA (Nicosia), CER (London), CEPS (Brussels), demosEUROPA (Warsaw), ECFR (London, Madrid, Berlin, Paris, Sofia), EGMONT (Brussels), EPC (Brussels), Real Instituto Elcano (Madrid), Eliamep (Athens), Europeum (Prague), FRIDE (Madrid, Brussels), IAI (Rome), Notre Europe – Jacques Delors Institute ( Paris), SIEPS (Stockholm), SWP (Berlin).

 

 

 

 

Avant d’adresser leurs recommandations pour une stratégie plus intégrée de l’action extérieure de l’UE dans un rapport final publié en mars 2013, les experts des 16 think tanks européens ont confrontés leurs analyses en partant de différents enjeux stratégiques clés, à l'occasion de séminaires de travail organisés en Europe pendant l'automne 2012 :

Comment mieux promouvoir les intérêts économiques européens à travers le monde ?
[synthèse de séminaire] [policy papers (à venir)]

Quelle stratégie migratoire pour relever le défi démographique européen ?
[synthèse de séminaire (à venir)] [policy papers (à venir)]

Quelle cohérence entre action interne et externe pour assurer une gestion durable des ressources naturelles ?
[synthèse de séminaire] [policy papers (à venir)]

Comment faire du voisinage de l’UE une opportunité ?
[synthèse de séminaire] [policy papers (à venir)]

Comment les Européens peuvent-ils rester crédibles avec des capacités de défense réduites?
[synthèse de séminaire] [policy papers (à venir)]

Ce projet est mené avec le soutien du  
Source : http://www.notre-europe.eu/011-13535-Think-Global-Act-European-Thinking-strategically-about-the-EU-s-External-Action.html
Voir également :
et les articles auxquels ils renvoient.
Repost 0
23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 13:57

Le lecteur trouvera ci-après le texte du discours prononcé le 23 janvier 2013 à Bloomberg par le Premier ministre David Cameron sur l'Europe.

 

2013 CAMERON EU Speech at Bloomberg (1) 2013 CAMERON EU Speech at Bloomberg (1)  

 

 

Repost 0

Penser pour agir !

" Je préférerai toujours les choses aux mots,
et la pensée à la rime !
 "
 

(Voltaire)

 

" L'homme libre est celui qui n'a pas peur d'aller

jusqu'au bout de sa pensée "

(Léon Blum)

 

"La démocratie est d'abord un état d'esprit"

(Pierre Mendès France)  

 

 

Recherche

Catégories